Pompeo en visite au Pakistan pour «tourner la page» de la brouille

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Mike Pompeo devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain le 25 juillet 2018 à Washington(Archives/AFP)

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo est arrivé mercredi au Pakistan où il doit rencontrer le nouveau Premier ministre Imran Khan et espère « réinitialiser » des relations devenues conflictuelles entre les deux pays ces derniers mois.

Mike Pompeo a atterri peu avant 13h00 locales (8h00 GMT) dans un aéroport militaire de Rawalpini, ville garnison accolée à la capitale Islamabad, d’après un pool de journalistes présents dans son avion.

Le secrétaire d’Etat a été notamment accueilli par le général Joseph Dunford, le chef d’état-major des armées américaines, ainsi que par des représentants du ministère pakistanais des Affaires étrangères, de même source.

Outre M. Khan, ll doit rencontrer lors de sa très brève visite le chef d’état-major de la puissante armée pakistanaise, le général Qamar Javed Bajwa, ainsi que son homologue Shah Mehmood Qureshi, avant de repartir le jour même pour l’Inde.

Il s’agit de la première visite de M. Pompeo en tant que chef de la diplomatie américaine au Pakistan, pays dont les Etats-Unis jugent l’attitude décisive pour l’issue de la guerre qui dure depuis 17 ans en Afghanistan voisin où la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader.

« Il y a un nouveau dirigeant là-bas. Je souhaite y aller au début de cette nouvelle période pour réinitialiser les relations entre les deux pays », a-t-il déclaré aux journalistes dans l’avion l’amenant en Asie.

« J’espère que nous pouvons tourner la page et commencer à faire des progrès. Mais il y a de véritables attentes », a-t-il ajouté.

Les tensions ne sont pas nouvelles entre les deux pays mais se sont aggravées ces derniers mois.

Les Etats-Unis et son allié l’Afghanistan accusent le Pakistan de soutenir via ses services de renseignement des groupes extrémistes armés comme les talibans afghans et leurs alliés du réseau Haqqani, à qui il fournirait des refuges dans ses régions frontalières avec l’Afghanistan.

Washington exige que cesse ce soutien, qu’Islamabad nie catégoriquement, arguant d’énormes sacrifices humains et financiers consentis dans sa lutte contre le terrorisme.

« J’espère que nous pourrons les convaincre de fournir cette aide », a noté M. Pompeo, qui a souligné qu’Imran Khan et lui-même étaient tombés d’accord lors de leurs conversations pour estimer que la paix en Afghanistan constituait un « objectif commun ».

Samedi, le Pentagone a indiqué avoir reprogrammé 300 millions de dollars destinés au Pakistan « en raison de l’absence d’actions décisives » de ce dernier. Cette mesure avait déjà été pré-annoncée en janvier dans le cadre du gel du « fond de soutien de la coalition » destiné à rembourser au Pakistan ses dépenses liées aux opérations antiterroristes.

M. Pompeo a suggéré que l’aide pourrait être rétablie si les circonstances le permettent.

Il a par ailleurs annoncé que le diplomate Zalmay Khalilzad allait « prendre la direction » des efforts américains pour rétablir la paix en Afghanistan. Il « sera la personne de référence » dans ce dossier, a-t-il dit.

Figure de la diplomatie américaine et du camp néo-conservateur sous le président George W. Bush, Zalmay Khalilzad, qui a des origines afghanes, fut ambassadeur à Kaboul, à Bagdad et aux Nations unies.

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