Yémen: HRW reproche aux Saoudiens de s’opposer au renouvellement d’une enquête de l’ONU

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Des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées jeudi 9 août 2018 dans une attaque de la coalition menée par l’Arabie saoudite contre un bus transportant des enfants dans le nord du Yémen. (Twitter/@Lies_Breaker)

L’ONG Human Right Watch a reproché vendredi à l’Arabie saoudite de chercher à mettre un terme à une enquête de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme au Yémen, où Ryad intervient pour aider le pouvoir face aux rebelles Houthis.

Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a décidé il y a un an, après des négociations ayant duré plusieurs années et ayant permis d’obtenir le soutien du Yémen et des pays arabes, d’envoyer des experts internationaux chargés d’enquêter sur les allégations de crimes de guerre au Yémen.

Dans leur rapport publié fin août, ces experts, dont le renouvellement du mandat doit être débattu jeudi ou vendredi prochains à Genève, ont conclu que toutes les parties prenants au conflit au Yémen ont potentiellement commis des « crimes de guerre ».

Selon le groupe d’experts, les frappes de la coalition menée par l’Arabie Saoudite « ont causé le plus de victimes civiles directes », touchant des « zones résidentielles », des « marchés », et « même des installations médicales ».

HRW estime que la coalition, « insatisfaite » des résultats de l’enquête de l’ONU, cherche désormais à s’opposer à son renouvellement, alors que deux projets de résolution sur le Yémen viennent d’être déposés devant le Conseil.

Une première résolution déposée par un groupe de pays européens et par le Canada demande le renouvellement pour un an du mandat du groupe d’experts. L’autre, déposée par la Tunisie au nom du Groupe des pays arabes, ne mentionne pas le groupe d’experts mais demande que la Commission nationale d’enquête du Yémen, souvent critiquée, continue de se pencher sur le conflit.

En 2017, l’adoption de la résolution ayant permis la création du groupe d’experts avait été le résultat d’intenses négociations entre diplomates arabes et occidentaux.

Deux projets de résolutions étaient également en discussion à l’époque, alors que l’Arabie saoudite avait menacé de représailles économiques les pays qui soutiendraient un projet d’enquête internationale sur le conflit au Yémen, dans une lettre dont l’AFP avait pris connaissance.

La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite est intervenue en mars 2015 au Yémen pour aider le pouvoir face aux rebelles Houthis qui s’étaient emparés de vastes pans du territoire, dont la capitale Sanaa.

Depuis mars 2015, le conflit a fait plus de 10.000 morts et provoqué la pire crise humanitaire du monde, selon les Nations unies.

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