Manip sur les réseaux sociaux, les Forces armées veulent garder l’oeil ouvert

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(MDN).

Face à la menace que représentent la manipulation, le mensonge et la désinformation sur les réseaux sociaux, la Défense nationale et les Forces armées canadiennes veulent garder l’œil ouvert …et le bon, cette question en étant aussi une de défense nationale.

Le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes, qui ont besoin de moyens pour rapidement reconnaître l’utilisation à mauvais escient des médias sociaux, des communications de masse et d’autres outils utilisés pour influencer les publics cibles, évaluer cette utilisation et réagir, ont donc invité dans le cadre du programme d’innovation pour la défense, l’excellence et la sécurité (IDEeS) les chercheurs et les entreprises à leur soumettre …leurs idées.

Afin de développer et de maintenir les capacités pour relever les défis actuels dans un monde en constante évolution, la Défense nationale a lancé le programme IDEeS en avril dernier.

Le programme a pour mission notamment de créer des réseaux d’innovateurs (milieu universitaire, industrie, particulier et autres partenaires) pour mener des travaux de pointe en recherche et développement dans des domaines essentiels aux futurs besoins en défense et en sécurité.

Et la détection et la réponse aux activités d’information hostiles en est certainement un.

Certains états et protagonistes non étatiques se livrent à des activités d’influence hostiles (p. ex., techniques fondées sur l’information, imposture et manipulation d’images) pour ternir la réputation, dénigrer les valeurs, affaiblir la cohésion et l’autorité ainsi que pour freiner les processus décisionnels d’un pays, indique la Défense nationale sur le site du programme IDEes.

Bien que cette menace plane sur beaucoup de pays, ils ne sont pas tous conscients de leur existence, déplore la Défense canadienne. «On pense que la plupart des activités d’influence hostiles se déroulent dans des contextes et des tribunes qui ne sont pas surveillés par l’appareil de sécurité des pays ciblés. Mais, même lorsque les pays sont conscients de ces activités subversives, ils élaborent rarement des stratégies et des plans pour mettre leur population à l’abri des dommages potentiels ou pour réagir habilement afin d’en atténuer les conséquences.»

Soulignant la nécessité de prendre conscience des situations dans lesquelles des activités hostiles sont engagées, de comprendre les segments de la population ciblés et leur vulnérabilité face à la manipulation et les éléments déclencheurs et les seuils de mobilisation, la Défense dit avoir notamment besoin d’indicateurs fiables grâce auxquels il sera possible de savoir quand les activités d’influence produisent l’effet souhaité (p. ex., un changement mesurable de l’opinion ou du sentiment d’une population).

Elle invite donc les chercheurs à élaborer une typologie des activités d’influence hostiles dans le passé contre le Canada, à l’aide d’exemples et d’études de cas pour dégager les tendances précisément liées aux stratégies et aux techniques de médias sociaux pour l’organisation d’attaques (p. ex., susciter la sympathie, exercer de l’influence et obtenir du financement); à déterminer des indicateurs de changement dans l’opinion et du comportement du public, ainsi que les déclencheurs et les seuils connexes; et à élaborer des outils et des méthodes (p. ex., un outil d’avertissement tactique) pour détecter les activités hostiles qui touchent les intérêts canadiens.

Elle les invitent également à effectuer des recherches sur les motifs, l’intention, les stratégies et les techniques liées aux médias sociaux fondées sur l’information des antagonistes pour élaborer un cadre permettant de déterminer, d’évaluer et de réagir habilement aux activités d’influence hostiles menées sur les médias sociaux.

La Défense cherche aussi à comprendre comment et quand les activités d’influence hostile sont utilisées pour exploiter les sensibilités culturelles, pour alimenter les tensions interculturelles ou affaiblir la cohésion sociale.

Parce que les guerres ne se font pas qu’à coup de canons.

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