Affaire Khashoggi: «Tous ceux qui ont joué un rôle» doivent être punis, déclare Erdogan

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Le président turc Tayyip Erdogan s’exprime devant des membres de son parti (AKP) au Parlement à Ankara, le 16 octobre 2018. (AFP/Archives/ ADEM ALTAN)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé mardi que toutes les personnes impliquées dans le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, y compris les commanditaires, devaient être punies.
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Mise à jour 23/10/2018, 11h18

Le vice-président américain Mike Pence a annoncé mardi que les Etats-Unis exigeraient des réponses de l’Arabie saoudite après les affirmations du chef de l’Etat turc Recep Tayyip Erdogan sur le caractère prémédité du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

« Le monde entier nous regarde. Les Américains veulent des réponses et nous allons exiger que ces réponses interviennent rapidement », a averti M. Pence, lors d’une rencontre organisée par le Washington Post, où collaborait régulièrement M. Khashoggi.

8h28

Des parties du corps dépecé du journaliste saoudien Jamal Khashoggi auraient été retrouvés, selon ce que rapporte mardi Sky News.

Les restes auraient été retrouvés dans le jardin du consulat général saoudien. M. Kashoggi aurait été «découpé» et «défiguré», selon une source anonyme.

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« La conscience internationale ne sera apaisée que lorsque toutes les personnes impliquées, des exécutants aux commanditaires, auront été punies », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours devant le groupe parlementaire de son parti, proposant que 18 suspects arrêtés en Arabie « soient jugés à Istanbul ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé mardi que toutes les personnes impliquées dans le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, y compris les commanditaires, devaient être punies.

« La conscience internationale ne sera apaisée que lorsque toutes les personnes impliquées, des exécutants aux commanditaires, auront été punies », a déclaré M. Erdogan, proposant que 18 suspects arrêtés en Arabie « soient jugés à Istanbul ».

« En reconnaissant le meurtre, le gouvernement saoudien a fait un pas important. Ce que nous attendons de lui, maintenant, c’est qu’il mette au jour les responsabilités de chacun dans cette affaire, du sommet à la base, et qu’il les traduise en justice », a-t-il dit.

Dans ce discours prononcé devant le groupe parlementaire de son parti à Ankara, M. Erdogan a affirmé que le meurtre de Khashoggi le 2 octobre avait été « planifié » plusieurs jours à l’avance, contredisant la version saoudienne faisant état d’une rixe ayant mal tourné.

« A ce stade, tous les éléments et preuves qui ont été découverts indiquent que Jamal Khashoggi a été victime d’un meurtre sauvage », a insisté le président turc lors de cette intervention qui a suscité un grand intérêt à travers le monde.

Après avoir fait un bref point sur l’enquête, M. Erdogan a énuméré plusieurs questions qui restent selon lui sans réponse.

« Pourquoi le corps (de Khashoggi) est-il toujours introuvable? », a notamment demandé le président turc, exigeant en outre de savoir « qui a donné les ordres » aux tueurs.

Le chef de l’Etat a par ailleurs déclaré que 15 agents saoudiens arrivés séparément à Istanbul s’étaient retrouvés au consulat le matin du meurtre du journaliste pour « arracher le disque dur du système de vidéosurveillance » de la représentation diplomatique.

Il a également indiqué que certains de ces agents avaient effectué « des repérages » dans une forêt proche d’Istanbul, ainsi qu’à Yalova, une ville du nord-ouest de la Turquie.

M. Erdogan n’a toutefois pas précisé sur quels éléments il basait ses affirmations, ne mentionnant à aucun moment d’éventuels enregistrements audio ou vidéo dont la presse turque et certains responsables turcs font état depuis le début de l’enquête.

Qualifiant le meurtre de Khashoggi d' »assassinat politique », le président turc a également appelé à inclure d’éventuels « complices » originaires d’autres pays, s' »il y en a ».

M. Erdogan, dont le pays entretient des relations complexes avec l’Arabie saoudite, un rival diplomatique mais aussi un important partenaire économique, a paru soucieux d’épargner le roi Salmane.

Il s’est dit « confiant » dans le fait que le roi saoudien coopérerait avec la Turquie dans l’enquête.

M. Erdogan n’a à aucun moment fait mention du prince héritier Mohammed ben Salmane, accusé par la presse turque et certains responsables anonymes d’avoir commandité le meurtre.

Le chef de l’Etat turc a également appelé mardi des proches du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, leur promettant de « tout faire » pour « élucider » son meurtre dans le consulat de son pays à Istanbul, a indiqué une source présidentielle.

Lors de cet entretien avec plusieurs membres de la famille de Jamal Khashoggi, M. Erdogan a déclaré que la Turquie allait « suivre cette affaire » et que « tout ce qui est nécessaire sera fait pour élucider ce crime », a indiqué cette source.

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