Afghanistan: l’EI revendique l’attentat-suicide dans la mosquée d’une base militaire

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Des soldats de l’Armée nationale afghane durant une cérémonie de graduation (Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué samedi l’attentat-suicide perpétré à l’intérieur d’une mosquée dans un camp militaire de l’est de l’Afghanistan qui a fait 27 morts vendredi selon une source gouvernementale.

Au moins 79 soldats ont été blessés dans l’attaque lorsque le kamikaze a fait exploser sa charge au moment de la prière du vendredi à l’intérieur de la mosquée bondée, selon un décompte effectué auprès des hôpitaux publics et privés de la province.

Dans sa revendication via son site de propagande Amaq, l’EI annonce avoir tué 50 soldats et blessé 110 autres.

Mais un responsable du gouvernement, sous couvert d’anonymat, a indiqué à l’AFP que 27 soldats avaient été tués et 44 blessés.

Le porte-parole de la province de Khost (est), Taliban Mangal, a déclaré à l’AFP que 13 soldats ont été tués et « environ » 40 autres blessés.

Les responsables du gouvernement et les autorités militaires sont fréquemment soupçonnés de minimiser les bilans des crimes des groupes insurgés.

« Une enquête a été lancée » pour comprendre le déroulement de cette attaque, a indiqué le porte-parole de la présidence afghane, Haroon Chakhansuri.

« C’est une attaque similaire à ce qui s’était produit contre le 209e corps d’armée » à Mazar-i-Sharif en avril 2017 lorsque des talibans, pour certains des anciens de la base militaire, avaient tué près de 150 jeunes recrues, la plus meurtrière attaque jamais perpétrée en Afghanistan.

« Ceux qui n’ont pas rempli leurs devoirs seront poursuivis en justice », a ajouté M. Chakhansuri.

Un communiqué du gouverneur de Khost a confirmé qu’une « délégation haut gradée est arrivée de Kaboul afin de mener l’enquête ».

Le président Ashraf Ghani avait condamné dimanche cette « attaque terroriste » menée par « les ennemis de l’Afghanistan », la qualifiant d' »anti-islamique, inhumaine ».

Cet attentat est survenu trois jours après un autre attaque-suicide perpétrée mardi à Kaboul lors d’un rassemblement religieux célébrant la naissance du prophète Mahomet. Au moins 55 personnes ont été tuées et 94 blessées. Il n’a pas été revendiqué.

L’EI revendique également l’attentat-suicide de vendredi dans les zones tribales au Pakistan

Le groupe État islamique (EI) a revendiqué samedi l’attentat-suicide survenu vendredi dans un marché des zones tribales pakistanaises (Nord-Ouest), qui a fait 33 morts et plus de cinquante blessés.

L’EI, dans son communiqué publié sur Amaq, son agence de propagande, affirme avoir visé et tué un grand nombre de chiites dans cette attaque.

L’attentat-suicide, survenu lors du marché du vendredi à Kalaya, une ville à majorité chiite, dans le district tribal d’Orakzai, a tué 33 personnes, a déclaré à l’AFP le cadre administratif Karim Iqbal. Le bilan était de 31 morts et plus de 50 blessés vendredi.

Le Pakistan nie la présence de l’EI sur son sol, même si le groupe a revendiqué certaines des attaques récentes les plus sanglantes dans le pays.

Frontalières de l’Afghanistan, les zones tribales forment une région où les talibans et Al-Qaïda ont longtemps opéré en toute impunité. Elles étaient devenues un des enjeux de la « guerre contre le terrorisme », dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Les États-Unis accusent fréquemment le Pakistan de tolérer la présence de sanctuaires d’insurgés dans ces territoires, ce qu’Islamabad dément.

Plusieurs attaques contre les forces de sécurité pakistanaises se sont produites ces derniers mois dans le nord-ouest du pays, ainsi que dans la province du Baloutchistan (Sud-Ouest), également frontalière de l’Afghanistan.

Le niveau des violences a toutefois fortement baissé dans le pays, selon une étude du CRSS, un centre de recherche pakistanais. Le nombre des personnes tuées dans les violences extrémistes, politiques ou criminelles, a ainsi chuté de 70% ces deux dernières années, avec 2.057 morts violentes rapportées l’année dernière, contre 6.574 en 2015.

