Le navire de patrouille extracôtier et de l’Arctique Harry DeWolf mis à l’eau à Halifax

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Le Chantier Irving à Halifax, a mis à l’eau le 15 septembre 2018 le premier navire de patrouille extracôtier et de l’Arctique, le NCSM Harry De Wolf. (Irving)

Le chantier naval Irving de Halifax a mis à l’eau le 15 septembre le premier navire de patrouille arctique et extracôtier du Canada NCSM Harry De Wolf, marquant une étape importante dans la Stratégie nationale de construction navale unanimement contestée au Québec et le renouvellement de la flotte de combat de la Marine royale canadienne qui accumule les retards.

À 103 mètres et 6 615 tonnes, le futur NCSM Harry DeWolf est le plus grand navire de la Marine royale canadienne construit au Canada en 50 ans, souligne Irving dans son communiqué annonçant l’événement. Le navire est passé de l’installation de niveau terrestre à une barge submersible hier, le 14 septembre 2018, et a été lancé dans le bassin de Bedford le lendemain.

Le navire de tête du programme des navires de patrouille extracôtiers et arctiques est maintenant au chantier naval d’Halifax, où il sera préparé pour les essais en mer en 2019. Le NCSM Harry DeWolf sera finalement remis à la Marine royale canadienne à l’été 2019.

La construction des deuxième et troisième navires, les futurs NCSM Margaret Brooke et Max Bernays, va bon train au chantier naval de Halifax, affirme le constructeur naval, précisant que, plus tard ce mois-ci, les deux premières sections importantes du futur NCSM Margaret Brooke seront déplacées à l’extérieur.

«Félicitations à plus de 1 800 constructeurs de navires pour le lancement réussi du futur NCSM Harry DeWolf. Il s’agit d’une étape importante et du premier des nombreux lancements qui auront lieu au chantier naval de Halifax au cours des prochaines décennies, alors que nous travaillons à la revitalisation de la flotte de la Marine royale canadienne dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale.- Kevin McCoy, président, Irving Shipbuilding

La Stratégie nationale de construction navale a été créée pour remplacer les flottes de surface actuelles de la Marine royale canadienne et de la Garde côtière canadienne, favorisant les chantiers Seaspan, sur la côte Ouest et Irving sur la côte Est.

Irving Shipbuilding a été choisi pour construire la future flotte de combattants de la Marine royale canadienne, à savoir les navires de patrouille dans l’Arctique et les navires de patrouille extracôtiers, suivis des combattants de surface canadiens.

À la suite de la Stratégie nationale de construction navale, Irving Shipbuilding est devenue l’un des plus importants employeurs régionaux du Canada atlantique, avec des milliers de Canadiens qui travaillent maintenant dans des emplois bien rémunérés, mais la Stratégie adoptée sous les conservateurs de Stephen Harper et maintenue par le gouvernement libéral de Justin Trudeau n’a pas fait que des heureux.

Premièrement, les retards se sont accumulés, plaçant la Marine royale en difficulté pour remplir sa mission.

Le Rapport Emerson en 2016 indiquait même que la flotte du gouvernement fédéral rouille plus rapidement qu’elle ne peut être remplacée.

Deuxièmement, alors que, finalement, la Stratégie nationale de construction navale n’a livré aucun nouveau navire depuis sept ans et que son coût pour les contribuables dépasse les prévisions budgétaires de façon significative, le Québec et son chantier naval, le Chantier Davie, derrière lequel tout le Québec s’est rangé, n’a eu de cesse de demander à Ottawa de revoir sa la stratégie pour inclure le Québec, faisant valoir qu’en ajoutant la capacité nécessaire, une Stratégie nationale de construction navale agrandie permettrait le renouvellement de la flotte plus rapide réduisant ainsi l’impact de l’inflation global, la réduction des coûts croissants liés à l’entretien des navires vieillissants au-delà de leur durée de vie utile rentable et la distribution équitable des retombées économiques régionales partout au pays en doublant la capacité en matière de construction navale.

C’est ainsi que la mise à l’eau du DeWolf, incontestablement une bonne nouvelle, a quand même pour certains un goût amer.

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