Pompeo: Kim prêt à autoriser des inspecteurs sur son site nucléaire démantelé

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Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un à Pyongyang, sur une photo prise le 7 octobre 2018 et fournie par l’agence officielle nord-coréenne KCNA. (KCNA VIA KNS/AFP/KCNA VIA KNS)

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a annoncé lundi que des inspecteurs internationaux seraient autorisés à visiter le site d’essais nucléaires démantelé par Pyongyang, après une rencontre avec Kim Jong Un qui a produit selon lui des « progrès significatifs » sur la dénucléarisation.

Le secrétaire d’Etat américain a rencontré le dirigeant nord-coréen dimanche dans la capitale nord-coréenne. Il s’agissait de relancer des pourparlers de dénucléarisation qui patinaient depuis le sommet historique de M. Kim avec le président américain Donald Trump en juin à Singapour.

« Le président Kim a déclaré qu’il était prêt à les autoriser à rentrer » sur le site de tests nucléaires de Punggye-ri, a déclaré M. Pompeo.

Le Nord a démantelé en mai ce site souterrain, théâtre de ses six test nucléaires, mais n’en a pour l’heure pas permis l’accès à des observateurs internationaux afin qu’ils vérifient qu’il a effectivement été rendu inopérant.

Le site comprenait plusieurs tunnels creusés sous une montagne granitique de 2.000 m d’altitude dans le Hamqyong du Nord, province du nord-est frontalière de la Chine.

Les inspecteurs pourront le visiter dès que les deux parties se seront accordées sur les questions « logistiques », a ajouté M. Pompeo devant la presse, avant de s’envoler pour Pékin, dernière étape d’une tournée asiatique qui l’a aussi conduit au Japon et en Corée du Sud.

A Singapour, M. Kim avait réitéré un engagement nord-coréen vague en faveur de la dénucléarisation de la péninsule. Mais les Etats-Unis militent pour le maintien des sanctions tant que le Nord n’aura pas procédé à sa « dénucléarisation finale et entièrement vérifiée ».

Processus long

M. Pompeo n’a cependant rien dit sur ce que pourraient être d’éventuelles « mesures correspondantes » américaines.

La dénucléarisation de la Corée du Nord est un « processus long », a-t-il déclaré. « Nous avons fait des progrès significatifs ».

Un haut diplomate américain a également annoncé que les deux pays étaient « assez près » de fixer une date et un lieu pour le deuxième sommet Kim/Trump.

Pompeo et Kim ont eu une « bonne rencontre », a twitté Donald Trump, avant d’ajouter: « j’attends avec impatience de revoir le président Kim, dans un avenir proche ».

C’était la quatrième fois que M. Pompeo se rendait à Pyongyang.

A cette occasion, M. Kim a « exprimé sa gratitude envers le président Trump pour ses efforts sincères » visant à la mise en oeuvre de l’accord de Singapour, a expliqué l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

« Kim Jong Un a apprécié le développement positif de la situation dans la péninsule coréenne (…) (et a) expliqué en détail les propositions pour résoudre la question de la dénucléarisation », a poursuivi KCNA.

Le journal nord-coréen Rodong Sinmun a fait sa une de l’événement, publiant huit photos des deux hommes en train de se serrer la main tout sourires.

– « Ordre nouveau » –

Lors d’une précédente visite en Corée du Nord, en juillet, M. Pompeo avait déjà fait état de « progrès ». Ce qui n’avait pas empêché Pyongyang de condamner quelques heures après son départ les « méthodes de gangster » des Américains accusés d’exiger son désarmement unilatéral sans faire de concession.

Le mois dernier, le ministre nord-coréen des Affaires étrangères a annoncé aux Nations unies qu’il était « hors de question » que son pays désarme en premier tant que les sanctions resteraient en vigueur.

Le président sud-coréen Moon Jae-in, principal architecte de la spectaculaire détente en cours sur la péninsule, a estimé lundi que de prochaines rencontres entre M. Kim et les présidents chinois et russe étaient dans les tuyaux.

« Un ordre nouveau est en train de naître sur la péninsule coréenne », a ajouté M. Moon.

Pyongyang avance à grand pas sur la voie de la diplomatie et les analystes jugent que Washington risque d’être rapidement acculé à lâcher du lest sur les sanctions.

« La Corée du Nord renforce ses liens avec la Chine et la Russie si bien que les Etats-Unis qui maintiennent le régime des sanctions sont sur la corde raide », a déclaré Hong Hyun-ik, analyste à l’Institut Sejong.

« Le président Trump est très près de perdre le contrôle ».

Moscou et Pékin, alliés traditionnels du Nord, viennent d’appeler à un relâchement de la pression sur Pyongyang devant le Conseil de sécurité de l’ONU, jugeant que les mesures vers « un désarmement graduel doivent précéder un allègement des sanctions ».

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