Affaire Khashoggi: plus de ventes d’armes allemandes à Ryad en l’état, confirme Merkel

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La chancelière allemande Angela Merkel. (Archive/Yves Herman/AFP)

L’Allemagne n’autorisera pas en l’état d’exportations d’armes vers l’Arabie saoudite compte tenu de l’incertitude qui demeure autour de la mort du journaliste Jamal Khashoggi, a prévenu dimanche soir la chancelière Angela Merkel.

« Je suis d’accord avec tous ceux qui disent que les exportations d’armes ne peuvent pas intervenir dans la situation où nous nous trouvons, même si ces ventes sont d’ampleur limitée », a-t-elle déclaré à la presse à Berlin au siège de son parti de centre-droit (CDU).

« Il y a encore des choses qui doivent être éclaircies de manière urgentes » par les autorités saoudiennes car « tout n’a pas été dévoilé », a-t-elle ajouté, condamnant « avec la plus grande fermeté » la mort du journaliste saoudien.

La veille déjà, son ministre des Affaires étrangères Heiko Maas, membre de la deuxième grande formation de sa coalition gouvernementale, le parti social-démocrate, avait tenu des propos similaires sur les exportations d’armes.

Tant que les circonstances exactes de la mort de Jamal Khashoggi n’auront pas été éclaircies, « je ne peux pas m’imaginer qu’il y ait une base positive au sein du gouvernement allemand pour approuver des exportations d’armes vers l’Arabie saoudite », a-t-il dit à la télévision publique ARD.

L’Allemagne a autorisé entre janvier et fin septembre de cette année 416,4 millions d’euros (628,33 millions $ CAD) d’exportations d’armes vers l’Arabie Saoudite, ce pays n’étant devancé sur la liste que par l’Algérie avec 741,3 millions d’euros (1,118,58 milliard $ CAD).

Depuis l’entrée en fonction en mars du nouveau gouvernement de coalition d’Angela Merkel entre conservateurs et sociaux-démocrates, le montant est de 254 millions d’euros (383,35 millions $ CAD), ce qui suscite des tensions en son sein.

L’accord de coalition prévoyait en effet un arrêt des ventes d’armes vers les pays impliqués dans des conflits militaires, ce qui est le cas de l’Arabie Saoudite au Yémen. Le feu vert donné malgré tout aux exportations vers Ryad a provoqué des protestations du partenaire social-démocrate de la coalition.

Les ventes ont porté notamment sur des systèmes de surveillance radar pour l’artillerie.

L’affaire de la disparition de M. Khashoggi, exilé aux Etats-Unis depuis 2017 après être tombé en disgrâce auprès du pouvoir saoudien, a relancé le débat en Allemagne sur un réexamen en profondeur des relations bilatérales entre Berlin et Ryad.

Mme Merkel a prévenu dimanche soir que des « discussions » seraient menées au plan international sur « des réactions » à apporter.

Selon la version de Ryad, le journaliste a été tué au cours d’une rixe au consulat saoudien à Istanbul, où il s’était rendu le 2 octobre pour des démarches administratives.

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