Après un Forum sur la paix axé sur la gouvernance mondiale, Trudeau conclut sa visite en France

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Le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, le président russe Vladimir Poutine, et le Premier ministre canadien Justin Trudeau, au Forum de Paris sur la paix, le 11 novembre 2018. (POOL/AFP/Yoan VALAT)

À mi-chemin entre Davos et la COP21, Emmanuel Macron a voulu réunir chefs d’Etat et société civile à l’occasion du Forum de Paris sur la paix. Une initiative plutôt applaudie, qui assume de laisser sur la touche certains conflits actuels.

Dans la grande halle de la Villette, dans le nord de la capitale française, une centaine d’associations ou d’entreprises présentent jusqu’à mardi des initiatives pour améliorer la « gouvernance mondiale ».

« Comptez sur mon soutien », sourit le président kényan Uhuru Kenyatta, en quittant le stand de Kumekucha, une association de son pays qui lutte contre les violences dans les communautés rurales.

« C’est un lien qu’on essaie d’établir depuis 18 mois et là, le président est venu et nous a demandé de quel soutien nous avions besoin. Ce genre de forum a rendu la rencontre possible », se réjouit Angela Yoder-Maina, directrice de Green String Environment, une ONG partenaire du projet.

Cours de taekwondo pour réfugiés, charbon « écologique » dans l’est de la République démocratique du Congo ou fonds des Nations unies contre la malnutrition chronique (UnitLife), la diversité des stands donne au forum certains airs de foire aux projets.

Comme Uhuru Kenyatta, plusieurs chefs d’Etat ont déambulé dimanche dans le salon, pour aller à la rencontre des organisations présentes.

« C’est une double interpellation, à la fois très politique et par les porteurs d’initiatives très concrètes », souligne Rémy Rioux, directeur de l’Agence française de développement (AFD), partenaire de l’événement.

– « Pas un forum géopolitique » –

Si les chefs d’Etat n’ont passé que quelques heures sur place dimanche, le temps d’écouter Emmanuel Macron et Angela Merkel plaider pour le multilatéralisme, le forum se poursuit autour de plusieurs tables rondes sur des thèmes comme la cybersécurité, l’immigration et la guerre commerciale.

« Arriver à rassembler autant de chefs d’Etat sur une thématique de paix, sur un plan symbolique, dans une période de grande tension, je trouve que c’est important », note Pierre Servent, spécialiste des questions de défense et auteur du livre « Cinquante nuances de guerre ».

« Il y a une partie où il y a des beaux discours, de l’affichage qui a du sens mais qui ne débouche sur rien de concret. Mais ensuite il y a des ateliers qui sont utiles pour que les experts se rencontrent et approfondissent des discussions », poursuit-il.

Si le caractère symbolique de la manifestation a été quasi unanimement salué, plusieurs observateurs regrettent que l’accent n’ait pas été davantage mis sur les conflits en cours.

« Cela a du sens de se réunir, de discuter des enjeux de la planète et de pouvoir connecter des mondes qui ne se connectent pas facilement. Mais les sujets qui fâchent, le Yémen, la Syrie, les grandes crises humanitaires oubliées ne sont pas à l’ordre du jour », regrette Florent Geel, directeur Afrique pour la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH).

« La diplomatie, ce n’est pas simplement des projets, c’est une vision globale. Or aujourd’hui, ce forum n’est pas une étape sur un chemin d’un projet plus politique », dit-il, déplorant notamment l’absence de déclaration finale à l’issue de l’événement.

Un choix assumé par Justin Vaïsse, président de l’événement.

« Ce n’est pas un forum géopolitique, cela porte sur la gouvernance mondiale, pas sur la culture de la paix ou les efforts diplomatiques. Pour ça, il y a d’autres endroits comme l’ONU. On exclut tous les cas régionaux, on a fait ce choix éditorial », justifie t-il à l’AFP.

« On met sur l’agenda des leaders le fait que chaque année, on va parler ici du multilatéralisme, des intérêts collectifs », poursuit-il.

