Jérusalem: l’agence de l’ONU pour les réfugiés inquiète des plans du maire

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Jour de rentrée dans une classe d’une école pour réfugiés palestiniens gérée par l’Unrwa le 3 septembre 2018. (Archives/AFP/ANWAR AMRO)

L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) a exprimé vendredi son « inquiétude » devant le projet annoncé par le maire israélien de Jérusalem de la chasser de la ville où elle opère dans la partie orientale annexée.

Dans un communiqué, l’Unrwa a expliqué qu’elle opérait « en conformité » avec la charte et les résolutions de l’ONU, mais aussi un accord avec l’Etat d’Israël, « qui reste en vigueur ».

Se disant « déterminée » à poursuivre un travail reconnu comme « important », elle a affirmé disposer d’un mandat spécifique de l’ONU pour « apporter protection et assistance aux réfugiés de Palestine dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ».

Jeudi, la municipalité de Jérusalem a annoncé dans un communiqué avoir élaboré un « plan détaillé » pour évincer l’Unrwa et prendre sa place dans les services que l’agence prodigue à Jérusalem-Est, qu’il s’agisse d’écoles, de cliniques ou de collecte des déchets.

La mise en oeuvre du plan soulève des questions, le maire, Nir Barkat, ne se présentant pas à sa réélection aux municipales du 30 octobre.

Mais il explique dans le communiqué que la décision de l’administration américaine de Donald Trump de couper les fonds à l’Unrwa et de remettre en cause son existence même « crée une occasion rare ».

« Nous mettons fin au mensonge que constitue le +problème des réfugiés palestiniens+ et aux menées qui visent à instaurer une souveraineté au sein d’une autre souveraineté », dit le maire.

Il fait référence à la souveraineté proclamée par Israël sur l’ensemble de Jérusalem, y compris Jérusalem-Est, la partie palestinienne occupée et annexée et toujours considérée comme territoire occupé par l’ONU.

Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est pour capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Les questions de Jérusalem et des réfugiés sont parmi les plus épineuses en vue d’un règlement du conflit israélo-palestinien.

L’Unrwa apporte ses services à des millions de Palestiniens dans les Territoires palestiniens et dans la région. A Jérusalem-Est, elle opère plusieurs écoles et centres de santé, en particulier dans le camp de Chouafat où, selon une estimation de l’agence, vivent environ 24.000 personnes.

L’Unrwa fait travailler plus de 600 personnes à Jérusalem-Est, selon une source proche de l’agence.

Celle-ci est très durement affectée par l’arrêt des financements américains. Poussée à réduire ses effectifs, elle est confrontée à la contestation à Gaza.

L’administration Trump justifie sa décision par sa contribution « disproportionnée » au fonctionnement de l’agence. Elle invoque aussi le modèle de l’Unrwa, qui, selon elle, perpétue la question des réfugiés en transmettant le statut de génération en génération, ainsi que le parti pris de l’ONU en faveur des Palestiniens. Ces reproches sont aussi ceux du gouvernement israélien.

Les écoles et les centres médicaux de l’Unrwa à Jérusalem-Est sont dépourvus de licences israéliennes et « illégaux », dit la municipalité. Leurs services « promeuvent souvent » la haine, notamment dans les écoles, soutient-elle.

Les organisations favorables aux Palestiniens dénoncent, elles, l’inégalité de traitement entre Jérusalem-Ouest et Jérusalem-Est par la municipalité.

Toutes les écoles de l’Unrwa à Jérusalem-Est seront fermées à la fin de l’année scolaire à l’été 2019, et les élèves reversés dans les établissements municipaux à la rentrée prochaine, selon la municipalité.

Le maire entend procéder par expropriations, ruptures de bail et transferts d’activités vers d’autres structures.

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