Après un revers des anti-EI en Syrie, l’Irak redéploie des forces à la frontière

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Des forces irakiennes sont postées près du poste-frontière d’Al-Qaïm entre l’Irak et la Syrie le 1er novembre 2018. (AFP/MOADH AL-DULAIMI)

Remblais, tranchées, postes d’observation et colonnes de blindés: les troupes irakiennes renforcent leur présence à la frontière avec la Syrie, après le repli dans l’est de ce pays d’une force kurdo-arabe face à des contre-attaques du groupe Etat islamique (EI).

Depuis ce revers des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par une milice kurde et soutenues par la coalition anti-EI dirigée par Washington, « les terroristes se trouvent à 5 ou 6 km de nous, en territoire syrien », explique à l’AFP le général Qassem al-Mohammedi, chargé des opérations de la province d’al-Anbar.

Cette vaste province de l’ouest de l’Irak, longtemps un bastion des jihadistes, a été reprise fin 2017 par les troupes irakiennes qui ont dans la foulée annoncé la victoire sur l’EI.

Pour Bagdad, qui cherche depuis à rassurer investisseurs et partenaires diplomatiques, la sécurisation de la frontière, longtemps poreuse, est une priorité.

Dès que les FDS ont commencé à perdre du terrain à cause de contre-attaques meurtrières de l’EI et d’une tempête de sable ayant compliqué leur couverture aérienne, les forces irakiennes ont augmenté leur présence à la frontière.

Les unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi ont notamment été mobilisées, de même que l’armée qui est postée depuis plusieurs jours le long d’un remblais de terre surmonté de fils barbelés.

Des blindés patrouillaient entre des baraquements et des postes d’observation installés à intervalles réguliers, où des soldats gardaient leurs canons pointés vers la Syrie, tandis que des hélicoptères et des colonnes de blindés arrivaient en renfort, a constaté un vidéaste de l’AFP.

Côté syrien de la frontière, des portraits du président Bachar al-Assad surmontent des panneaux annonçant le poste douanier de Boukamal, tenu par l’armée syrienne.

Mi-octobre, Bagdad et Damas avaient annoncé vouloir rouvrir prochainement ce poste-frontière qui constituait avant la guerre un passage clé pour le transfert de marchandises entre les deux pays.

« Nous avons des tours de contrôle, des postes d’observation, des remblais de terre et des tranchées. Donc le retrait des FDS n’est pas une menace pour l’Irak », assure le lieutenant-colonel Abbas Mohammed, à la tête d’une unité de garde-frontières.

La coalition internationale estime à 2.000 le nombre de jihadistes encore présents dans la région de Hajine, dernier réduit de l’EI dans la province syrienne de Deir Ezzor, à quelques km du poste frontière.

Le groupe ultra-radical avait conquis en 2014 de larges pans des territoires irakien et syrien avant d’en être chassé et de se retirer dans quelques poches en Syrie, sous le coup d’offensives distinctes et concomitantes menées par le régime syrien et son allié russe d’un côté, et les FDS de l’autre.

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