La Corée du Sud enverra un émissaire au Nord la semaine prochaine

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Le leader nord-coréen Kim Jong Un porte un toast avec le président sud-coréen Moon Jae-in au banquet officiel du sommet intercoréen, le 27 avril 2018 à Panmunjom. (Archives/Korea Summit Press Pool/AFP)

Le chef de l’État sud-coréen Moon Jae-in enverra la semaine prochaine à Pyongyang un émissaire spécial pour discuter d’un projet de sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un ainsi que du désarmement nucléaire, a annoncé vendredi la présidence sud-coréenne.

L’émissaire se rendra dans la capitale nord-coréenne le 5 septembre, a déclaré à la presse le porte-parole du président Moon, Kim Eui-kyeom.

Séoul a fait la proposition vendredi matin et Pyongyang l’a acceptée quelques heures plus tard, a précisé Kim Eui-kyeom, ajoutant que le représentant sud-coréen n’avait pas encore été choisi.

Parmi les candidats potentiels cités par la presse figurent le patron sud-coréen de l’espionnage Suh Hoon et le conseiller à la sécurité nationale du président, Chung Eui-yong.

«L’émissaire aura des discussions larges sur le programme détaillé du sommet intercoréen, le développement des relations bilatérales […] et le désarmement nucléaire de la péninsule coréenne», a expliqué le porte-parole.

MM. Moon et Kim se sont déjà retrouvés en tête à tête, à deux reprises, la première fois fin avril dans le village frontalier de Panmunjom, où fut signée la trêve de la guerre de Corée (1950-1953).

C’était la première fois qu’un dirigeant nord-coréen se rendait au Sud depuis le conflit qui a consacré la division de la péninsule. Les deux dirigeants se sont revus ensuite à Panmunjom pour tenter de sauver le sommet entre M. Kim et le président américain Donald Trump, lequel a finalement bien eu lieu à Singapour.

Les dirigeants des deux Corées étaient convenus de se retrouver pour un troisième sommet dans la capitale nord-coréenne à une date non précisée en septembre.

Impasse avec Washington

Cette annonce survient alors que les efforts américains pour faire rentrer dans le rang une Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire patinent depuis des semaines.

Le 12 juin à Singapour, M. Kim avait seulement réitéré un engagement ancien et vague en faveur d’une «dénucléarisation complète de la péninsule coréenne», dont les modalités et le calendrier ont été repoussés à des négociations de suivi. Cette promesse était loin de l’objectif initial des États-Unis, à savoir une «dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible».

Plusieurs rapports, de l’ONU comme de l’Agence internationale de l’énergie atomique, ont confirmé que le régime nord-coréen poursuivait ses activités nucléaires.

Les autorités nord-coréennes ont dénoncé les méthodes de «gangster» des Américains, accusés de vouloir obtenir leur désarmement unilatéral sans faire de concession à chaque étape. Washington appelle de fait la communauté internationale à maintenir la pression et les sanctions tant que Pyongyang n’aura pas abandonné ses armes nucléaires.

La semaine dernière, une nouvelle visite à Pyongyang du secrétaire d’État américain Mike Pompeo a été annulée.

La décision semble avoir été prise lorsqu’il est devenu manifeste que le chef de la diplomatie américaine n’allait pas obtenir ce qui était en discussion à savoir, selon plusieurs observateurs, un échange «déclaration contre déclaration».

D’un côté, les États-Unis devaient travailler à une déclaration mettant fin à la guerre de Corée, qui ne s’est conclue que par un simple armistice. De l’autre, la Corée du Nord devait fournir une déclaration de ses installations nucléaires, sorte d’inventaire préalable à toute vérification et démantèlement.

M. Trump a accusé la Chine d’avoir une responsabilité majeure dans la paralysie des discussions avec la Corée du Nord, se gardant cependant d’adresser la moindre critique au régime de Pyongyang.

Parallèlement, le président américain est revenu sur la suspension des manoeuvres militaires alliées sur la péninsule coréenne, concession surprise et controversée annoncée lors du sommet de Singapour.

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