Journée portes ouvertes du 35 GBC à Québec: des défis bien différents de ceux de Montréal

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La Journée portes ouvertes de l’Armée canadienne, samedi dernier 29 septembre, a été un succès pour le 35e Groupe‑brigade du Canada, la formation de la Réserve de l’Armée de la 2e Division dans la région de Québec, qui doit affronter des défis bien différents de ceux de Montréal, avec 1050 visiteurs cette année, dont environ 350 personnes de 17 à 30 ans, la catégorie d’âge cible de l’événement.

Samedi le 29 septembre, les 12 unités du groupe-brigade, comme la plupart des unités à travers le Québec et le Canada, ouvraient leurs portes afin de montrer le travail que les réservistes accomplissent pour les Québécois et les Québécoises par l’entremise de démonstrations interactives, de discussions passionnantes et d’activités diverses.

Le chiffre de 1050 visiteurs est plus impressionnant qu’il n’y paraît si on le compare aux 2 300 de la région de Montréal, une région beaucoup plus populeuse et où, de surcroît, plusieurs manèges de la Réserve sont situés en milieu urbain dans des endroits déjà fort achalandés.

Les unités qui composent le 35e Groupe-brigade du Canada, dont le quartier général est situé dans la ville de Québec et qui compte plus de 2 200 réservistes, un nombre comparable au 34 GBC à Montréal, sont

  • 12e Régiment blindé du Canada (Milice)
  • The Sherbrooke Hussars
  • 6e Régiment d’artillerie de campagne, ARC
  • 62e Régiment d’artillerie de campagne, ARC
  • 35e Régiment de génie de combat
  • Les Voltigeurs de Québec
  • Les Fusiliers du Saint‑Laurent
  • Le Régiment de la Chaudière
  • Le Régiment du Saguenay
  • Les Fusiliers de Sherbrooke
  • 35e Bataillon des services
  • 35e Régiment des transmissions

À l’exception d’unités comme Les Voltigeurs, qui occupe un emplacement stratégique aux portes du Vieux-Québec, ou d’unités très solidement implantées dans leur communauté comme à Sherbrooke, la plupart des unités se retrouvent dans des manèges excentrés, comme, par exemple, celui du Complexe Pierre Bertrand ou celui de Saint-Malo à Québec en plein cœur d’un parc industriel où les passants sont plutôt rares. On est loin du manège des Fusiliers Mont-Royal sur la rue des Pins à quelques encablures de la très achalandée rue Saint-Denis à Montréal.

Mais, cette année, outre annoncer abondamment la Journée portes ouvertes sur les réseaux sociaux, à commencer par la page Facebook de chacune des unités, le 35 GBC a regroupé plusieurs unités dans le parking des Promenades Beauport, un centre commercial bien connu situé au 3333 rue du Carrefour, à environ 8 km du centre-ville.

À cet endroit facilement accessible par l’autoroute Félix Leclerc, ce qui représente un trajet d’à peine 12 minutes de voiture, les visiteurs pouvaient voir le travail que les réservistes accomplissent pour les Québécois et les Québécoises par l’entremise de démonstrations interactives et d’activités diverses et rencontrer des miliciens du 35e Régiment des transmissions, le 35e Bataillon des services, (dont le manège est à Saint-Malo), le 6e Régiment d’artillerie de campagne (dont une partie des activités se déroulent normalement à Val Bélair, un quartier excentré de l’agglomération de Québec, dans l’arrondissement de La Haute Saint-Charles).Et même Les Voltigeurs avaient des représentants aux Promenades.

C’est ainsi que Promenades Beauport à Québec, en créant un événement plus gros et plus attractif, a réussi avec près de 450 visiteurs, a égalé et même dépassé le chiffre de visiteurs des Fusiliers Mont-Royal.

Quant aux Fusiliers de Sherbrooke, solidement implanté dans leur communauté, ils arrivent au deuxième rang cette année en nombre de visiteurs à la journée portes ouvertes avec 100 visiteurs, devançant même les Voltigeurs qui ont reçu à leur manège historique de la Grande-Allée une centaine de visiteurs.

Quant aux formulaires d’enrôlement que les visiteurs auraient pris, les chiffres ne sont pas encore disponible, mais, aux dires du responsable des Affaire publiques du 35 GBC, le capitaine Derek Picard-Fortin, il semble qu’il y ait eu de deux à trois fois plus de formulaires distribués que l’an passé (nombre de visiteurs oblige). Mais, bien sûr, on ne connaîtra les résultats précis en terme d’enrôlement que lorsque l’Armée recevra les formulaires remplis avec mention de l’endroit où le postulant a pris le formulaire.

Les Réservistes, en bref

Les réservistes de l’Armée travaillent à temps partiel pour l’Armée canadienne, généralement un soir par semaine et une fin de semaine par mois, tout en conservant des emplois civils à temps plein ou en étudiant à temps plein.

Les réservistes participent régulièrement à des exercices d’entraînement et fournissent du soutien essentiel aux opérations nationales, comme en apportant de l’aide pour combattre les incendies de forêt en Colombie-Britannique et les inondations au Québec. Ils collaborent également avec leurs homologues de la Force régulière sur des opérations internationales en Lettonie et en Ukraine.

Les réservistes occupent une variété de métiers, notamment les armes de combat (infanterie, arme blindée, artillerie), le génie, les transmissions de l’Armée (technologie de l’information) et différents rôles de soutien actif (logistique, ressources humaines, finance).

Dans le cadre de la politique de défense Protection, Sécurité, Engagement, l’Armée canadienne vise à à accroître la taille de la Réserve de l’Armée et à réduire à quelques semaines la durée du processus d’enrôlement.

Il y a des unités de la Réserve de l’Armée canadienne dans l’ensemble du Canada et 97 % de la population canadienne vit à moins de 45 minutes d’un manège militaire de la Réserve.

Le 35 GBC procure une formation de soldat à ses réservistes et s’implique activement au sein de la communauté tout en constituant un apport économique appréciable pour les régions de l’Est-du-Québec.

Le groupe-brigade, avec ses 12 unités réparties au sein de l’Est-du-Québec, est constitué d’environ 2 200 réservistes, de 60 membres de la Force régulière et d’une dizaine de civils.‎

Ses 12 unités sont situées géographiquement entre Shawinigan, Sherbrooke, Trois-Rivières, Québec, Saguenay, Lévis, la Beauce et le Bas-Saint-Laurent.

Sans compter les nombreuses participations aux montées en puissance de la force régulière, plus de 600 miliciens du 35 GBC ont participé à diverses missions des Nations Unies et de l’OTAN au sein de plusieurs opérations internationales.

En 1998, en moins de vingt-quatre heures, plus de 900 réservistes ont été déployés lors de la «Tempête du Verglas» en Montérégie. Cette opération nationale représentait le premier déploiement d’une telle envergure pour des réservistes depuis la Seconde Guerre mondiale au Canada.

La courbe de popularité de la Journée portes ouvertes de la Réserve, qui à Québec plus qu’ailleurs vit dans l’ombre du ’22’, mais où les unités ont finalement été à la rencontre des Québécois et Québécoises en se regroupant en des endroits stratégiques et accessibles, est incontestablement ascendante.

Et, si on en croît le capitaine Picard-Fortin, cela devrait continuer en autant que soient maintenus les efforts comme ceux qui ont été déployés cette année.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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