Opération PRESENCE: les troupes prêtes à commencer les évacuations médicales 24/7

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Des membres de l’équipe de patrouille à long rayon d’action hollandaise chargent une victime simulée sur un hélicoptère CH147 Chinook canadien lors d’un exercice d’évacuation médicale à l’appui de l’opération PRESENCE – Mali autour de Gao, au Mali, le 31 juillet 2018. (Cplc Jennifer Kusche/Forces canadiennes/Caméra de combat)

Dans le cadre de l’opération PRÉSENCE, c’est aujourd’hui mercredi 1er août que les soldats canadiens ont terminé tel que prévu la validation de leur entraînement et sont dorénavant prêts à effectuer des évacuations sanitaires et à soutenir les troupes de la Mission des Nations Unies au Mali(MINUSMA) sur le terrain.

L’opération PRESENCE est la contribution à la mission des Nations Unies de stabilisation du Mali (MINUSMA). Le Canada y déploie 250 militaires, trois hélicoptères de transport Chinook et cinq hélicoptères d’escorte Griffon lourdement armés.

Un de ces hélicoptères restera au sol dans le camp de la MINUSMA près de la ville de Gao, où les troupes canadiennes opéreront. La ville de Gao se trouve dans le nord dangereusement du Mali, là où le conflit entre les autorités maliennes et les djihadistes se poursuit malgré les accords de paix.

Les soldats canadiens débutent leur mission alors que la communauté internationale, présente militairement, non seulement avec les Casques bleus de la MINUSMA, mais aussi avec la force française Barkhane, qui a pris le relais de l’opération Serval déclenchée en 2013 contre les jihadistes, attend une relance de l’accord de paix signé en 2015 par le camp gouvernemental et l’ex-rébellion à dominante touareg du vainqueur de la présidentielle dont, à l’issue du premier tour dimanche, le camp du président sortant se déclarait «largement en tête» et celui de son principal rival pronostique un second tour entre les deux hommes.

Car, malgré l’accord, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

La tenue du premier tour de l’élection présidentielle au Mali, malgré des violences qui ont perturbé le vote, est une étape « importante » au plan démocratique, mais le scrutin risque de ne pas apporter de « changements profonds », explique à l’AFP le chercheur Aurélien Tobie.

Chercheur principal sur le Mali à l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), Aurélien Tobie a participé à des études sur les élections locales de 2016 et la présidentielle de 2018 et a publié en décembre un rapport sur les violences dans le centre du pays.

Q – Au lendemain du vote de dimanche, faut-il plutôt en retenir les attaques qui l’ont perturbé, surtout dans le centre du pays, ou l’ampleur limitée des violences?

R- « Je vois vraiment le verre à moitié plein. Je m’attendais à beaucoup plus de perturbations ».

« Ca reste un point très noir de l’action du gouvernement depuis l’élection d’IBK (le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, NDLR), cette montée en puissance de la violence au centre du pays. Par contre, ça montre quand même qu’un processus électoral peut se tenir dans un pays très fortement troublé ».

Q – Quels changements faut-il attendre de cette élection?

R- « Quand on regarde le profil de tous les candidats, dans l’opposition comme dans la majorité, ce sont quand même tous des candidats du sérail qui ne proposent pas vraiment des changements profonds.

Et donc ces élections sont importantes parce qu’elles redonnent une certaine légitimité aux gouvernants, mais est-ce que sur le fond ça va changer quelque chose, là c’est une autre question et je pense que la plupart des Maliens répondront par la négative ».

« Il y a assez peu d’espoir que ça change quelque chose en profondeur sur les facteurs structurels du conflit au Mali ».

« Il va être assez difficile de convaincre les Maliens d’un renouveau ».

Q – Comment le prochain président pourra-t-il relever le défi de la réconciliation, non seulement dans le nord comme en 2013, mais aussi dans le centre du pays?

