Bangladesh: les Rohingyas se félicitent de l’échec de l’opération de rapatriement

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De jeunes réfugiés rohingyas surveillent le camp de réfugiés de Palong Khali, un site tentaculaire situé sur une zone de collines près de la frontière avec le Myanmar, dans le sud-est du Bangladesh. (HCR/Andrew McConnell)

Les Rohingyas réfugiés au Bangladesh se sont félicités vendredi de l’échec de l’opération de rapatriement vers la Birmanie lancée la veille par les autorités, aucun candidat au retour ne s’étant présenté à la frontière entre les deux pays.

Les autorités du Bangladesh n’ont pas indiqué si une nouvelle tentative serait faite pour persuader les réfugiés rohingyas de quitter les camps proches de la frontière birmane où ils s’entassent par centaines de milliers, pour revenir chez eux.

La veille, aux termes d’un accord avec la Birmanie, le Bangladesh avait prévu de lancer le rapatriement d’un premier groupe de 2.251 réfugiés, au rythme de 150 personnes par jour. Mais aucun candidat au retour ne s’était présenté à la frontière entre les deux pays, où les attendaient des bus.

Les autorités du Bangladesh avaient souligné qu’aucun réfugié Rohingya ne serait obligé de retourner en Birmanie.

L’échec de l’opération de rapatriement a dominé vendredi la prière du vendredi dans les camps de réfugiés.

« Nous avons prié Allah pour notre salut. Et notre prière a été entendue. Nous remercions les autorités du Bangladesh pour leur compréhension de notre position concernant le rapatriement », a déclaré l’imam Hossain après la prière.

« Nous sommes si heureux que cela ne ce soit pas produit », s’est réjoui Abdul Hamid, un réfugié de 55 ans.

Abdul Malek, un enseignant de 32 ans, n’a pas revu ses parents depuis qu’il a fui en août 2017 une violente offensive de l’armée birmane qualifiée de tentative de « génocide » par l’ONU et qui a forcé au départ des centaines de milliers de Rohingyas.

« Je n’ai pas vu mes parents depuis plus d’un an. Je veux les revoir mais je ne me sens pas suffisamment en sécurité pour revenir » en Birmanie, explique l’enseignant qui n’envisage d’y retourner qu’à la condition de se voir accorder la nationalité par les autorités birmanes.

Pendant des décennies, les Rohingyas se sont vu refuser l’octroi de la nationalité et d’autres droits civiques par les autorités birmanes qui considèrent les membres de cette minorité musulmane comme des intrus « bengalais ».

Le gouvernement du Bangladesh n’a pas indiqué quelle mesure il comptait prendre à présent pour gérer la situation. Mardi, l’ONU avait demandé au Bangladesh de stopper l’opération, estimant que les conditions n’étaient pas réunies en raison de risques de persécutions en Birmanie.

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