Lockheed Martin Canada retenu pour concevoir le futur navire de combat canadien

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Représentation artistique de la frégate britannique de type 26, soumise à l’examen en remplacement des frégates de patrouille canadiennes. (BAE Systems Inc./Lockheed Martin Canada)

Le gouvernement du Canada et Irving Shipbuilding Inc. ont retenu Lockheed Martin Canada à titre de «soumissionnaire préféré» chargé de concevoir le futur navire de combat canadiens de la Marine royale canadienne et fournir l’équipe qui s’en chargera.

L’attribution du contrat devrait avoir lieu cet hiver, et les travaux de construction devraient commencer au début des années 2020.

L’équipe canadienne de navires de combat de Lockheed Martin Canada avait soumis sa proposition finale concernant le projet de combat de surface canadien au maître d’oeuvre Irving Shipbuilding à Halifax, après quatre années d’investissements dans le développement de la proposition.

Alion Science and Technology et sa filiale Alion Canada avaient soumis une proposition basée sur la frégate néerlandaise De Zeven Provinciën Air Defence and Command (LCF).

Navantia, une société espagnole, dirigeait pour sa part une équipe composée de Saab et de CEA Technologies. Sa proposition était basée sur la conception de la frégate F-105, un navire en service dans la marine espagnole.

«L’équipe de navires de combat du Canada associe Lockheed Martin son expertise de longue date en matière d’intégration navale avec la conception de navire de guerre la plus sophistiquée au monde – le navire de combat mondial Type 26 de BAE Systems – et des plateformes de haute technologie d’innovateurs canadiens de pointe, CAE, MDA, L3 Technologies et Ultra Electronics», avançait alors Lockheed.

«Conçu pour la guerre anti-sous-marine haut de gamme et capable de remplir diverses missions dans le monde entier, le Type 26 est silencieux, polyvalent et a de grandes capacités de survie. Il offre les marges de croissance les plus grandes pour la modernisation future. contrairement aux autres modèles de 10 à 15 ans, et minimise le risque d’obsolescence en tant que navire de guerre conçu de manière numérique.», faisait valoir Lockheed, soulignant aussi que le projet bénéficiera des leçons apprises lors de la réalisation des projets britannique et australien.

Un jalon important du processus concurrentiel

Bien qu’il s’agisse d’un jalon important du processus concurrentiel, du travail reste à faire avant l’attribution du contrat.

Lockheed Martin Canada Inc. doit maintenant se soumettre au « processus de diligence raisonnable », qui comporte notamment :

  • la négociation des droits de propriété intellectuelle avec l’entreprise;
  • l’évaluation du rendement des systèmes de combat;
  • l’évaluation de la capacité financière de l’entreprise à mener à bien le projet, ainsi que la vérification de divers aspects de nature administrative.

Si le soumissionnaire préféré ne parvient pas à démontrer au Canada et à Irving Shipbuilding Inc. qu’il répond à toutes les exigences du processus de diligence raisonnable, la deuxième entreprise conforme qui s’est le mieux classée deviendra le soumissionnaire préféré. Elle devra alors démontrer à son tour qu’elle répond à toutes les exigences du processus de diligence raisonnable.

La sélection du soumissionnaire préféré se fait selon un processus d’évaluation des soumissions rigoureux. Un surveillant de l’équité indépendant a observé le déroulement de ce processus et continuera de le faire. Jusqu’à présent, il a présenté une série de rapports provisoires sur le processus d’approvisionnement du projet de navires de combat canadien. Dans aucun de ces rapports, il fait état de lacunes en ce qui a trait à l’équité.

Plus récemment, le surveillant de l’équité a fait la déclaration suivante à Services publics et Approvisionnement Canada :

«En notre qualité de surveillant de l’équité du projet des navires de combat canadiens, nous avons observé le déroulement de l’évaluation des propositions reçues en réponse à la demande de propositions. Nous n’avons relevé aucune lacune en ce qui a trait à l’équité. Nous estimons que l’évaluation des propositions a été menée de façon équitable. Les décisions ont été prises avec objectivité, sans favoritisme personnel ni influence inappropriée, et le processus s’est déroulé selon les principes d’ouverture, de concurrence, de transparence et de respect de la demande de propositions.»

Un projet de marché important et complexe

Le projet des navires de combat canadiens est le projet de marché le plus important et le plus complexe jamais entrepris par le gouvernement du Canada. Les navires obtenus formeront l’épine dorsale de notre Marine royale canadienne, ainsi que le cœur de la force de frappe navale de surface du Canada pour les décennies à venir.

La Marine royale canadienne doit acquérir en effet une quinzaine de nouveaux navires de combats afin de remplacer les 12 frégates actuelles de classe Halifax et les trois – désormais décommissionnés – destroyers de classe Iroquois.

Le directeur parlementaire du budget, Jean-Denis Fréchette, estimait en 2017 dans son rapport intitulé «Le coût des navires de combats canadiens» que le budget réel pour obtenir les 15 navires demandés est de 61,8 milliards $ au lieu des 26,2 milliards $ planifiés par le gouvernement conservateur en 2008.

Dans le communiqué annonçant le choix de Lockheed pour la conception des navires, Ottawa assure être «déterminé à faire preuve d’ouverture et de transparence à chaque étape du processus d’approvisionnement».

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