Le président vénézuélien pourrait être renversé «très rapidement», selon Trump

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Le président vénézuélien Nicolas Maduro a ordonné des exercices militaires à plus de 900 000 hommes. (Twitter/@EjercitoFANB)

Le président du Venezuela pourrait être « renversé très rapidement », a affirmé mardi Donald Trump devant l’ONU, au moment où Washington imposait de nouvelles sanctions à l’entourage de Nicolas Maduro, qui a vite dénoncé la lâcheté des Américains.

«Franchement», le régime de Nicolas Maduro « pourrait être renversé très rapidement par l’armée si les militaires décidaient de le faire », a déclaré le président Trump à des journalistes au siège des Nations unies.

«Plus de deux millions de personnes ont fui» le pays en raison du gouvernement socialiste vénézuélien soutenu par Cuba, avait-il déploré peu auparavant à la tribune de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU.

Pourtant, «il n’y a pas si longtemps, le Venezuela était l’un des pays les plus riches sur terre», a-t-il également noté, en référence aux importantes ressources pétrolières dont la mauvaise gestion a plongé le pays dans la récession et la population dans la pauvreté.

Peu auparavant, le ministre américain des Finances Steven Mnuchin avait annoncé de nouvelles sanctions financières contre quatre personnes de l’entourage de Nicolas Maduro dont son épouse Cilia Adela Flores et sa vice-présidente Delcy Rodriguez.

Le dirigeant vénézuélien n’a pas tardé à réagir exhortant de ne pas toucher à son épouse. «Ne touchez pas à la famille ! Ne soyez pas lâches ! […] Son seul crime: être ma femme. Comme ils ne peuvent pas s’en prendre à Maduro, ils s’en prennent à Cilia», a lancé le chef de l’État lors d’une intervention télévisée.

«Chaque sanction du gouvernement « gringo », outre qu’elle est illégale et inutile, est une médaille pour nous, les révolutionnaires», a-t-il martelé.

«Le président Maduro s’appuie sur son entourage pour maintenir sa mainmise sur le pouvoir alors que son régime pille systématiquement ce qui reste de la richesse du Venezuela», a accusé le secrétaire américain au Trésor pour justifier ce nouveau tour de vis contre Caracas.

L’administration Trump entend mettre fin à l’emprise de Maduro sur l’armée et le gouvernement «pendant que le peuple vénézuélien souffre», a-t-il poursuivi.

«Affamés et malades»

Il a en outre prévenu que les États-Unis allaient continuer à sanctionner financièrement les «responsables du déclin tragique du Venezuela» ainsi que les réseaux et les «hommes de paille utilisés pour masquer leur richesse illicite».

Le président Maduro lui-même était déjà sur la liste des sanctions financières américaines depuis l’été 2017.

Outre son épouse et la vice-présidente, deux autres responsables sont mis à l’index. Il s’agit de Jorge Rodriguez, ministre «de la Puissance populaire pour la communication et l’information», auparavant maire de Caracas. Vladimir Padrino Lopez, ministre de la Défense, est également sanctionné.

Concrètement, leurs avoirs sur le territoire américain sont gelés et il est interdit à tout ressortissant américain de faire des affaires avec eux.

Le Venezuela va sombrer davantage dans la récession cette année affichant une hyperinflation historique de 1 000 000 % d’ici fin décembre, avait prévenu fin juillet le Fonds monétaire international (FMI).

Le Produit intérieur brut (PIB) vénézuélien devrait ainsi se contracter de 18 % en 2018, avait précisé l’institution de Washington s’inquiétant des répercussions sur les pays voisins, en particulier la Colombie, qui voient affluer en masse les Vénézuéliens fuyant le pays.

Le Venezuela tire 96 % de ses revenus du pétrole brut. Or sa production de pétrole a chuté d’au moins la moitié en un an et demi faute de liquidités pour moderniser les champs pétroliers.

«Quand on pense au Venezuela, nous devons commencer à penser réellement à l’impact sur la Colombie et potentiellement sur le Brésil», a réagi de son côté mardi la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

Les migrants, «en plus d’être pauvres et affamés, sont – pour nombre d’entre eux – malades, présentant des pathologies que l’on pensait éradiquées », a-t-elle également déploré lors d’une intervention devant le Council on Foreign Affairs, à New York, en marge de l’Assemblée des Nations Unies.

Le chef de la diplomatie canadienne, qui a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas «seulement d’un problème local», a défendu les sanctions contre le Venezuela «pour montrer aux dirigeants vénézuéliens que leurs actes ont des conséquences».

«Nous devons tous continuer à faire savoir au peuple vénézuélien qu’il a notre soutien», a-t-elle enfin insisté.

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