Stolen Valour dénonce l’imposture du vétéran de Québec Daniel «Fonfon» Lafontaine

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Daniel «Fonfon» Lafontaine et la multiplication des médailles. Stolen Valour Canada demande des comptes à l’ex-militaire de Québec. (Montage/Stolen Valour Canada)

Disant avoir été informée par un certain nombre de personnes qu’il y avait un problème potentiel avec les médailles qu’on voit Daniel « Fonfon » Lafontaine, très actif au sein de diverses associations de vétérans, porter sur plusieurs photos, Stolen Valour Canada a demandé des comptes à l’ex-militaire.

Avant de rendre toute cette histoire publique, l’organisation a demandé à l’artilleur et technicien en approvisionnement, de fournir la documentation qui prouverait son droit à la Médaille du service spécial – ALERT, la FORPRONU, la MINUH et la 125e médaille du Canada.

Ce que l’ex-militaire qui prétendait également avoir quitté les Forces armées canadiennes au bout de 20 ans de service avec le grade de sergent, alors qu’il n’était que caporal-chef avec 19 ans de service, n’a pu faire.

En outre, l’organisation s’est dite particulièrement préoccupée par la prétention de Daniel Lafontaine d’avoir été détenu avec un caporal en otage par les Serbes pendant 31 jours en 1995.

Stolen Valour Canada affirme être bien au courant des otages impliquant des Canadiens qui se sont produits au sein du commandement de l’ONU, y compris ceux du GT 12e RBC, du RCD BG, du GT 3 R22eR et des UNMO canadiens au cours de la mission de la FORPRONU.

Mais, dit l’organisation, aucun membre des Forces armées canadiennes n’a, à sa connaissance, été détenu plus d’un mois par l’une des factions belligérantes. L’organisation n’a trouvé aucune trace de l’événement décrit par Lafontaine.

Qui est Stolen Valour Canada ?

Stolen Valour Canada est un groupe entièrement composé de vétérans des Forces canadiennes ayant, dit l’organisation sur son site, plus de 100 ans de service combiné, affirmant que leur expérience militaire leur permet d’identifier rapidement les problèmes et les anomalies en ce qui a trait aux médailles et aux uniformes.

C’est Stolen Valour qui avait, par exemple, démasquer en 2017 Michel-Éric Castonguay, de Lévis dans la région de Québec, qui, non seulement se présentait comme un vétéran de guerre et un «jeune militaire blessé en Afghanistan», alors qu’il n’avait jamais servi, mais avait poussé l’audace jusqu’à déclarer représenter «administrativement» un recours collectif visant à déterminer si Revenu Québec devait rembourser de l’impôt provincial payé par les membres des Forces canadiennes au Québec, alors qu’ils étaient en mission à l’étranger.

Emploi illégitime d’uniformes ou certificats militaires 419 Quiconque, sans autorisation légitime, dont la preuve lui incombe, selon le cas :

a) porte un uniforme des Forces canadiennes ou d’autres forces navales, forces de l’armée ou forces aériennes ou un uniforme qui ressemble à celui de l’une de ces forces au point d’être pris vraisemblablement pour ce dernier;

b) porte une marque distinctive concernant des blessures reçues ou du service accompli dans une guerre, ou une médaille, un ruban, un insigne ou un chevron militaire, ou toute décoration ou ordre accordé pour services de guerre, ou une imitation de ce qui précède, ou toute marque, tout emblème ou toute chose susceptible d’être prise pour l’une de ces distinctions honorifiques;

c) a en sa possession un certificat de libération, un certificat de licenciement, un état de services ou une carte d’identité des Forces canadiennes ou d’autres forces navales, forces de l’armée ou forces aériennes qui ne lui a pas été délivré et ne lui appartient pas;

d) a en sa possession une commission, un brevet ou un certificat de libération, un certificat de licenciement, un état de services ou une carte d’identité émise à un officier ou à une personne qui est ou a été dans les Forces canadiennes ou d’autres forces navales, forces de l’armée ou forces aériennes et portant une altération non attestée par les initiales de l’officier qui l’a émise, ou par les initiales d’un officier légalement autorisé à cet égard,

est coupable d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire.

S.R., ch. C-34, art. 377.

Et attention, même chez les vrais ex-militaires, il y a aussi parfois du faux.

Certains de ces imposteurs peuvent paraître inoffensifs, et ne chercher qu’un supplément de gloire, mais leurs actes, non seulement sont préjudiciables à ceux qui ont servi, mais peuvent être aussi parfois le prélude «à des fraudes, fausses déclarations, détournement de fonds et vols des anciens combattants, des vétérans et des civils qui tentent d’aider les vétérans légitimes», dénonce l’organisation qui vise par son action à réduire le nombre d’imposteurs et à faire en sorte qu’un individu pense à deux fois avant d’embellir son passé militaire.

Daniel Lafontaine, dont la page Facebook n’est plus accessible, et qui n’a pas retourné les appels de 45eNord.ca, a publié un podcast où il s’explique sur la situation, mais l’a depuis supprimé.

Il a admis dans ce podcast maintenant supprimé qu’il avait acheté la médaille d’Haïti et l’avait portée sans autorisation. Il a également déclaré avoir menti au sujet de sa détention en otage pendant 31 jours.

En outre, l’un des documents qu’il a fait parvenir à Stolen Valour semble être un faux, puisque différent de la version officielle du document que Stolen Valour et 45eNord.ca avaient déjà en leur possession. Les signatures ne sont d’ailleurs pas les mêmes sur les deux versions de ce document.

Stolen Valour Canada dit reconnaître la valeur du travail de l’ex caporal-chef Lafontaine dans la communauté des anciens combattants, pour lequel il a été officiellement reconnu par Anciens combattants Canada et par l’ombudsman des vétérans, mais, aux yeux de l’organisation, cela ne lui permet pas d’embellir son passé.

Pour l’organisation, c’est clair: ou il produit des documents vérifiables qui soutiendront ses affirmations, ce qu’il n’a pas su faire jusqu’à maintenant ou il s’engage à abandonner ses fausses médailles et insignes.

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