Civils tués en Irak: annulation du procès d’un ex-agent de Blackwater

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Un Irakien regarde une voiture brûlée au lendemain de la sanglante attaque sur la place Nisour de Bagdad. (Archives/Ali Yussef/AFP)

La justice américaine a annulé mercredi, faute d’unanimité du jury, le procès d’un ancien agent de la société de sécurité privée Blackwater, jugé après un carnage en Irak qui avait suscité une indignation mondiale.

Le 16 septembre 2007, des employés de la société Blackwater, qui a depuis changé de nom, avaient ouvert le feu à la mitrailleuse et jeté des grenades sur un carrefour très fréquenté de Bagdad, alors qu’ils circulaient en véhicules blindés.

La fusillade avait fait au moins 31 victimes civiles, dont des femmes et enfants, tuées ou blessées.

Les agents avaient assuré avoir été la cible de tirs d’insurgés, une affirmation contredite par les témoignages et les procureurs.

La bavure avait suscité un scandale international et renforcé le ressentiment de la population irakienne envers les Américains. Blackwater était devenue le symbole de ces sociétés accusées d’opérer en pleine impunité sous contrat avec le gouvernement américain.

Lors d’un procès fleuve en 2014, Nicholas Slatten, accusé d’avoir ouvert le feu en premier et d’avoir prémédité son acte, avait été reconnu coupable de l’assassinat d’un civil irakien et condamné à la réclusion à perpétuité.

Avant cette tuerie, il aurait dit à des proches qu’il voulait « tuer autant d’Irakiens qu’il pouvait pour se +venger+ du 11-Septembre », selon des documents judiciaires.

Trois de ses anciens collègues avaient écopé de 30 ans de prison pour le meurtre de treize Irakiens.

Il y a un an, ces décisions avaient été invalidées par la cour d’appel de Washington, pour qui M. Slatten aurait dû être jugé dans un procès distinct de ses collègues. Des témoignages avaient également mis en doute le fait qu’il ait tiré en premier.

A l’issue de son second procès devant un tribunal fédéral de Washington, les jurés n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur sa culpabilité. Face à cette « impasse », un juge a annulé le procès.

Selon un porte-parole du tribunal, il revient désormais à des procureurs d’organiser un troisième procès ou d’abandonner les poursuites.

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