Afghanistan: un ancien commando à la tête de la mission de l’Otan

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Le général américain Scott Miller, ancien membre des forces spéciales, prend le 2 septembre 2018 la tête des forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan. (Resolute Support)

Le général américain Scott Miller a pris les rênes des forces américaines et de l’Otan en Afghanistan, succédant au général John Nicholson lors d’une cérémonie dimanche à Kaboul.

Le général Miller, ancien membre des forces spéciales, prend ses fonctions alors que le pays s’enfonce encore un peu plus dans la violence, après 17 ans de guerre, avec la multiplication d’attentats sanglants souvent revendiqués par le groupe Etat islamique, et des talibans à l’offensive sur le terrain.

« C’est un combat dur », a admis devant un parterre de hauts dignitaires afghans et de diplomates étrangers le général Miller, qui a passé ces deux dernières années à la tête du très discret Commandement uni des opérations spéciales (JSOC) et a une longue expérience de collaboration avec les unités d’élite américaines.

« Il n’y a pas d’espace pour un statu quo, nous ne pouvons pas nous permettre d’être complaisants. Nous devons nous méfier des partis pris et des conclusions faciles. Ils n’existent pas ici », a-t-il déclaré.

Quelque 14.000 militaires américains sont actuellement déployés en Afghanistan, où ils constituent l’essentiel de la mission de l’Otan, laquelle se consacre principalement au soutien et à la formation des forces afghanes.

« Nous savons que la composante militaire n’est qu’une partie de (la) stratégie », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité de « créer de l’espace pour un processus politique ».

Aucune violence insurgée n’a été signalée pendant la cérémonie comme cela avait été le cas lors d’un récent discours du président Ashraf Ghani à l’occasion des célébrations religieuses de l’Aïd al-Adha en août.

Mais un porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid, a affirmé dans un message diffusé sur la messagerie WhatsApp que M. Miller « échouerait comme les autres ».

Son prédécesseur, le général Nicholson, qui a dirigé les forces pendant plus de deux ans, une période record à ce poste, retourne au Pentagone.

Un bref cessez-le-feu observé en juin dernier par les talibans et les autorités afghanes n’a pas permis d’avancées visibles. Mais les efforts diplomatiques se multiplient pour amener les talibans à négocier et des responsables américains ont rencontré des représentants talibans en juillet à Doha. Une nouvelle rencontre pourrait avoir lieu à la fin septembre.

Le général Miller a par ailleurs confirmé dans un communiqué distinct que le chef de l’Etat islamique en Afghanistan, Abu Saad Orakzai, également connu sous le nom de Saad Arhabi, avait été tué lors d’une frappe américaine le 25 août dans la province orientale de Nangarhar.

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