Colombie: la guérilla rejette les conditions du gouvernement aux pourparlers

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L’ELN (Ejército de liberaciòn nacional) est le deuxième groupe rebelle en importance impliqué dans le conflit armé colombien (Archives/courtoisie/Espectador)

La guérilla colombienne de l’Armée de libération nationale (ELN, guévariste) a jugé lundi « inacceptables » les conditions posées par le président Ivan Duque pour la reprise à Cuba de pourparlers de paix, l’accusant de mettre fin au processus.

En succédant le 7 août à Juan Manuel Santos, M. Duque s’était fixé un délai d’un mois pour se prononcer sur les pourparlers avec l’ELN menés à Cuba, suspendus sous le précédent gouvernement. Ce délai a expiré vendredi.

En refusant de reconnaître les accords passés sous la présidence de son prédécesseur et « en imposant unilatéralement des conditions inacceptables, ce gouvernement (…) met fin au processus de dialogue » visant à obtenir un accord de paix, ont déclaré les négociateurs de l’ELN à La Havane dans un communiqué.

Le communiqué appelle à une reprise des pourparlers « sans plus d’atermoiements ».

Le gouvernement colombien, par la voix de son Haut Commissaire pour la paix, Miguel Ceballos, a réagi en assurant qu’il « continuait à exprimer une volonté de paix, mais avec des faits concrets et non de la rhétorique ».

Interrogé par Caracol Radio, M. Ceballos a affirmé qu’au cours des 30 dernirs jours, l’ELN a commis 30 « actions armées », la plupart (28) dans le département d’Arauca, à la frontière avec le Venezuela.

« Mon unique interprétation de cela, c’est que l’ELN continue de ne pas reconnaître la volonté du gouvernement », a-t-il estimé.

Samedi, le président Duque avait exigé la libération de tous les otages détenus par l’ELN, estimés par les autorités au nombre de 16, en faisant une condition pour reprendre les pourparlers de paix.

L’attention des autorités porte en particulier sur un groupe de neuf policiers, militaires et agents contractuels de l’Etat que l’ELN a enlevés lors d’opérations menées depuis la suspension des pourparlers début août. Trois autres otages, des militaires, ont été libérés mercredi dernier.

L’ELN est considérée comme la dernière rébellion du pays depuis le désarmement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), transformées en parti politique à la suite de l’accord historique de paix signé fin 2016.

Née comme les Farc en 1964 d’une insurrection paysanne, l’ELN compte encore quelque 1.500 combattants. Les autorités estiment qu’elle se finance grâce au trafic de drogue et à des mines sauvages.

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