Nouvel accès de violence à Gaza, Israël accuse la Syrie et l’Iran

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Un panache de fumée s’élève dans le ciel de Gaza après des bombardements israéliens, le 27 octobre 2018. (AFP/MAHMUD HAMS)

Israël a accusé samedi la Syrie d’avoir ordonné avec l’aide de l’Iran le tir de dizaines de roquettes depuis l’enclave palestinienne de Gaza vers son territoire promettant que sa riposte « ne sera pas limitée géographiquement »

Peu de temps après, le groupe radical palestinien Jihad islamique a indiqué à l’AFP qu’une trêve « immédiate » avait été conclue à la suite d’une médiation égyptienne et que les tirs de roquettes de Gaza allaient être stoppés « en échange de l’arrêt de l’agression israélienne ».

Ni Israël ni l’Egypte n’ont commenté immédiatement ces déclarations du deuxième groupe armé à Gaza.

La bande de Gaza et le sud d’Israël, qui borde ce territoire, ont connu une nouvelle flambée de violences entre vendredi et samedi matin.

Six Palestiniens ont été tués lors de heurts avec l’armée israélienne durant les manifestations hebdomadaires du vendredi, une quarantaine de roquettes de Gaza ont ensuite été tirées vers Israël qui a riposté par des dizaines de frappes aériennes sur le territoire palestinien.

Ces violences interviennent alors que des pourparlers indirects sont en cours avec l’aide de l’Egypte pour tenter de réduire la tension entre Israël et la bande de Gaza, gouvernée par le mouvement islamiste Hamas et qui est sur le point « d’imploser » en raison des pénuries affectant la population et d’un strict blocus israélien, selon l’ONU.

– « Riposte pas limitée » –

« Les tirs de roquettes dans la nuit sur Israël ont été ordonnés par Damas avec l’implication claire des Gardiens de la Révolution », l’armée d’élite de l’Iran, a accusé le porte-parole de l’armée israélienne, Jonathan Conricus.

Israël n’a pas de relations diplomatiques ni avec la Syrie ni avec l’Iran qu’elle considère comme son ennemi dans la région. Téhéran est un des plus proches alliés du régime de Bachar al-Assad dans la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011 et Israël ne cesse de dénoncer sa présence dans ce pays.

L’Etat hébreu a déjà mené des frappes en Syrie, contre des objectifs syriens mais aussi du Hezbollah libanais soutenu par l’Iran.

Les roquettes tirés vers Israël n’ont fait ni morts ni blessés, d’après l’armée israélienne. Dix-sept des ces engins ont été interceptés par le système israélien de défense aérienne Iron Dome, d’autres sont tombés dans des champs. Sept civils choqués ont dû être traités par des médecins, selon des sources médicales.

Le porte-parole de l’armée israélienne a souligné devant des journalistes que la riposte israélienne « ne sera pas limitée géographiquement », quelques heures après que l’aviation a mené frappes contre « 90 cibles du Hamas » à Gaza et huit du Jihad islamique.

Le Hamas n’a pas revendiqué le lancement des roquettes, mais Israël tient le mouvement islamiste responsable de tous les tirs partant de l’enclave dans la mesure où c’est lui qui la gouverne.

Neuf personnes ont été blessées par ces raids israéliens, selon le ministère de la Santé à Gaza. Un bâtiment de quatre étages a été complètement détruit, selon des correspondants de l’AFP.

Six Palestiniens ont trouvé la mort lors des manifestations qui ont lieu chaque vendredi depuis plusieurs mois le long de la barrière de sécurité séparant Israël de Gaza. Cinq ont été tués par des tirs de l’armée israélienne, selon le ministère de la Santé à Gaza et un est mort dans l’explosion d’une grenade qu’il transportait.

Au moins 213 Palestiniens ont été tués depuis que ces manifestations ont commencé, selon un comptage effectué par l’AFP. Un soldat israélien a été tué par un sniper palestinien au cours de la même période.

– Éviter une nouvelle guerre –

Les manifestants réclament ce qu’ils appellent le « droit au retour » de réfugiés palestiniens et la levée du blocus qu’Israël impose à la bande de Gaza.

Le gouvernement israélien accuse le Hamas, considéré par une grande partie de la communauté internationale comme une organisation terroriste, d’orchestrer ces manifestations parfois violentes.

Israël et le Hamas se sont livré trois guerres depuis 2008.

L’Egypte, frontalière de la bande de Gaza, et l’ONU parrainent des négociations indirectes entre le Hamas et Israël pour tenter d’éviter que n’éclate un nouveau conflit ouvert.

Le quotidien panarabe al-Hayat a affirmé vendredi qu’un accord avait été atteint, aux termes duquel les manifestations cesseraient en échange d’un allègement du blocus israélien.

Des responsables du Hamas ont démenti qu’un accord ait été conclu mais ont confirmé à l’AFP que des progrès avaient été réalisés.

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