Le maréchal Haftar à Rome avant une conférence sur la Libye

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Le maréchal Khalifa Haftar à Paris le 29 mai 2018. (AFP/Archives/ludovic MARIN)

Le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen, était en visite lundi à Rome pour préparer la conférence internationale sur la Libye prévue à Palerme (Sicile) les 12 et 13 novembre, a annoncé le bureau du chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte.

Arrivé dimanche, M. Haftar a rencontré M. Conte dans l’après-midi et devait s’entretenir lundi avec le ministre italien des Affaires étrangères, Enzo Moavero Milanesi.

Selon un communiqué italien publié lundi en milieu de journée, M. Haftar a confirmé sa participation à cette conférence et a assuré « être disponible pour une confrontation qu’il espère constructive et qui serait une condition préalable d’une vrai processus d’unification en ligne avec les attentes du peuple libyen ».

M. Conte a pour sa part souligné qu’il s’agissait d’une « conférence pour la Libye et non sur la Libye » qui s’appuiera sur deux principes clés: la responsabilité de la partie libyenne et le respect du parcours prévu par l’ONU pour résoudre la crise dans ce pays.

« La présence de tous les principaux acteurs libyens à Palerme est destiné à soutenir les conditions de sécurité et de développement économique » du pays, ajoute le communiqué.

Selon la presse italienne, l’Italie tente de convaincre M. Haftar du bien-fondé d’un plan de sortie de crise que l’émissaire de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, doit présenter au Conseil de sécurité quelques jours avant la conférence de Palerme.

Vendredi, M. Conte avait déjà reçu successivement Fayez al-Sarraj, le chef du le gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale, puis M. Salamé.

Ce dernier a estimé que la conférence de Palerme pourrait « donner un signal essentiel de soutien de la communauté internationale au processus politique, qui se trouve dans une phase particulièrement importante », selon le bureau de M. Conte.

Réunis à Paris fin mai par le président français Emmanuel Macron, les quatre principaux protagonistes du conflit libyen s’étaient engagés à organiser des élections générales le 10 décembre.

Si la France a continué à presser pour le respect de ce calendrier, plusieurs analystes et diplomates ainsi que les Etats-Unis et l’Italie ont estimé que la fragmentation et l’anarchie dans le pays rendaient ces promesses fragiles.

La Libye est dirigée aujourd’hui par deux entités rivales: le GNA, issu d’un processus onusien et basé à Tripoli et une autorité rivale installé dans l’Est, soutenu par un parlement et une force armée dirigée par le maréchal Haftar.

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