La prochaine rotation du détachement au Mali termine son entraînement de terrain (PHOTOS/VIDÉO)

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Simulation d'évacuation sanitaire de jour, à Kingston, le 19 octobre 2018. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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La validation du groupe de militaires qui vont prendre le chemin du Mali en janvier prochain s’est terminée avec succès à Kingston. 45eNord.ca a pu assister aux derniers jours de l’exercice.

Les hélicoptères CH-147F Chinook, du 450e Escadron tactique d’hélicoptères (Petawawa), et les hélicoptères CH-146 Griffon, du 430e Escadron tactique d’hélicoptères (Valcartier) ont pris récemment part à un entraînement d’évacuation médicale d’urgence, en prévision de leur déploiement prochain en soutien à l’Opération PRÉSENCE, au Mali.

La contribution du Canada à la mission des Nations Unies au Mali comprend environ 250 personnes, dont trois hélicoptères Chinook et cinq hélicoptères Griffon.

Le rôle principal des Canadiens, qui se trouvent à Gao (dans le nord du pays) est d’assurer l’évacuation médicale d’urgence des forces de l’ONU et des forces locales blessées sur le terrain, grâce aux Chinook, tandis que le deuxième rôle est de transporter troupes et matériel alliés d’un point A au point B. Les appareils Griffon servent quant à eux d’escortes armées à l’appui des Chinook.

La mission doit se conclure d’ici la fin juillet de l’année prochaine.


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Le sergent Alexandre Robitaille, de l’Escadrille d’évacuation sanitaire aérienne des Forces canadiennes, explique que le défi est de commencer tout à zéro. « Le docteur, les officiers des soins intensifs, l’infirmière et les deux techniciens médicaux doivent apprendre à travailler ensemble, dans un nouvel hélicoptère et développer des façons de travailler tout en sécurisant l’équipement ».

Précisant sa pensée, le sergent développe: « Travailler dans un Chinook est complètement différent. Il y a les vibrations, les changements de directions, le bruit… la force de protection doit travailler avec eux, le personnel naviguant… pour faire leur travail correctement plus tard, ce qu’on fait ici c’est vraiment de la répétition des actions en les mettant dans différentes situations ».

« Ce que l’on fait en arrière dans le Chinook, c’est capital pour le patient qu’on ramène. Il faut qu’on soit capable de performer à haut niveau et c’est pour ça qu’on fait cet entraînement là », de conclure le sergent Robitaille.

Durant les deux semaines qu’a duré l’exercice de certification du détachement, les hélicoptères ont volé plusieurs fois par jour avec de multiples scénarios.

Ces scénarios ont été conçus pour préparer la Force opérationnelle à travailler dans un milieu complexe qui s’apparente à celui où se déroulera l’opération de soutien de la paix au Mali.

Plusieurs exemples simples des nouvelles pratiques à faire par l’équipe médicale: ne pas sortir avec une civière pointé dans les airs en raison des pales de l’hélicoptère, ne rien laisser de « lousse » à bord, ou bien travailler à genoux dans l’hélicoptère tout en portant des vestes balistiques, être en contact constant avec le personnel naviguant et avec la protection de la force..

Finalement, le tout dernier scénario mis en place a eu lieu au terrain de parade McNaughton, à la Base des Forces canadiennes Kingston.

Plusieurs blessés suite à l’explosion d’un engin devaient être évacués. Or, difficulté supplémentaire, les militaires devaient faire face à une trentaine de personnes curieuses, prenant photos et vidéos pour certaines, simulant une population locale. De plus, une milice locale jouée par plusieurs membres en uniforme, a tenté d’interférer dans l’évacuation médicale.

Les membres de la future roto 1 de l’Opération PRESENCE ont poursuivi leur entraînement dans les jours suivants, cette fois, en classe, avec des présentations sur l’histoire du Mali, la situation politique, la langue et le niveau d’éducation, la perception de la MINUSMA par la population, et bien sûr ce qu’il faut faire et ne pas faire en ce qui concerne les normes culturelles et les interactions avec la population.

Ne reste désormais plus qu’une chose à faire pour eux: attendre que le jour J du déploiement arrive, après les fêtes de fin d’année !