Afghanistan: le président Ghani va briguer un nouveau mandat

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Le président de l’Afghanistan Ashraf Ghani lors d’un rassemblement à Kaboul, le 22 septembre 2014 (Archives/Wakil Kohsar/AFP)

Le président afghan Ashraf Ghani va briguer un nouveau mandat à l’élection présidentielle prévue en avril 2019, ont indiqué ses services samedi.

M. Ghani, qui avait été élu en 2014 lors d’un scrutin controversé, devrait se présenter comme le candidat à même de mettre fin à la guerre qui ravage le pays depuis 17 années, mettant à profit les actuelles tentatives de pourparlers de paix impliquant les Etats-Unis et les talibans.

« Je peux confirmer que le président Ghani va chercher à se faire réélire l’an prochain », a déclaré son porte-parole Shah Hussain Murtazawi à l’AFP.

M. Ghani, qui avait choisi comme co-équipier en 2014 le controversé dirigeant ouzbek Abdul Rashid Dostum, n’a pas encore annoncé avec qui il souhaitait s’allier cette fois-ci.

On ignore aussi qui seront ses adversaires lors du vote, prévu le 20 avril.

Parmi les personnalités mentionnées figurent notamment le chef de l’exécutif Abdullah Abdullah et l’ancien conseiller à la sécurité nationale Mohammad Haneef Atmar.

L’ancien gouverneur de la province de Balkh Atta Mohammad Noor, qui avait provoqué au printemps une longue crise politique avec M. Ghani en refusant de démissionner, s’est dans le passé déclaré intéressé.

Le processus d’investiture démarre le 10 novembre, jour où la Commission électorale indépendante devait initialement publier les résultats provisoires des élections législatives du 20 octobre, dont le déroulement a été marqué par la violence et le chaos et qui avaient été présentées comme une répétition avant le scrutin présidentiel de 2019.

La publication des résultats de toutes les provinces à l’exception de celle de Kaboul a à présent été repoussée au 23 novembre, a indiqué samedi un porte-parole de la Commission, Hafizullah Hashimi.

Les résultats de la province de Kaboul seront rendus publics le 1er décembre, a-t-il ajouté.

Les années de présidence de M. Ghani ont été marquées par une violence croissante, un niveau record de victimes civiles, et de profondes divisions politiques et ethniques entre Afghans.

Selon un sondage américain publié fin octobre, les Afghans, découragés par un conflit qui n’en finit plus, sont plus pessimistes que jamais.

Plus de 8.000 personnes ont été tuées ou blessées entre janvier et septembre en Afghanistan, où le nombre de victimes pourrait dépasser cette année celles enregistrées en Syrie.

La Russie annonce une rencontre internationale sur l’Afghanistan vendredi prochain

Par ailleurs, la Russie a annoncé samedi qu’elle allait accueillir le 9 novembre une rencontre internationale sur l’Afghanistan à laquelle doivent participer à la fois des représentants du gouvernement afghan et des talibans.

Le président afghan Ashraf Ghani et le mouvement des talibans ont tous deux donné leur accord à l’envoi de délégations, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué publié samedi.

« C’est la première fois qu’une délégation du Bureau politique des talibans à Doha participera à des discussions à un tel niveau », précise le communiqué.

Le ministère afghan des Affaires étrangères s’est cependant montré moins enthousiaste à propos de cette rencontre en refusant pour l’heure de confirmer la participation du gouvernement afghan.

« Nous sommes toujours en train de négocier et discuter avec les responsables russes (sur cette rencontre, ndlr). Nous n’avons pas encore abouti à un accord », a affirmé à l’AFP un porte-parole du ministère afghan des Affaires étrangères, Sebghatullah Ahmadi.

Selon la diplomatie russe, Moscou a également invité les Etats-Unis à envoyer une délégation, ainsi que l’Inde, l’Iran, la Chine, le Pakistan et cinq ex-républiques soviétiques d’Asie centrale, parmi lesquelles l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan, frontaliers de l’Afghanistan.

« La Russie réaffirme sa position, à savoir qu’il n’y a pas d’alternative à un règlement politique dans la république islamique d’Afghanistan », conclut le communiqué.

Fin août, la Russie avait déjà annoncé préparer une réunion internationale sur l’Afghanistan pour le 4 septembre, en précisant y avoir invité les talibans.

Mais une semaine après cette déclaration, la Russie a annoncé le report de la rencontre à la suite d’un entretien téléphonique entre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le président afghan Ashraf Ghani, ce dernier ayant jugé, selon Moscou, que la partie afghane avait besoin de plus de temps pour « établir une position consolidée sur cette question ».

Les Etats-Unis ont à plusieurs reprises tenté de relancer les négociations directes avec les talibans, et deux rencontres bilatérales ont eu lieu ces derniers mois au Qatar, la dernière le 12 octobre. Les talibans refusaient de négocier avec le gouvernement afghan, estimant être le gouvernement légitime de l’Afghanistan, renversé par les Etats-Unis il y a 17 ans, et demandant donc à négocier directement avec les Etats-Unis.

En avril 2017, Moscou avait tenu une conférence internationale sur l’Afghanistan, à laquelle les Etats-Unis avaient choisi de ne pas participer. Les talibans n’y étaient pas présents non plus.

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