Afghanistan: les talibans appellent à la violence lors des élections

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Le 22 avril, un attentat suicide revendiqué par le groupe État islamique contre un centre d’enregistrement électoral à Kaboul avait fait une soixantaine de morts. (Archives/Sha Marai/AFP)

Les talibans ont lancé lundi un appel à la violence contre les forces de sécurité afghanes pour mettre en échec les élections législatives du 20 octobre alors que l’émissaire américain pour la paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, effectue ses premières consultations à Kaboul.

Dans un communiqué de leur porte-parole Zabihullah Mujahid, le groupe taliban appelle ses « moudjahidines à stopper ce processus dirigé par les Etats-Unis en usant de tous les moyens à disposition » mais en « prenant soin de la vie des habitants et de leurs propriétés ».

« Ceux qui soutiennent la réussite de ce processus en aidant à la sécurité », c’est-à-dire les forces afghanes, « doivent être ciblés », ajoute ce texte. « Tout doit être mis en oeuvre pour faire échouer ce complot malveillant des Américains ».

« Les talibans répètent inlassablement ce que leurs soutiens étrangers leur disent de dire. Les citoyens afghans pourront participer aux élections et leur sécurité sera assurée », a commenté auprès de l’AFP le ministère de l’Intérieur via l’un de ses porte-parole.

« Les zones où le risque sécuritaire est élevé ont été identifiées et les centres de vote resteront fermés. Mais les élections se tiendront dans la plupart des zones urbaines et suburbaines du pays conformément à ce qui a été prévu », a-t-il ajouté.

Quelque 54.000 membres des forces de sécurité afghanes ont été mobilisés pour assurer la protection des 5.000 bureaux de vote. Pour des raisons de sécurité, plus de 2.000 autres n’ouvriront pas.

Le communiqué taliban a été publié alors que le diplomate américain chargé de diriger les efforts de paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, est arrivé dimanche pour sa première visite à Kaboul depuis sa nomination début septembre.

M. Khalilzad effectue une tournée de dix jours qui, outre l’Afghanistan et le Pakistan, doit le conduire aux Emirats arabes unis, au Qatar et en Arabie saoudite, afin de « coordonner et diriger les efforts des Etats-Unis pour amener les talibans à la table des négociations », a indiqué le département d’Etat américain la semaine dernière.

Dimanche soir, il s’est entretenu avec le président afghan Ashraf Ghani et d’autres responsables du gouvernement.

« J’utiliserai mes expériences sur la scène internationale et mes relations dans la région pour atteindre l’objectif » de paix, a déclaré avant la rencontre cet ex-ambassadeur à Kaboul, Bagdad et aux Nations unies.

Lundi matin, le chef de l’exécutif afghan, Abdullah Abdullah s’est « félicité » des intentions américaines.

« Nous croyons que plus on accorde d’attention au processus, plus il y aura de chances de succès », a-t-il commenté, espérant que les talibans profiteront de « cette chance pour mettre fin à la guerre ».

Mais les insurgés, qui avaient observé un cessez-le-feu inédit à la fin du ramadan en juin, soulevant des espoirs de pourparlers, ont renouvelé lundi leurs principales revendications.

« Nous réitérons et rappelons aux envahisseurs étrangers et aux concepteurs de ces fausses élections que la véritable solution à la crise afghane actuelle réside dans le retrait complet de toutes les forces d’occupation étrangères et dans le rétablissement d’une souveraineté purement islamique », insiste le communiqué.

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