Syrie: l’ONU craint jusqu’à 800.000 déplacés en cas d’offensive à Idleb

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Un convoi de camions transportant des familles syriennes déplacées, le 1er juin 2018 à Abu az Zuhur, dans la province d’Idleb. (AFP/Archives / George OURFALIAN)

Une offensive du régime contre la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, pourrait faire jusqu’à 800.000 déplacés parmi les civils qui vivent déjà dans des conditions précaires, a mis en garde l’ONU mercredi.

Ultime grand bastion insurgé en Syrie, la province située à la frontière turque est dans le viseur du pouvoir de Bachar al-Assad et de son allié russe. Selon des experts, une opération militaire limitée pourrait cibler certains secteurs de cette province.

« En cas d’escalade dans la zone, nous craignons que jusqu’à 800.000 personnes soient déplacées », a mis en garde la porte-parole à Damas du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), Linda Tom, dans un entretien à l’AFP.

« Le nombre, déjà élevé, de personnes, qui ont besoin d’une assistance humanitaire, pourrait dramatiquement augmenter », a-t-elle ajouté.

La responsable onusienne a souligné « l’immense ampleur de la catastrophe humanitaire qui pourrait avoir lieu dans la région d’Idleb ».

Au total, quelque trois millions d’habitants vivent à Idleb et dans les poches insurgées des provinces voisines de Hama, Alep et Lattaquié, selon l’OCHA.

Près de la moitié sont des déplacés qui ont parfois fui les violences ailleurs en Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre meurtrière ayant fait plus de 350.000 morts.

Deux millions de personnes sont considérées comme des individus vulnérables ayant besoin d’une assistance humanitaire, selon l’OCHA.

Pour ces civils, la nourriture, les médicaments et les aides humanitaires livrées chaque mois depuis la Turquie par l’ONU et des ONG sont essentielles.

« Ce que nous craignons, c’est que l’aide humanitaire actuellement livrée à travers la frontière turque soit compromise (…) Cela affectera les personnes (…) qui en ont besoin et comptent sur cette assistance », déplore Mme Tom.

La Turquie, qui accueille sur son territoire quelque trois millions de réfugiés syriens, garde sa frontière close et limite les passages.

Ces derniers mois, des dizaines de milliers de rebelles et de civils ont été transférés vers Idleb, contraints de quitter des bastions insurgés ailleurs en Syrie reconquis par le régime, après des offensives meurtrières et des accords de reddition.

Le sort d’Idleb a suscité des inquiétudes croissantes au Conseil de sécurité de l’ONU, où plusieurs pays ont dit mardi craindre pour la vie de millions de personnes.

La guerre en Syrie a débuté en 2011 après la répression sanglante par le régime de manifestations prodémocratie. Elle s’est complexifiée au fil des ans avec l’implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes.

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