Afghanistan: au moins 20 morts dans un double attentat contre un club de sport de Kaboul

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Des sportifs afghans se rassemblent le 6 septembre 2018 à Kaboul sur le site d’un attentat suicide meurtrier commis la veille contre un gymnase où s’entraînaient des amateurs de lutte. (AFP/WAKIL KOHSAR)

Au moins 20 personnes, dont deux journalistes accourus sur les lieux, ont été tuées et 70 blessées, mercredi dans un double attentat dans un club de sport d’un quartier chiite de Kaboul, ont indiqué les autorités afghanes.

La première explosion s’est produite vers 18h00 locales (13h30 GMT) dans le quartier chiite de Dashti Barchy dans l’ouest de la capitale, selon un porte-parole du ministère de l’Intérieur, Najib Danish.

Elle n’a pas été revendiquée dans l’immédiat mais la minorité chiite d’Afghanistan a été fréquemment visée par le groupe Etat islamique dans le passé.

« Selon nos informations, l’explosion a été causée par un kamikaze », a indiqué à l’AFP le porte-parole de la police, Hashmat Stanikzai. Il a fait sauter sa charge explosive à l’intérieur d’un gymnase où s’entraînaient des lutteurs, le Maiwand club.

Le responsable de la salle de sport, Pahlawan Shir, joint par l’AFP, a indiqué que le kamikaze avait « tué les gardes à l’entrée de la salle avant de déclencher sa charge explosive ».

Cet attentat-suicide a été suivi peu après par l’explosion d’une voiture piégée à proximité des secours qui s’affairaient autour des blessés et des journalistes arrivés sur les lieux.

« La seconde explosion est survenue à l’entrée du Maiwand club », a précisé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, M. Danish.

A ce moment, « il y avait des forces de sécurité, de la foule et des journalistes » sur les lieux, a indiqué M. Stanikzai. Selon lui, « des journalistes ont été tués et d’autres blessés ».

La chaîne de télévision afghane Tolo News a confirmé le décès de deux de ses journalistes, un reporter et un caméraman. Selon un centre des soutien aux médias en Afghanistan, le NAI, quatre autres journalistes ont été blessés.

Le bilan, encore provisoire, s’élève désormais à 20 morts et 70 blessés, a indiqué à l’AFP une source sécuritaire, soulignant que celui-ci « pourrait s’aggraver ».

Le dernier attentat à l’encontre de la communauté chiite de Kaboul remonte au 15 août. Il avait coûté la vie à 37 personnes dans un centre de préparation aux examens d’entrée à l’université. Il avait été revendiqué par le groupe Etat islamique.

– Diplomate américain –

L’attentat de mercredi survient au lendemain de l’annonce par les talibans de la mort de Jalaluddin Haqqani, fondateur du réseau insurgé éponyme, allié des talibans et accusé ces dernières années de très nombreux attentats-suicides ayant fait des centaines de victimes civiles en Afghanistan.

Selon les talibans, Haqqani a succombé aux suites d’une longue maladie. Le réseau insurgé est depuis plusieurs années dirigé par son fils Sirajuddin. Analystes et diplomates estiment que son décès n’aura guère d’impact sur les activités du réseau et que les attentats vont continuer.

Plus tôt mercredi, la police a par ailleurs indiqué avoir arrêté 11 membres du réseau Haqqani qui détenaient des explosifs et qui projetaient de commettre un attentat, selon les services de renseignement afghans.

Le double attentat de mercredi se produit par alors que les Etats-Unis viennent d’annoncer la nomination du diplomate d’origine afghane Zalmay Khalilzad à la tête des efforts américains pour rétablir la paix en Afghanistan.

Figure de la diplomatie américaine et du camp néo-conservateur sous le président George W. Bush, Zalmay Khalilzad fut ambassadeur à Kaboul, à Bagdad et aux Nations unies.

Les Etats-Unis, engagés depuis 17 ans dans la guerre en Afghanistan, ont intensifié ces derniers mois leurs efforts diplomatiques pour amener les talibans à négocier.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a effectué mercredi une brève visite au Pakistan pour tenter de réchauffer des relations diplomatiques très conflictuelles et tenter de convaincre Islamabad de participer aux efforts de paix en Afghanistan, pour lesquels Washington estime que le Pakistan peut jouer un rôle clé.

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