«Caravane» de migrants: les É.-U. envoie la cavalerie, des «centaines» de militaires déployés

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La «caravane» de migrants, les É.-U. envoie la cavalerie, des «centaines» de militaires déployés. (AFP/Getty)

Le Pentagone va déployer quelque 800 militaires supplémentaires à la frontière avec le Mexique, ont indiqué jeudi à l’AFP deux responsables américains alors que des milliers de migrants partis du Honduras marchent en direction des Etats-Unis.

Ces troupes de l’armée régulière, qui pourraient être envoyées depuis plusieurs bases militaires du pays, viendront renforcer les plus de 2.000 réservistes de la Garde nationale déjà sur place depuis le printemps.

Le ministre américain de la Défense Jim Mattis doit officialiser jeudi le nouveau déploiement, a précisé un responsable du Pentagone.

Les renforts comprendront des médecins et des ingénieurs et apporteront principalement un soutien logistique et matériel, dont des tentes et des véhicules.

«Les lois adoptées par les démocrates font qu’il est difficile pour nous de stopper des gens à la frontière», avait auparavant tweeté Donald Trump jeudi matin.

«J’envoie l’armée pour cette urgence nationale. Ils seront stoppés !», avait-il ajouté.

Le président américain avait déjà déployé à la frontière en avril quelque 2100 membres de la Garde nationale.

Ces troupes y opèrent principalement dans un rôle de soutien, afin de décharger les gardes-frontière.

Selon la chaîne CNN, le ministre de la Défense Jim Mattis s’apprête à envoyer au moins 800 soldats supplémentaires dans la région.

On ne sait pas encore si ce nouveau déploiement sera constitué de troupes de l’armée régulière ou de nouveaux réservistes de la Garde nationale.

Malgré la fatigue, la caravane poursuit son périple au Mexique

Des migrants honduriens de la caravane en route vers les Etats-Unis lors d’une étape à Mapastepec, le 24 octobre 2018 au Mexique. (AFP/Johan ORDONEZ)

Malgré la fatigue croissante, les migrants honduriens ont repris jeudi leur périple depuis Mapastepec, dans le sud du Mexique, alors que les Etats-Unis s’apprêtent à déployer plusieurs centaines de militaires à la frontière pour empêcher l’entrée de ces migrants.

Ces milliers de Honduriens, qui fuient la violence et la misère dans leur pays, sont partis à l’aube de cette localité de l’Etat du Chiapas (sud) en direction de Pijijiapan, une ville de 50.000 habitants, située à environ sept heures de marche.

La « caravane » doit encore parcourir plus de 3.000 km pour atteindre la frontière des Etats-Unis, ce qui devrait lui prendre environ un mois et demi, selon leurs calculs.

La majorité des migrants progressent à pied sur un trajet qui longe la côte Pacifique mexicaine, certains portant des enfants sur les épaules, quelques-uns même en chaise roulante. Quand ils le peuvent, certains migrants montent sur des camions ou des motos-taxis pour s’épargner quelques kilomètres d’efforts.

« J’ai besoin de me faire opérer, je veux le faire aux Etats-Unis car dans mon pays personne ne m’aide », confie Sergio Caceres, 40 ans, dans une chaise roulante que pousse un ami rencontré dans la caravane. Il espère retrouver de l’autre côté de la frontière deux soeurs qui lui envoient régulièrement de l’argent pour subsister.

L’ONU estime qu’environ 7.000 personnes font partie de la caravane qui a quitté le 13 octobre le Honduras. Les migrants progressent en masse pour des raisons de sécurité sur un périple qu’ils savent dangereux.

« Nous voulons arriver sains et saufs. Nous savons que ce pays est dangereux, mais au Honduras, c’est encore pire, ils tuent pour rien », explique José Anibal Mejia, 27 ans, tout en avançant sur la route avec sa fille de huit ans.

« Tous les Honduriens qui sont ici veulent vivre le rêve américain », dit-il.

Lui et sa famille travaillaient dans une plantation de café au Honduras. Mais l’entreprise a fait faillite à la suite de la destruction d’une récolte par un parasite, ce qui les a poussés à partir.

En pleine campagne pour les élections législatives de mi-mandat, le président américain Donald Trump tempête depuis plusieurs jours contre ces migrants, dénonçant un « assaut ».

Le président américain Donald Trump avait menacé lundi de couper les aides versées aux pays d’Amérique centrale qui n’ont pas bloqué ces migrants.

Les autorités mexicaines, elles, n’empêchent pas les migrants de progresser sur leur territoire. Sur différentes tronçons du trajet, ils ont été escortés par des policiers fédéraux et surveillés depuis des hélicoptères, sans toutefois que les forces de l’ordre ne tentent de les bloquer.

Selon le gouvernement mexicain, 1.743 personnes faisant partie de la caravane ont déposé une demande d’asile au cours des derniers jours.

Plus de 1.500 enfants sont présents dans la colonne, d’après les associations humanitaires.

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