Expérience en environnement urbain contesté: un avant-goût (PHOTOS/VIDÉO)

0

Du 10 au 21 septembre, près de 150 scientifiques et techniciens des cinq pays membres des Five Eyes et une centaine de militaires provenant de la compagnie B du 3e Bataillon Royal 22e Régiment vont tester une cinquantaine de nouvelles technologies variées à Montréal. 45eNord.ca a pu voir en quelques unes en avant-première.

D’entrée de jeu, le major Kim Bériault, commandant de la compagnie B du 3e Bataillon Royal 22e Régiment estime être chanceux car « on peut toucher, expérimenter et jouer avec avec des nouvelles technologies, des choses qu’on pensait même pas qui existaient ».

« On peut donner notre rétroaction sur comment que ces choses fonctionnent. On aime beaucoup notre équipement et on aime critiquer notre équipement, donc ici en donnant notre rétroaction quand ça va arriver on va moins pouvoir le critiquer », affirme encore le major Bériault.

Avant de véritablement tester ces technologies à compter du 10 septembre, les soldats du 3e bataillon auront appris les spécifications de ces technologies dans des classes via des PowerPoint notamment, mais aussi avec l’aide directe des chercheurs.

Par la suite, tout comme lors d’un entraînement standard, il y aura une procédure de bataille et le commandement et contrôle. Des ordres seront donnés et distribués aux soldats, et le but sera donc d’intégrer l’utilisation de ces technologies durant les missions.


Voir la vidéo sur YouTube ­­­­>>

Cette deuxième édition de quatre de l’expérience en environnement urbain contesté (EUC) se fait dans le cadre d’un programme de coopération technique du groupe des Five eyes (l’alliance des services des renseignement entre l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis).

« L’expérimentation en elle-même est complexe parce qu’on fait face à un environnement qui est en partie non-contrôlée […] et la ville est l’environnement le plus difficile et complexe pour un déploiement militaire et c’est aussi très difficile pour les technologies », explique pour sa part Patrick Maupin, directeur de l’expérimentation EUC 18.

L’EUC 18 à Montréal va prendre les acquis et les expériences de l’EUC 17, qui a eu lieu à Adelaide, en Australie, et qui a permis de rendre interopérable des technologies très diverses.

Au cours de la prochaine semaine les militaires seront déployés sur plusieurs sites à Montréal où ils pourront alors utiliser les différentes technologies.

Montréal a d’ailleurs été choisie parce qu’elle est justement une ville très dense et diversifiée à la fois : des tours, des maisons, des bâtiments industriels…

Le camp de base et le centre des opérations se trouve au Manège militaire Côte-des-Neiges, un premier site utilisé sera au Belvédère Kondiaronk mais de nuit, un deuxième sera au silo n° 5 et enfin le dernier mais non le moindre tout le long de la rue de la montagne.

En tout, ce seront près d’une cinquantaine de technologies qui seront testées par les militaires à Montréal.

Il y aura des technologies de communications et de commandement et contrôle, comme des systèmes de renseignement, de surveillance et de reconnaissance terrestres, mais aussi aéroportées. Également des technologies de protection de périmètre, des technologies qui vont aider à la mobilité du soldat comme des exosquelettes ou d’aide à la navigation dans des environnements contraints complexes.

« Ce qui est intéressant pour nous, c’est d’avoir toutes ces technologies déployées au même endroit et d’avoir l’opportunité de voir des connexions, des possibilités de coopération entre ces technologies qui autrement resterait chacune dans leurs laboratoire, dans leur pays respectifs », affirme Patrick Maupin.

Tout comme à l’image de son armée, si le Canada reste petit face à des joueurs comme le Royaume-Uni ou les États-Unis, son secteur de la recherche en Défense s’est hyperspécialisé dans différentes niches.

« C’est là-dedans que nous sommes reconnus comme étant des experts, clame Patrick Maupin. On nous reconnaît et nous envie par exemple pour ce qui est des systèmes électro-optiques, des systèmes de détection bactériologiques, des systèmes de protection de véhicules et même de vestes tactiques! »

C’est justement ce que 45eNord.ca a pu voir en avant-première. Que ce soit une évolution du futur équipement du soldat intégré, appelé ici le soldat branché du futur, un système de surveillance mobile pour le soldat composé de plusieurs capteurs, un laboratoire mobile d’intégration des différents systèmes de renseignement, surveillance et reconnaissance (utilisé d’ailleurs lors du récent sommet du G7 dans Charlevoix), un mur de protection innovant censé remplacer les sacs de sable, un système mobile de barrière pour véhicule ou bien un camion mobile qui fait la détection de matériel biologique grâce à un laser.

Cette dernière technologie permettrait de ďéceler à distance un éventuel nuage d’anthrax notamment. Pour tester le système, ce sera… de la poudre de blanc d’oeuf qui sera dispersé dans l’air !

De quoi occuper les soldats-cobayes au cours des prochaines semaines.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

Les commentaires sont fermés.