Trump étudie la possibilité d’une base américaine permanente en Pologne

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Un soldat américain du 3e Bataillon, 29e Régiment d’artillerie de campagne, 3e Groupe de combat de brigade blindée, 4e Division d’infanterie, conduit un obusier autopropulsé M109 Paladin hors d’une voiture plate à Drawsko Pomorskie, en Pologne, le 9 janvier 2017. L’obusier était un des 53 véhicules qui sont arrivés dans le nord-est de la Pologne à partir du port de Bremerhaven, en Allemagne, dans le cadre de l’opération Atlantic Resolve. La rotation des unités à travers le théâtre européen améliore la capacité du Commandement européen des États-Unis (EUCOM) à dissuader l’agression et à rassurer les alliés des États-Unis. (Sgt. Corinna Baltos/U.S. Army)

Le président américain Donald Trump a affirmé mardi étudier « très sérieusement » la possibilité d’établir une base militaire américaine permanente en Pologne.

« Nous étudions cela très sérieusement », a déclaré M. Trump en recevant dans la Bureau ovale son homologue polonais Andrzej Duda.

« La Pologne est prête à contribuer de manière significative pour que les Etats-Unis aient une présence en Pologne », a-t-il ajouté. « S’ils sont prêts à le faire, c’est quelque chose dont nous parlerons certainement », a-t-il encore dit.

Lors d’une conférence de presse commune, le président polonais a de son côté appelé M. Trump à « déployer plus de soldats américains en Pologne ».

« J’espère que vous prendrez la décision de déployer plus d’unités et d’équipement (…) J’aimerais voir une base américaine permanente en Pologne », a-t-il ajouté, suggérant de l’appeler « Fort Trump ».

M. Duda a également longtemps insisté sur « le comportement agressif » de la Russie.

« Je suis convaincu qu’il n’y a pas de méthode plus efficace pour empêcher une guerre que de montrer que nous sommes prêts à repousser une attaque à tout moment », a-t-il déclaré.

Des propos appuyés par le milliardaire new-yorkais: « Il y a beaucoup d’agressivité dans cette situation. La Russie a agi de manière agressive. Ils respectent la force. (…) Et nous avons la plus grande force au monde, surtout en ce moment ».

Une telle initiative, si elle se concrétisait, pourrait cependant créer des crispations au sein de l’Otan, dont la Pologne est membre, mais aussi aggraver encore un peu plus les vives tensions entre l’Occident et la Russie.

Mais la Pologne pas encore prête à accueillir «Fort Trump», estime le Pentagone

Mais la Pologne n’est pas encore prête à accueillir une base militaire américaine permanente, a estimé mercredi le responsable de l’armée de Terre au Pentagone, au lendemain de l’offre du président polonais Andrzej Duda de bâtir «Fort Trump» dans son pays.

Le vice-ministre de la Défense Mark Esper a indiqué à l’AFP que lors de sa dernière visite en Pologne, en janvier dernier, il avait remarqué que les espaces proposés par le gouvernement polonais n’étaient pas assez vastes pour permettre un entraînement adéquat des soldats américains, notamment de l’artillerie.

«Ce n’était pas suffisant» en termes de surface, d’espace de manœuvres et champs de tirs, a-t-il indiqué au cours d’un entretien au Pentagone.

«Il faut un grand champ de tirs pour des tirs d’artillerie, par exemple », a-t-il précisé. Or, les terrains proposés « n’étaient peut-être pas assez grands pour nous permettre de maintenir le degré de préparation que nous aimerions maintenir».

Lors de la rencontre mardi avec Donald Trump à la Maison-Blanche, M. Duda avait proposé deux milliards de dollars aux États-Unis pour implanter une base militaire permanente dans son pays.

Le président américain a répondu que les États-Unis allaient étudier cette proposition «très sérieusement», mais le secrétaire de la Défense Jim Mattis avait aussitôt remarqué qu’aucune décision n’avait été prise.

«Comme vous le savez, il ne s’agit pas seulement d’une base. Il s’agit de zones d’entraînement, il s’agit d’infrastructures de maintenance au sein de la base, toutes ces choses, ce sont beaucoup de détails que nous devons étudier avec les Polonais», a-t-il expliqué.

Outre l’espace, l’armée américaine veut pouvoir se déplacer facilement en Europe, or des obstacles administratifs et pratiques la freineraient en cas de conflit, a indiqué M. Esper.

«Nous avons des problèmes avec le transport des équipements lourds et des choses de ce genre», a expliqué le secrétaire à l’armée de Terre.

Il a raconté que lors de son dernier voyage en Europe, ses hommes avaient eu des difficultés à rejoindre l’Allemagne pour des exercices. «Un de nos trains a été bloqué […] à la fois pour des raisons administratives et pour des questions d’écartement des rails», a-t-il expliqué.

Le problème n’est pas limité à un pays en particulier, a-t-il souligné. «C’est une combinaison de problèmes administratifs et d’infrastructure».

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