Missiles: l’Otan cherche à apaiser les tensions entre Moscou et Washington

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Des marines américains sécurisent une piste d’atterrissage lors d’un entraînement d’assaut aérien à la base aérienne de Keflavik en Islande, le 17 octobre 2018, en préparation de la dernière partie de l’exercice Trident Juncture en Norvège. (DVIDS/US Marine Corps/Sgt. Devin J. Andrews)

L’Otan a « exhorté » mercredi la Russie à respecter le traité conclu en 1987 sur les armes nucléaires après la menace des Etats-Unis de le dénoncer et a averti Moscou au cours d’une réunion de concertation à Bruxelles de sa « détermination à assurer sa sécurité ».

La concertation s’est déroulée au niveau des ambassadeurs des deux blocs au sein de l’instance de consultation du conseil Otan-Russie au siège de l’Alliance à Bruxelles. La réunion a duré trois heures et demie, a précisé un diplomate.

« Les Alliés exhortent une nouvelle fois la Russie à pleinement respecter sans délai le traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (FNI) conclu en 1987″, a annoncé l’Otan dans un communiqué publié à l’issue de la réunion.

« Nous sommes prêts à poursuivre le dialogue sur cette question avec la Russie, mais en tant qu’Alliance, nous sommes également déterminés à prendre des mesures efficaces pour continuer à assurer la sûreté et la sécurité de tous les Alliés », a averti l’Alliance.

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a déploré que la Russie n’ait pas répondu aux préoccupations exprimées par l’Otan sur son nouveau système de missiles 9M729 ou SSC-8, ajoute le communiqué.

L’Otan considère que « le système de missiles 9M729 constitue un risque sérieux pour la stabilité stratégique de la zone euro-atlantique ».

Le représentant russe a assuré que le nouveau système de missiles ne violait pas le traité et a répété que Moscou allait fournir les explications demandées, a-t-on appris de source diplomatique.

Les alliés européens au sein de l’Otan considèrent que le traité FNI est essentiel pour la sécurité en Europe et se sont dits très préoccupés par le potentiel de risques que représente la dénonciation du traité FNI par les Etats-Unis.

« La crises des euromissiles en 1977 est toujours présente dans les esprits », a rappelé un diplomate.

Washington et Moscou ont été appelés à calmer le jeu, mais « c’est très difficile », a-t-il ajouté.

Le président russe Vladimir Poutine a averti la semaine dernière que l’abandon du traité sur les FNI pourrait conduire à une nouvelle course aux armements et a promis de réagir en conséquence si les États-Unis déployaient de nouveaux missiles sur le sol européen.

La réunion a également tenté de dissiper les tensions provoquées par les manœuvres menées par l’Otan en Norvège. Jens Stoltenberg a informé le représentant russe sur les objectifs de l’exercice Trident Juncture et la Russie a fait un exposé sur l’exercice Vostok 2018, a indiqué le communiqué de l’Otan.

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