« L’opposition au vote dans le centre du pays est vraiment liée à des enjeux locaux plus qu’à des consignes du +JNIM+ » (acronyme anglais du « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda).

« La réconciliation nationale passe d’abord par la réconciliation locale ».

« Pour résoudre la situation de l’insécurité au centre du Mali, il ne faut pas une conférence d’entente nationale, il faut aller à Douentza, il faut aller à Bandiagara, etc. pour résoudre des conflits qui sont extrêmement locaux.

La relation entre le pouvoir traditionnel et le pouvoir étatique, la relation entre le pouvoir religieux et le pouvoir étatique, sont des questions qu’il va falloir traiter ».

« Il va falloir essayer de donner une nouvelle impulsion à ce processus de réconciliation régionale en prenant les choses à la base. Après, ce sera très compliqué de convaincre tous les acteurs de la crédibilité du gouvernement et de l’Etat alors que ça a déjà été fait et que ça n’a pas été suivi d’effet ».

Tant et si bien que la mission de au Mali est devenue depus son lancement en 2013 la plus meurtrière des missions de l’ONU: 169 casques bleus de l’ONU y ont été tués pendant leur déploiement. Deux pilotes allemands du contingent que les troupes canadiennes remplacent ont été tués près de Gao il y a un an lorsque leur hélicoptère s’est écrasé parce que les réglages du pilote automatique avaient été mal réglés.

Mais le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a bien précisé que les soldats canadiens n’agiront pas au détriment de leur sécurité.

Les premières troupes canadiennes sont arrivées à Gao le 24 juin. Le colonel canadien Chris McKenna a pris le commandement de la Force opérationnelle le 9 juillet, tandis que les premiers hélicoptères canadiens sont arrivés moins d’une semaine plus tard à Gao le 15 juillet.

La MINUSMA a déployé des hélicoptères civils pour aider à fournir un soutien en matière d’évacuation sanitaire aérienne pendant le déploiement des Forces canadiennes.

Les troupes canadiennes effectueront strictement des évacuations médicales pendant environ un demi-mois, puis, à la mi-août, les Canadiens seront en mesure d’effectuer d’autres tâches de transport aérien et de transport aérien tactique. Cela comprendra le transport de troupes, de nourriture, d’équipement et d’autres fournitures.

Le Canada déploiera également jusqu’à 20 agents de police civile au Mali pour aider à la formation des forces de police locales.

Source: Défense nationale

Novembre 2017 – Le gouvernement du Canada annonce son retour aux opérations de paix, y compris une gamme d’engagements conjoints. Ceux-ci visent à tirer profit au maximum de l’expertise du Canada.

Le 15 novembre 2017 – Les Principes de Vancouver sur le maintien de la paix et la prévention du recrutement et de l’utilisation d’enfants soldats sont mis en place.

Le 19 mars 2018 – Le gouvernement du Canada annonce qu’il affectera une force opérationnelle aérienne à la MINUSMA pour un an.

Le 24 juin 2018 – Les premiers membres de l’équipe d’activation du théâtre arrivent au Mali.

Fin juin 2018 – Des membres supplémentaires de l’équipe d’activation du théâtre sont arrivés à plusieurs endroits en Afrique de l’Ouest pour préparer la mission.

Le 9 juillet 2018 – Le colonel Chris McKenna ont assumé le commandement de la force opérationnelle au Mali

Le 15 juillet 2018 – Les premiers hélicoptères CH-147F Chinook et CH-146 Griffon sont arrivés à Gao, au Mali.
Les hélicoptères restants arriveront graduellement.

Le 1er août 2018- Les équipages aériens, après avoir validé leur instruction, et sont prêts à mener des évacuations par la voie des airs.

D’ici la mi-août 2018- La force opérationnelle aérienne devrait être pleinement opérationnelle et être prête à soutenir d’autres tâches de l’ONU au besoin.

La mission se termine (à moins d’un renouvellement) à la fin juillet 2019.

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