Skripal: l’un des suspects est un colonel du renseignement militaire russe

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Des équipes spécialisées examinent, le 8 mars 2018 l’endroit où l’ex-espion russe et sa fille ont été empoisonnés à Salisbury. (Ben Stansall/AFP)

L’un des deux hommes accusés par Londres d’avoir empoisonné l’ex-espion Sergueï Skripal et sa fille en mars en Angleterre est un colonel du renseignement militaire russe, dont le vrai nom est Anatoli Tchepiga, rapporte mercredi le site d’investigation Bellingcat.

Les autorités britanniques ont affirmé que l’attaque à l’agent chimique Novitchok avait été perpétrée par deux « officiers » du GRU (renseignement militaire russe) identifiés comme Alexander Petrov et Ruslan Boshirov, précisant qu’il s’agissait probablement de noms d’emprunt.

« Le suspect utilisant la fausse identité de ‘Ruslan Boshirov’ est en fait le colonel Anatoli Tchepiga, un officier du GRU décoré de hautes distinctions », affirme Bellingcat, site basé au Royaume-Uni et spécialisé dans la collecte et l’analyse d’informations disponibles en ligne.

Le site publie une photo du passeport d’Anatoli Tchepiga datant de 2003, qui ressemble au « Ruslan Boshirov » de la photo diffusée par Londres.

Selon Bellingcat, Tchepiga est né en 1979 à Nikolaïevka, village de l’est de la Russie. Sorti d’une prestigieuse académie militaire de cette région, il a ensuite servi au sein des forces spéciales du renseignement militaire russe (GRU), selon cette source.

D’après le site internet d’une branche régionale de l’organisation paramilitaire DOSAAF, Tchepiga s’est rendu à trois reprises en Tchétchénie alors qu’il était dans les forces spéciales, et reçu la prestigieuse distinction de « Héros de Russie » en 2014.

Il n’y a toutefois aucune trace officielle de cette récompense, traditionnellement décernée par le président russe, ce qui suggère qu’il s’agissait d’une mission classée secrète.

Le président russe Vladimir Poutine avait le 12 septembre déclaré savoir qui étaient les deux hommes mis en cause par Londres. Il avait assuré qu’ils étaient des « civils » n’ayant rien fait de « criminel ».

Les deux hommes avaient ensuite été interviewés par la télévision publique russe RT, affirmant s’être rendus en touristes à Salisbury, ville du sud-ouest de l’Angleterre où vivait l’ex-agent double empoisonné. Ils avaient démenti être des agents du GRU.

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