« Les populations directement concernées ne sont pas forcément là. Mais le forum est un outil pour remettre la paix à l’honneur, or il y a trop peu d’occasions comme celle-là », concède Pauline Chetcuti, d’Action contre la faim.

Mardi, en clôture du forum, plusieurs projets seront sélectionnés et bénéficieront d’un « accompagnement spécial » jusqu’en 2019, où une nouvelle édition de l’événement est déjà prévue.

Le premier ministre Trudeau conclut sa visite en France

Le premier ministre Justin Trudeau à Paris le 11 novembre 2018 avec les autres leaders mondiaux pour la cérémonie commémorative afin de souligner le 100e anniversaire de l’Armistice qui a marqué la fin de la Première Guerre mondiale. (PMO)

Le premier ministre Justin Trudeau a conclu aujourd’hui sa visite en France, où il a pris part aux activités commémoratives du 100e anniversaire de l’Armistice de la Première Guerre mondiale. Au cours de la visite, il a également participé au tout premier Forum de Paris sur la paix et au Sommet des GovTech.

Pour souligner le 100e anniversaire de l’Armistice qui a marqué la fin de la Première Guerre mondiale, le premier ministre a participé à des cérémonies commémoratives à Paris et au Monument commémoratif du Canada à Vimy. En compagnie du ministre des Anciens Combattants, Seamus O’Regan, le premier ministre Trudeau a également rencontré des anciens combattants canadiens, profitant de l’occasion pour les remercier de leur service et de leurs sacrifices.

Le premier ministre a ensuite participé au Forum de Paris sur la paix, où des dirigeants des domaines politique, économique et de la société civile se sont réunis pour discuter des façons de relever des défis mondiaux pressants. Dans le cadre du Forum, le Canada s’est joint à plusieurs autres États en appui à la Déclaration internationale sur l’information et la démocratie. Lors de son allocation, le premier ministre a insisté sur le fait qu’aucune vraie démocratie ne peut exister sans la liberté de la presse. Il a fait valoir l’importance de travailler ensemble à l’échelle internationale pour défendre la presse libre, protéger les journalistes et veiller à la liberté d’expression.

Le dernier jour de la visite, le premier ministre Trudeau était le conférencier principal au Sommet des GovTech. Il a souligné l’importance de mettre à profit les nouvelles technologies pour renforcer nos économies et améliorer la vie des gens à travers le monde.

Durant la visite, le premier ministre Trudeau a rencontré le président de la France, Emmanuel Macron, pour renforcer encore davantage les étroits liens d’amitié qui unissent le Canada et la France.

Le premier ministre Trudeau se rendra maintenant à Singapour pour participer à des activités en marge du 33e Sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE).

Citations

«C’était un honneur pour moi de rendre hommage aux Canadiens qui ont combattu et donné leur vie pendant la Première Guerre mondiale. Le 100e anniversaire de l’Armistice nous rappelle que les Canadiens en uniforme continuent de faire la force et la fierté de notre pays. Grâce à leur service, leur dévouement et leurs sacrifices, nous vivons dans un monde plus pacifique et plus sûr.», Justin Trudeau, premier ministre du Canada.

«Le Canada et la France entretiennent depuis longtemps des solides liens d’amitié, fondés sur notre histoire, notre langue commune et les valeurs que nous partageons. Lors du premier Forum de Paris sur la paix, nous nous sommes appuyés de ces valeurs pour faire avancer la paix, la sécurité et la démocratie dans le monde, notamment en défendant la liberté de la presse. Je suis impatient de poursuivre notre collaboration afin de bâtir un avenir meilleur pour tous.», Justin Trudeau, premier ministre du Canada.

Faits saillants

À titre de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, de l’OTAN, du G7 et du G20, et comme pays fondateur de l’Union européenne et partenaire majeur au sein de la Francophonie, la France est un allié important pour le Canada sur la scène internationale.

Le premier ministre Trudeau et le président Macron ont tous deux assisté à l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, du 24 au 26 septembre 2018.

La présidence canadienne du G7 se terminera lorsque la France assumera la présidence à compter du 1er janvier 2019.

*Avec AFP

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