À la recherche de masques à gaz pour militaires à barbe

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Avec l’autorisation du port de la barbe étendue à tout le personnel des Forces armées canadiennes, la Défense nationale devrait maintenant se mettre à la recherche de systèmes de protection respiratoire pour les militaires avec de la «pilosité faciale» qui, en outre, devront tenir compte «d’un large éventail de formes et de dimensions de visage chez les membres des Forces».

En septembre de cette année, après plus d’un an et demi de consultations à travers tout le pays, le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense, indiquait les nouvelles règles concernant le port de la barbe au sein des Forces armées canadiennes.

Jusqu’à présent, seule une petite portion des membres des Forces armées canadiennes avait le droit de porter la barbe, soit pour des raisons médicales, religieuses ou spirituelles, ainsi que les marins et certains fantassins.

Mais, maintenant que le port de la barbe est autorisé pour tous les membres des Forces armées canadiennes, même si les commandants pourront imposer à cause du masque à gaz des restrictions sur le port de la barbe pour des besoins opérationnels ou de sécurité, notamment lors de tour opérationnel ou d’entrainement Chimique, Bactériologique, Radiologique et Nucléaire (CBRN), la mise au point de systèmes de protection respiratoire pour les membres des Forces armées canadiennes avec de la pilosité faciale pourrait bien s’avérer nécessaire.

Le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes exigent que les membres qui ont une barbe et qui sont appelés à travailler dans des environnements chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN) portent des appareils de protection respiratoire. Cette mesure vise à maximiser leur sécurité tout en veillant à ce qu’ils soient capables de travailler pendant de longues périodes sans être gênés par l’environnement, expliquent de site du programme IDEeSDéfense.

À l’heure actuelle, les militaires doivent encore être rasés de près pour des raisons de sécurité, notamment pour maximiser leur protection dans les environnements chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN).

Le problème des masques à gaz à pression négative est que les poils de la barbe diminuent le rendement sous les niveaux acceptables en empêchant l’appareil d’être parfaitement étanche sur le visage de celui qui le porte, explique la Défense nationale, et ce même si les fabricants de certains appareils de protection respiratoire prétendent que leurs appareils sont conçus pour la barbe.

Il a été constaté, affirme la Défense nationale, que la période de protection qu’offraient ces masques conçus pour la barbe était limitée aux besoins en cas d’évacuation d’urgence et ne permettait pas que la personne qui le porte puisse travailler sans être incommodée pendant des périodes prolongées.

C’est pourquoi, maintenant que le port de la barbe est autorisé pour tous, pour éviter le ridicule de se retrouver avec une règle qui aurait tellement d’exceptions qu’elle ne rimerait finalement à rien, le ministère de la Défense et les Forces armées canadiennes envisagent des appareils respiratoires conçus pour la barbe tout en assurant une protection maximale dans les environnements chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN).

Le programme d’innovation fait donc appel aux chercheurs et entreprises du pays afin de trouver des systèmes répondant aux objectifs suivant: facilité d’utilisation, haut niveau de protection, pouvoir évoluer librement pendant des périodes prolongées et intégration aux combinaisons de protection chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN) déjà disponibles dans les Forces armées canadiennes.

Maintenant que les Forces armées sont devenues beaucoup plus tolérantes à l’égard des membres portant la barbe, un pareil système tomberait…«pile poil»!

Le programme IDEeS

Afin de développer et de maintenir les capacités pour relever les défis actuels dans un monde en constante évolution, la Défense nationale a lancé en avril dernier le programme d’innovation pour la défense, l’excellence et la sécurité (IDEeS).

Le programme a pour mission de créer des réseaux d’innovateurs (milieu universitaire, industrie, particulier et autres partenaires) pour mener des travaux de pointe en recherche et développement dans des domaines essentiels aux futurs besoins en défense et en sécurité; d’organiser des concours et d’inviter les innovateurs à présenter des solutions viables à des problèmes précis en matière de défense et de sécurité; et d’instaurer de nouveaux rouages d’acquisition qui lui permettront d’élaborer et de mettre à l’épreuve des concepts, puis de donner suite aux idées les plus prometteuses.

Depuis son lancement, le programme IDEeS affiche donc pour la communauté d’innovation du Canada des défis multiples: l’amélioration de la détection à distance des explosifs dissimulés afin d’atténuer la menace pour les soldats menant des opérations dans un environnement à risque élevé, l’établissement d’un système intégré et continu de capteurs, d’information et de prise de décisions pouvant les informer et les avertir des menaces en surface et près de la surface dans le territoire maritime du Canada bordé par trois océans, ou la construction d’une capacité en cyber sécurité permettant d’être en mesure de différencier les cyberattaques malveillantes ciblées et les cyberattaques générales et opportunistes afin d’effectuer un tri et d’établir l’ordre de priorité des interventions en cyber sécurité.

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