Les Forces armées canadiennes font le point sur les prochains uniformes de combat

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Des militaires canadiens du groupement tactique de présence avancée renforcée de l’OTAN en Lettonie coordonnent un plan avec un chef de char polonais, le 24 août 2017, lors de l’exercice de certification au Camp Adazi, en Lettonie. (Caporal Jordan Lobb/Caméra de combat des Forces canadiennes)

Après un certain nombre de suppositions dans les médias au cours de la dernière semaine concernant les prochains uniformes de combat des militaires canadiens, les Forces armées canadiennes ont décidé de faire le point sur cette question, précisant que, contrairement à certaines rumeurs, aucune décision n’a encore été prise.

Il s’agit, soulignent les Forces armées, d’une décision trèe importante, qui ne saurait être prise à la légère, l’uniforme de combat étant plus qu’un vêtement de travail ou un symbole, mais surtout un système de combat conçu pour répondre aux besoins opérationnels.

Les uniformes de camouflage canadien (DCamC, mieux connus sous l’acronyme anglais CADPAT, de Canadian disruptive pattern) actuels sont utilisés depuis vingt ans dans le cadre de dizaines de missions effectuées dans divers environnements opérationnels. Au fil du temps, des modifications plus ou moins importantes y ont été apportées.L’emplacement des pochettes a été changé pour avoir un meilleur accès à l’équipement lorsque le soldat porte un gilet pare‑balles. La coupe a été modifiées pour en améliorer le confort et faire en sorte qu’il soit plus agréable à porter. Sans oublier plusieurs autres modifications telles l’ajout d’un col de style mandarin, de poches de poitrine plates, de poches sur les manches et de poches pour les stylos sur les manches et les jambes, d’attaches velcro sur les poignées des manches et aux chevilles, de genouillères intégrées, ainsi que la suppression des cordons de serrage sur les pantalons.

Mais après 20 ans d’utilisation, affirment les Forces armées, il était temps d’examiner la conception même de l’ensemble du système de combat qu’est l’uniforme de combat dans une perspective plus générale, autant ses parties individuelles que la tenue de combat dans l’ensemble.

Plus précisément, «il s’agit d’une décision basée sur notre volonté d’améliorer notre rendement dans le cadre des opérations.», déclarent les Forces armées canadiennes, qui précisent les questions qui sont au cœur de son analyse..

Les uniformes sont‑ils conçus de façon à convenir au soldat d’aujourd’hui? Bien que la morphologie «moyenne» des soldats n’ait pas tellement changé, les Forces armées veulent s’assurer qu’il convienne à chaque militaire qui le porte, quel que soit son sexe ou sa taille.

Le matériel est-il assez résistant pour être utilisé sur le terrain, dans les divers environnements opérationnels?

L’uniforme est-il optimisé en vue de son utilisation avec le nouvel équipement du soldat à venir?

Vaut-il mieux concevoir des uniformes ultra‑spécialisés pour répondre à des circonstances particulières? Ou peut-on trouver un seul modèle offrant une vaste gamme d’utilisations (MULTICAM) pour ainsi éviter les problèmes liés à l’échange d’équipements entre les rotations de missions.

Mais, même si le chef d’état-major de la Défense a exprimé lui-même sa préférence remplacer «les uniformes actuels par le nouveau modèle « MultiCam » actuellement utilisé par l’armée américaine et les forces spéciales du Canada.», aucune décision officielle et définitive n’a encore été prise, insistent aujourd’hui les Forces armées canadiennes…

Toutefois, pour l’adjudant‑chef des Forces canadiennes, Alain Guimond, adopter un seul modèle stimulerait les soldats sur le plan opérationnel. «Le travail des militaires consiste à être apte au combat, et il n’y a pas deux types d’uniformes conçus exactement de la même façon – même de petites différences de modèles peuvent constituer une distraction importante. Permettre aux soldats de s’adapter à un uniforme, avec un ensemble d’équipement spécialisé, améliorera leur capacité de combattre. Nous voulons que l’uniforme soit ajusté au soldat, et non le contraire.

Quoi qu’il en soit, après avoir trouver des réponses à ces questions, les Forces armées entendent procéder plus tard cette année à plusieurs petits essais de divers uniformes et obtenir une rétroaction directe des hommes et femmes en uniforme sur ce qui convient et ne convient pas.

Chaque modèle sera mis à l’essai et les scientifiques de la Défense seront aussi mis à contribution, comme ce fut le cas lors de la conception des tenues DCamC, pour s’assurer que les décisions soient bien éclairées.

«Une fois que nous aurons déterminé ces exigences, nous vous communiquerons ces détails.», concluent les Forces armées canadiennes, se déclarant persuadées qu’ «Après deux décennies d’expérience avec les tenues DCamC,l’industrie canadienne trouvera un moyen de faire avancer les choses., car ces nouveaux uniformes devraient selon toute vraisemblance, insistent les militaires, être achetés au Canada.

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