De retour à l’ONU, Donald Trump loue le «formidable» Kim Jong Un

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Le président des Etats-Unis Donald Trump serre la main du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres à New York le 24 septembre 2018. (AFP / Nicholas Kamm)

De retour à l’ONU un an après avoir menacé de « détruire totalement » la Corée du Nord, Donald Trump a vanté lundi ses bonnes relations avec Kim Jong Un dont il a même salué l’ouverture d’esprit, affichant son optimisme sur cet épineux dossier.

A peine arrivé à New York pour l’Assemblée générale annuelle de l’organisation multilatérale, le président des Etats-Unis a défendu son spectaculaire changement de registre, tout en restant évasif sur le question centrale de la dénucléarisation.

« Le président Kim a vraiment été très ouvert, et, honnêtement, il a été formidable », a lancé le locataire de la Maison Blanche, qui avait l’an dernier directement menacé celui qu’il avait surnommé « Rocket Man ».

« Je pense qu’il veut vraiment que quelque chose se passe », a-t-il poursuivi, confirmant la tenue prochaine d’un deuxième sommet après leur premier face-à-face de juin à Singapour. « Ce sera un format similaire, probablement dans un lieu différent », a-t-il précisé lors d’une rencontre avec son homologue sud-coréen Moon Jae-in.

Au premier jour d’une semaine diplomatique chargée lors de laquelle l’Iran figurera également en bonne place, le président américain a opté pour un ton plutôt conciliant.

Lors d’une brève allocution sur la lutte contre la drogue, il a loué « l’énorme potentiel » de l’ONU, qui réunit cette semaine quelque 130 chefs d’Etat et de gouvernement sur les bords de l’East River, à Manhattan. « Doucement mais sûrement, ce potentiel se réalise », a-t-il ajouté.

Le magnat de l’immobilier a, par le passé, souvent ironisé sur les Nations unies, ce « club où les gens se rassemblent, bavardent et passent un bon moment ».

– « Nous avançons » –

Seul président américain à avoir rencontré un représentant de la dynastie Kim, qui règne sans partage sur la Corée du Nord depuis 1948, Donald Trump rêve à haute voix de réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué.

Mais nombre d’analystes pointent du doigt l’absence d’avancées concrètes, en dépit de l’avalanche de superlatifs utilisés par l’occupant de la Maison Blanche.

« Le sommet Moon-Kim n’a pas apporté grand chose de plus que de maintenir une certaine atmosphère propice à la préparation du prochain sommet avec Trump », estime Mike Green du Center for Strategic and International Studies (CSIS).

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a expliqué lundi qu’il se rendrait lui-même probablement à Pyongyang « avant la fin de l’année » pour « les préparatifs finaux » préalables à cette deuxième rencontre.

Il s’est aussi dit optimiste sur la volonté de Kim Jong Un d’abandonner ses armes nucléaires. « Nous avançons », et pendant ce temps « les sanctions resteront en vigueur », a-t-il assuré, évoquant de nombreuses discussions secrètes en coulisses.

Le secrétaire d’Etat américain présidera jeudi une réunion du Conseil de sécurité visant à ressouder la communauté internationale après les récentes accusations de « tricherie » et de « mensonges » échangées entre Américains et Russes dans l’application des sanctions contre Pyongyang.

– Téhéran dans le viseur –

Depuis ses débuts tonitruants l’an dernier, lorsqu’il avait décliné, dans un discours de 41 minutes, sa vision de « l’Amérique d’abord », Donald Trump s’est mis à dos nombre de pays, y compris parmi ses alliés.

Car si le président américain s’est lancé dans une guerre commerciale avec Pékin à l’issue incertaine, le Canada, le Japon et l’Europe ont aussi, à des degrés divers, été la cible de ses emportements sur les échanges.

Reste, comme à chaque grand-messe diplomatique à New York, la possibilité de rencontres fortuites, ou organisées à la dernière minute.

La route de Donald Trump, qui revendique haut et fort sa capacité à surprendre, casser les codes, croisera-t-elle, dans les trois jours à venir, celle de son homologue iranien Hassan Rohani?

La Maison Blanche n’a pas complètement fermé la porte à une telle rencontre, qui apparaît cependant peu probable tant la tension est grande entre Washington et Téhéran depuis le retrait fracassant des Etats-Unis de l’accord international sur le programme nucléaire iranien.

Dans un entretien à la chaîne de télévision NBC, Hassan Rohani, qui juge que les Etats-Unis ne sont « ni honnêtes ni sincères », a indiqué lundi que « rien n’était prévu en ce sens ».

Tout en réaffirmant ne pas chercher un « changement de régime » en Iran, John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a défendu lundi les sanctions américaines et la politique de « pression maximale » pour obtenir « des changements profonds de comportement » de Téhéran et la fin de son rôle jugé « déstabilisateur » au Moyen-Orient.

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