Washington annule un nouvel exercice militaire en Corée du Sud

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Washington annule un nouvel exercice militaire en Corée du Sud, l’exercice « Vigilant Ace » qui était prévu en décembre. (You Tube)

Le ministre américain de la Défense Jim Mattis et son homologue sud-coréen Jeong Kyeong-doo ont décidé d’annuler l’exercice militaire « Vigilant Ace » prévu en décembre, un geste envers Pyongyang visant à faciliter les négociations sur le programme nucléaire nord-coréen.

Les deux ministres veulent ainsi « donner au processus diplomatique » avec Pyongyang « toutes les chances de se poursuivre », a annoncé vendredi Dana White, porte-parole du Pentagone, dans un communiqué publié à Washington.

Le secrétaire américain à la Défense Mattis a eu une rencontre trilatérale vendredi à Singapour avec M. Jeong et le ministre japonais de la Défense Takeshi Iyawa, en marge d’une conférence internationale.

Cette décision s’inscrit dans les préparatifs d’un deuxième sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un après le premier, historique, du 12 juin à Singapour.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dit vendredi que ce nouveau tête-à-tête aurait lieu « dans un futur très proche ». Il devrait, a-t-il précisé, être précédé d’ici une dizaine de jours par une réunion à Washington entre lui-même et un de ses homologues nord-coréens, « afin que lors de leur sommet, les deux dirigeants puissent vraiment faire un autre grand pas vers la dénucléarisation ».

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dit vendredi espérer recevoir d’ici une dizaine de jours à Washington son homologue nord-coréen pour continuer à préparer le nouveau sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un.

Interrogé par la chaîne Voice of America sur la possibilité que ce deuxième tête-à-tête entre le président des Etats-Unis et le dirigeant de la Corée du Nord ait lieu « dans un futur très proche », il a répondu « oui ».

« Je ne peux pas vous dire à quelle date car elle n’a pas encore été fixée », a-t-il ajouté en marge d’un déplacement à Mexico. « Nous travaillons pour trouver des dates et des endroits qui conviennent aux deux dirigeants. »

« J’ai très bon espoir de pouvoir avoir des réunions entre hauts responsables » à Washington « d’ici une semaine et demi environ, entre moi-même et mon homologue, pour poursuivre le dialogue afin que lors de leur sommet, les deux dirigeants puissent vraiment faire un autre grand pas vers la dénucléarisation », a encore expliqué Mike Pompeo.

Interrogé par l’AFP, le département d’Etat n’a pas précisé dans l’immédiat de quel homologue il s’agissait. Jusqu’ici, il a surtout négocié avec le bras droit du dirigeant nord-coréen, Kim Yong Chol, qui s’est rendu aux Etats-Unis au printemps, mais en septembre le secrétaire d’Etat américain s’était aussi entretenu à New York avec le ministre des Affaires étrangères Ri Yong Ho.

Donald Trump et Kim Jong Un se sont rencontrés pour la première fois le 12 juin à Singapour lors d’un sommet historique.

L’homme fort de Pyongyang s’était alors engagé en faveur d’une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ». Mike Pompeo a été chargé, côté américain, des négociations de suivi pour mettre en musique cet engagement vague, et s’est rendu à deux reprises depuis cet été en Corée du Nord.

Après un passage à vide et le mécontentement de Washington face à l’absence de progrès concrets, le dialogue a repris fin septembre et Donald Trump a accepté de revoir Kim Jong Un, sur lequel il ne tarit plus d’éloges après en avoir dit le plus grand mal au cours de toute l’année 2017.

« Le président Kim nous a dit qu’il avait pris la décision stratégique de dire qu’il n’avait plus besoin de son arsenal nucléaire pour que son pays réussisse, c’est un très grand défi pour un dirigeant nord-coréen », a estimé vendredi le secrétaire d’Etat américain. « Je suis très heureux qu’il ait pris cette décision, mais sa mise en oeuvre est complexe et prendra du temps. »

Mike Pompeo s’était rendu il y a deux semaines à Pyongyang pour relancer des pourparlers qui patinaient sur ce dossier.

« Il y a encore pas mal de travail à faire », mais « nous pouvons maintenant voir un chemin pour atteindre l’objectif final, qui est la dénucléarisation vérifiée de la Corée du Nord », avait-il alors commenté.

Après les manœuvres Ulchi Freedom Guardian, qui ont lieu chaque année début septembre, et deux exercices navals américano-sud-coréens, l’exercice militaire Vigilant Ace est le quatrième à être annulé en Corée du Sud depuis le sommet Trump-Kim en juin.

Le Pentagone ajoute que « les deux ministres sont déterminés à modifier les manœuvres militaires pour s’assurer de la bonne préparation des forces » des deux pays, une formulation qui laisse entendre que des exercices différents et plus réduits pourraient quand même avoir lieu.

« Ils se sont engagés à continuer à se coordonner étroitement », a poursuivi Mme White, précisant que le Japonais Iwaya a été « consulté » avant cette décision.

La Corée du Nord réclame depuis longtemps la fin de ces exercices qu’elle considère comme la répétition de l’invasion générale de son territoire. Pyongyang a souvent réagi en menant ses propres opérations militaires.

Vigilant Ace est un exercice aérien qui a lieu tous les ans début décembre en Corée du Sud pour améliorer la coordination entre les deux armées alliées et renforcer la préparation des troupes à une éventuelle invasion nord-coréenne. L’an dernier, 230 avions et quelque 12.000 soldats américains et sud-coréens y avaient participé.

En août, M. Mattis avait annoncé la fin de la suspension des exercices militaires alliés sur la péninsule coréenne, décidée comme un « geste de bonne volonté » après le sommet de Singapour. Il s’était gardé d’annoncer une date précise pour la reprise des manœuvres militaires.

« Nous allons voir comment les négociations se passent et nous verrons », avait-il dit.

Fin septembre, le nouveau commandant des forces américaines en Corée du Sud, le général Robert Abrams, avait estimé que la pause dans les exercices militaires représentait un « risque prudent » destiné à améliorer les relations avec Pyongyang.

Mais il y a « certainement eu une dégradation dans le niveau de préparation de la force, des forces combinées », avait-il ajouté devant la commission des Forces armées du Sénat, qui avait confirmé sa nomination.

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