Syrie: plus de 3.300 civils tués dans des frappes de la coalition

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Image du CENTCOM d’une frappe américaine contre les djihadistes de l’État islamique, le 8 août 2014. (CENTCOM)

Plus de 3.300 civils ont perdu la vie dans des frappes de la coalition menée par les États-Unis contre le groupe État islamique (EI) en Syrie depuis 2014, a déclaré dimanche l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Cette coalition reconnaît pour sa part la mort d’au moins un millier de civils en Irak et en Syrie depuis le début de ses opérations antijihadistes dans ces deux pays, respectivement en août et en septembre 2014.

Interrogé par l’AFP sur le chiffre nettement supérieur de l’OSDH, son porte-parole, Sean Ryan, a fait valoir que la coalition se fondait sur « des faits et des preuves ». « Nous ne prétendons pas détenir de chiffres exacts, mais nous pouvons assurer que nous nous basons sur les meilleures preuves disponibles », a-t-il ajouté.

Pour l’OSDH, une ONG qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays en guerre, le bilan des victimes civiles dans les opérations de la coalition s’élève à 3.331 morts pour la seule Syrie. Parmi elles figurent « 826 enfants et 615 femmes », a ajouté son directeur, Rami Abdel Rahmane.

Pour déterminer l’origine des frappes, l’Observatoire s’appuie sur son vaste réseau de sources mais aussi sur l’étude des plans de vols, ainsi que sur les avions et munitions utilisés dans le cadre de ces raids.

La coalition affirme de son côté prendre toutes les précautions possibles. Dans son dernier rapport, en août, elle établit précisément à 1.061 le nombre de pertes civiles liées à ses opérations en Syrie et en Irak, à la date du 30 juillet.

Elle précise toutefois que 216 dossiers relatifs à la mort de civils sont encore à l’étude, dont certains remontent à l’année 2014.

Alors que plusieurs ONG ont accusé la coalition de ne pas mener d’enquêtes suffisamment rigoureuses, son porte-parole a rétorqué qu’elle avait sollicité la coopération d’autres organismes, notamment pour partager la méthode utilisée pour établir les bilans.

En juin, l’ONG Amnesty International a indiqué que les frappes de la coalition l’an dernier sur Raqa, lors des combats pour la reprise de la « capitale » syrienne du groupe EI, pouvaient être constitutifs « d’éventuels crimes de guerre ».

Les opérations antijihadistes de la coalition ont baissé d’intensité depuis la perte par le groupe EI de l’écrasante majorité de ses territoires en Syrie et en Irak.

Plus de 360.000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du conflit en 2011. Les civils représentent près du tiers de ces pertes humaines, selon l’OSDH.

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