Un compromis trouvé pour les travaux à la Citadelle de Québec

0
Le Bastion du Roy. (Archives/Olivier Lavigne-Ortiz)

Tout un revirement alors que l’entrepreneur en charge des travaux de la Citadelle de Québec a finalement décidé d’opter pour la pierre Grès vert de Sillery pour une bonne part des travaux de restauration.

Ce n’est toutefois pas le ministère de la Défense nationale qui fait machine arrière, mais bien l’entrepreneur qui a pris cette décision, malgré l’acceptation initiale de la Défense.

L’ingénieur géologue Martin Anctil, de la société Ansa (qui exploite la carrière de grès de Sillery), se dit préoccupé que la Défense maintienne malgré tout à utiliser la pierre bleue de Pennsylvanie. «Ça a tout l’air d’un show de boucane», a-t-il dit en interview avec 45eNord.ca.

Après un appel d’offres lancé en début d’année pour restaurer une partie de la Citadelle, Maçonnerie Rainville et frères a gagné avec une pierre américaine appelée pierre bleue de Pennsylvanie, alors que la pierre d’origine appelée grès vert de Sillery est toujours disponible dans une carrière non loin.

Toujours non conforme !

Le ministère continue d’affirmer avoir reçu «des échantillons qui ont démontré à notre satisfaction que la pierre qu’utilisera le soumissionnaire retenu était conforme à tous les critères physiques prescrits dans la demande de propositions, y compris celui précisant que cette pierre doit être d’apparence harmonisée à la pierre d’origine».

Bien que le devis initial mentionne des spécificités techniques extrêmement précises comme la composition, l’absorption, la masse volumique, la résistante et le modèle de rupture, le ministère insiste pour dire que cela n’était là qu’à titre «d’information seulement», se référant plutôt à la simple définition suivante : «un grès-quartzite conforme au type II selon la norme ASTM C616», cette norme étant beaucoup plus large que les spécificités indiquées dans le devis.

Plusieurs laboratoires ont reconnu que la pierre bleue de Pennsylvanie ne répondait pas aux caractéristiques techniques du devis… et ne répond même pas à cette vague définition à laquelle se réfère la Défense.

Martin Anctil s’interroge encore sur le choix d’ignorer les spécificités techniques de la pierre désirée dans le devis et rappelle que même si on décidait d’ignorer cet aspect… la pierre américaine ne répond même pas à la définition de base [grès de type II]. La définition internationale reconnaît en effet la pierre bleue de Pennsylvanie comme étant de type I seulement, notamment en raison du taux de silicium, trop bas!

Selon nos informations, Parcs Canada a aussi prévenu la Défense nationale avoir eu par le passé une mauvaise expérience avec la pierre bleue de Pennsylvanie.

Mais un accord !

Quoi qu’il en soit, Maçonnerie Rainville et frères a conclut une entente avec Les Pierres Technoprofil ainsi que la société Ansa.

Le nouveau plan est le suivant pour les travaux qui doivent durer environ trois ans sur le Bastion du roi de la Citadelle : la phase 1 consistera à réparer ou remplacer les pierres des murs de la courtine et du cordon avec la pierre bleue de Pennsylvanie. Mais les phases 2 et 3 en revanche utiliseront le grès vert de Sillery pour le flanc gauche et la cunette. Il n’est pas clair si ces travaux représentent 100% des phases.

Martin Anctil nous a d’ailleurs précisé n’avoir pour l’instant aucune commande ferme sur un nombre précis de pierres.

La Défense dit s’attendre à ce que la pierre utilisée pour le projet de restauration «soit conforme aux exigences convenues dans le contrat» et que dans la mesure du possible il s’agira de «réparer plutôt que remplacer les éléments caractéristiques du lieu».

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

Les commentaires sont fermés.