La Colombie attend un geste de l’ELN pour sauver le dialogue de paix

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L’ELN (Ejército de liberaciòn nacional) est le deuxième groupe rebelle en importance impliqué dans le conflit armé colombien (Archives/courtoisie/Espectador)

Le gouvernement colombien attendait cette semaine que l’Armée de libération nationale (ELN) libère ses otages pour décider de relancer ou non les pourparlers de paix avec cette guérilla, la dernière du pays, a annoncé le président Ivan Duque.

« Je veux que nous attendions la libération des otages aujourd’hui » vendredi, a déclaré à la presse M. Duque, qui devrait décider ensuite de la suite des pourparlers de paix qui étaient menés à Cuba entre l’ELN et le gouvernement de l’ex-président Juan Manuel Santos.

Le président-élu colombien Ivan Duque pendant la présentation de son livre « L’Archéologie de mon père » à Medellin, en Colombie le 10 juillet 2018. (AFP/JOAQUIN SARMIENTO)
En prenant ses fonctions le 7 août, M. Duque s’était fixé ce vendredi comme échéance pour se prononcer sur ce dialogue avec l’ELN, dernière rébellion active du pays depuis le désarmement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), transformées en parti politique suite à l’accord de paix signé fin 2016.

Comme condition à la reprise de pourparlers, il exige que cette rébellion, née comme les Farc en 1964 d’une insurrection paysanne, libère ses otages, soit au moins 17 personnes selon le gouvernement, et accepte de nouvelles conditions de négociation.

« J’ai toute la volonté d’aller jusqu’à la démobilisation, le désarmement et la réinsertion de l’ELN, mais pas de tromperies, nous avons besoin de la suspension de toutes les activités criminelles », a souligné M. Duque.

L’attention des autorités porte en particulier sur un groupe de neuf policiers, militaires et agents contractuels de l’Etat que l’ELN a enlevé lors de différentes opérations menées depuis la fin en août des pourparlers avec le précédent gouvernement.

Trois autres otages ont été libérés mercredi.

« S’il y a des actes de bonne foi, si les séquestrés sont libérés et qu’il y a une suspension des activités criminelles, le gouvernement est prêt à continuer. Mais nous ne pouvons pas continuer à valider la violence », a affirmé Ivan Duque.

De son côté, le chef des négociateurs de l’ELN, Pablo Beltran, s’est dit confiant, depuis Cuba, en une reprise des négociations entamées officiellement en février 2017 à Quito, capitale de l’Equateur.

« Notre attente est que le dialogue reprenne, que l’agenda soit suivi et que l’on travaille rationnellement en construisant sur ce qui est construit », a-t-il déclaré à la radio colombienne Kapital Stereo.

Il a réaffirmé que l’ELN – inspirée des idées du révolutionnaire Che Guevara et qui compte encore quelque 1.500 combattants- était disposée à libérer ses otages. Mais il a écarté l’éventualité que cela se fasse avant l’échéance fixée par M. Duque.

« J’estime que cela pourra se faire cette fin de semaine ou au début de la suivante », a-t-il dit, en déplorant que des actions militaires aient retardé la libération des prisonniers.

La Colombie est déchirée depuis plus d’un demi-siècle par une guerre fratricide qui, au fil des décennies, a impliqué une trentaine de guérillas, des paramilitaires d’extrême-droite et les forces armées, sur fond de violences des narco-trafiquants, faisant environ huit millions de victimes entre morts, disparus et déplacés.

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