Après la découverte du sous-marin argentin ARA San Juan, place à l’enquête

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Des morceaux de l’épave du sous-marin San Juan, sur une capture d’écran publiée le 18 novembre 2018. (OCEAN INFINITY/AFP /HO)

Après la découverte de l’épave du sous-marin argentin San Juan au fond de l’Atlantique, la justice va enfin pouvoir avancer dans l’enquête sur les causes de la tragédie, qui a entraîné la mort des 44 membres d’équipage.

Alors que les familles des disparus réclament que le sous-marin soit remonté à la surface, ce qui s’avérerait être une entreprise titanesque, la juge en charge du dossier Marta Yanez s’est montrée prudente.

« Il s’agit d’une embarcation remplie d’eau qui peut peser 2.500 tonnes, je ne vais pas prendre de risque de le faire remorquer, il peut se casser », a déclaré à des journalistes la juge fédérale.

En revanche, elle a sommé les officiers de la Marine argentine à bord du navire Seabed Constructor de la société américaine Ocean Infinity, qui a localisé l’épave dans la nuit de vendredi à samedi par 907 mètres de fond dans l’océan Atlantique, de lui remettre les photographies prises samedi par un module sous-marin.

« Je préfère conserver la preuve en l’état, car l’éventuelle remontée à la surface implique une possible rupture ou de le couper en morceaux », a ajouté la juge.

Pour l’heure, il n’y a pas eu de mises en examen dans le cadre de l’enquête, ouverte voici un an.

La disparition du submersible le 15 novembre 2017, alors qu’il naviguait vers sa base, a cependant entraîné la mise à l’écart fin 2017 du chef de la Marine argentine, Marcelo Srur.

Ocean Infinity, spécialisée dans les recherches sous-marines, dispose de 67.000 clichés de l’ARA San Juan, localisé à 400 km des côtes de l’Argentine.

Le Seabed Constructor, un des joyaux de la flotte d’Ocean Infinity qui dispose à bord de la technologie la plus sophistiquée, a appareillé dimanche vers Le Cap, en Afrique du Sud, pour une opération de maintenance, a annoncé dimanche la Marine argentine.

Une fois qu’elle sera effectuée, le bateau retournera dans la zone où le sous-marin s’est abîmé.

D’après les premiers éléments communiqués samedi par la Marine argentine, le submersible a implosé deux heures après la dernière communication avec la base navale de Mar del Plata, son port d’attache.

Le son d’une explosion sous-marine avait été enregistré et localisé près de l’endroit où le sous-marin a été localisé.

Dans un message, le président argentin Mauricio Macri a promis « la vérité nécessaire pour honorer et respecter nos héros et leur famille ».

« Une phase d’enquête sérieuse est amorcée pour connaître toute la vérité, une vérité pour laquelle nous nous sommes engagés dès le premier jour », a déclaré M. Macri, en annonçant un deuil national de trois jours.

En Argentine, la messe du dimanche devait comprendre un hommage aux 44 marins qui ont péri.

Le président argentin, qui s’est gardé d’évoquer la question sensible de l’extraction du submersible, a confié que « la confirmation de la mort des 44 membres d’équipages dans des circonstances dramatiques » était pour lui « une immense douleur ».

A l’Hôtel Tierra del Fuego de Mar del Plata, où ils sont logés, les familles des victimes s’apprêtaient dimanche à organiser une marche à la mémoire des « 44 coeurs d’acier ».

Depuis le Seabed Constructor, Luis Tagliapietra, père du lieutenant Alejandro Tagliapietra, a fait part de « sa profonde douleur et sa profonde angoisse. En même temps nous savons maintenant où ils sont. Nous n’allons pas baisser les bras tant que nous ne saurons pas pourquoi ».

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