Et en Syrie 47 combattants antidjihadistes morts dans des attaques de l’EI

Au moins 47 combattants d’une force kurdo-arabe soutenue par la coalition antidjihadistes emmenée par Washington ont été tués vendredi et samedi dans des contre-attaques du groupe État islamique (EI) dans l’est de la Syrie, selon une ONG.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) mènent depuis septembre une offensive contre un ultime réduit de l’EI dans l’est syrien, mais leur progression est ralentie par le mauvais temps, qui entrave aussi les raids aériens de la coalition internationale.

Les djihadistes offrent une résistance farouche dans cette poche située non loin de la frontière irakienne et lancent régulièrement des contre-attaques meurtrières pour défendre leur petit territoire dans ce secteur de la province de Deir Ezzor.

Vendredi et samedi, ils ont visé plusieurs positions des FDS, tuant 47 combattants, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

«Samedi à l’aube, ils ont lancé trois assauts distincts », a précisé à l’AFP le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahmane.

Les attaques ont visé selon lui les villages d’Al-Bahra et de Gharanij, mais aussi un secteur près du champ pétrolier d’Al-Tanak, en état d’activité mais aussi utilisé comme position militaire par les FDS.

Rien que samedi, 29 combattants des FDS ont été tués, selon M. Abdel Rahmane. Il précise qu’en deux jours d’affrontements, 39 djihadistes ont péri.

Un porte-parole des FDS, Mustefa Bali, a confirmé sur son compte Twitter « une série d’attaques » de l’EI mais assuré que les «terroristes» avaient essuyé des pertes humaines et battu en retraite.

M. Bali indique que les combats, menés par les FDS « avec le soutien de l’aviation de la coalition internationale », ont duré toute la journée.

Sur ses chaînes Telegram habituelles, l’EI a publié un communiqué parlant de combats près des villages d’Al-Bahra et Gharanij.

Raids «très limités»

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la conquête de vastes territoires en Syrie et en Irak, l’EI a été laminé par plusieurs offensives lancées dans ces deux pays.

Les FDS avaient été contraints fin octobre de reculer et de céder toutes les positions conquises auparavant dans le secteur, les djihadistes ayant déjà lancé à l’époque des contre-attaques meurtrières.

Peu après, ils avaient annoncé un arrêt temporaire de leur offensive, en raison de bombardements menés par leur grand ennemi la Turquie, contre des positions militaires kurdes dans le nord syrien. Dix jours plus tard toutefois, l’opération avait été relancée.

La coalition poursuit ses raids aériens contre la poche de l’EI, qui comprend notamment les localités de Hajine, Soussa et Al-Chaafa, sur la rive orientale de l’Euphrate.

Depuis vendredi, au moins 17 civils ont péri, selon l’OSDH, dans des frappes de la coalition visant ce réduit.

Contacté par l’AFP, le colonel Sean Ryan, porte-parole de la coalition, a assuré ne pas avoir reçu d’informations faisant état de victimes civiles. Il a parlé de raids de la coalition « très limités en raison du temps ».

Déclenché en 2011 avec la répression de manifestations pacifiques par le régime de Bachar al-Assad, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes djihadistes.

Il a fait plus de 360 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

«Gaz toxiques»

Dans le nord-ouest du pays, où se trouve l’ultime grand bastion rebelle et djihadiste, au moins neuf civils dont sept enfants ont été tués samedi dans des tirs d’artillerie du régime sur la province d’Idleb, selon un nouveau bilan de l’OSDH.

Les tirs ont visé la localité de Jarjanaz, située dans la « zone démilitarisée », fruit d’un accord le 17 septembre entre la Russie, alliée du régime, et la Turquie, parrain des rebelles, pour séparer les territoires insurgés d’Idleb des régions gouvernementales, dans le nord-ouest syrien.

L’accord pour une zone démilitarisée devait officiellement entrer en vigueur à la mi-octobre mais sur le terrain certaines dispositions n’ont pas été respectées, et des escarmouches opposent régulièrement les forces de Bachar al-Assad aux rebelles et djihadistes.

Plus tard en soirée, dans la métropole voisine d’Alep, tenue par le régime, une cinquantaine de cas de suffocation ont été rapportés et les médias officiels ont accusés les insurgés d’avoir mené une attaque aux « gaz toxiques ».

Le directeur des services de santé d’Alep, Ziad Hajj Taha, a évoqué une « probable » attaque « au gaz de chlore » alors qu’il était interrogé par la télévision étatique.

Ce n’est pas la première fois que les médias étatiques accusent les rebelles d’une attaque aux « gaz toxiques » contre Alep. A plusieurs reprises le régime a lui-même été accusé d’avoir mené des attaques chimiques meurtrières contre des bastions rebelles, ce qu’il a toujours réfuté.

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