Un bilan terre, mer et air de Trident Juncture (PHOTOS/VIDÉO)

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Près de 2000 membres des Forces armées canadiennes étaient en Norvège au cours des dernières semaines pour prendre part au plus important exercice de l’OTAN de ces dernières années. 45eNord.ca s’est entretenu avec les commandants des forces opérationnelles terrestre, maritime et aérienne.

Entre le 25 octobre et le 7 novembre, ce sont plus de 50 000 troupes de 31 pays membres de l’OTAN et partenaires qui se sont entraîner ensemble pour démontrer que les forces de l’OTAN sont prêtes à contrer toute menace.

Le scénario global de l’exercice se basait sur une disponibilité opérationnelle de défense collective, basé sur le déclenchement de l’Article 5 du Traité de l’OTAN (le principe de la défense collective) selon lequel une attaque contre un allié signifie une attaque contre tous les alliés.

Les troupes des Forces armées canadiennes, aux côtés des autres pays alliés et partenaires, ont travaillé sous la Force opérationnelle interarmées Norvège pour exercer le déploiement et l’emploi d’une force opérationnelle interarmées au niveau multinational, avec pour but d’améliorer le commandement et le contrôle national des opérations de force interarmées multinationales dans l’environnement de l’OTAN.

Armée

L’Armée canadienne a déployé près de 1 000 membres du personnel du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC), soit un Bataillon d’infanterie légère et un quartier général de brigade. Le 5e GBMC a agit à titre de brigade multinationale pour assurer la disponibilité opérationnelle et renforcer l’instruction collective et l’interopérabilité avec les alliés et partenaires de l’OTAN.

En interview téléphonique pour 45eNord.ca, le colonel Stéphane Boivin, commandant du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada et de la force opérationnelle terrestre canadienne en Norvège, dit avoir dans son poste de commandement des Norvégiens, des Américains et des Bulgares. «Dans la brigade on a des Français, des Bulgares, des Norvégiens et des Canadiens. Alors c’est vraiment hétéroclite et on doit apprendre à connaître les gens et ce qu’ils peuvent amener sur le champ de bataille».

Le colonel explique ainsi que les Norvégiens intégrés à la brigade sont en fait la garde du roi… mais se composent à 80% de conscrits avec moins de six mois d’expérience. Quant aux Bulgares ils amènent une expertise en décontamination CBRN, des ingénieurs en explosifs et des gens en coopération civilo-militaire. Les Français ici se sont des commandos de montagne, alors leur expertise est très approprié ici en Norvège.

Ce sont d’ailleurs les montagnes situées en plein dans le corridor de 140 kilomètres qu’occupait la brigade qui furent un défi majeur… pour les communications. «J’avais des soldats, des caporaux, des jeunes geeks qui ont trouvé une solution innovatrice qui a fait que j’ai les communications partout !», d’affirmer le colonel Boivin.

Avec toutes ces nations rassemblées ensemble c’est une expérience enrichissante pour le colonel. «Ce sont des gens, des approches et des cultures différentes mais très similaires en terme professionnel. C’est vraiment enrichissant pour moi de voir par exemple comment les suédois et les norvégiens commandent leurs brigades».

Marine

La Marine royale canadienne a envoyé plus de 600 membres du personnel, y compris deux frégates; les NCSM Halifax et Ville de Québec, ainsi que deux navires de défense côtière; les NCSM Summerside et Glace Bay. La marine canadienne a contribué aux objectifs de disponibilité opérationnelle des forces maritimes de l’OTAN en effectuant une série d’activités dans le large éventail de la guerre en mer, y compris des opérations d’interdiction maritime, des opérations de lutte contre les mines et des opérations de ravitaillement.

Le commodore Craig Skjerpen, commandant de la force opérationnelle canadienne maritime et commandant de la Force opérationnelle interarmées Norvège explique que pour la partie marine, l’exercice lui-même s’effectuait en deux phases: la phase scénario et la phase freeplay. «Dans la phase de scénario, où tout était écrit, on pratiquait la guerre anti-surface, après, la guerre anti-sous-marine, etc. Tout est prévu, et tout le monde sait ce que nous faisons, dans la phase de scénario. Après cela, il y a la phase freeplay, un live-ex. Dans cette phase, vous ne savez pas ce qui va se passer, le scénario est beaucoup plus général, par exemple la force adverse simulera et vous attaquera».

Selon le commodore, le défi principal est que «nous participons rarement à un exercice de cette envergure et, pour l’équipe de planification, celle qui travaille pour que je puisse comprendre, apprendre, planifier et organiser autant de navires, beaucoup de gens, et un environnement de travail très complexe, cela a vraiment poussé à la limite le niveau de compétence des gens. Ils étaient vraiment à la limite de leurs capacités et, comme toute chose, lorsque vous essayez de gonfler le ballon, vous l’étirez un peu».

Plus de peur que de mal aussi pour l’équipage du NCSM Halifax, auquel le commodore s’était joint, alors que le navire a subi un incendie, dû à un drain bouché dans l’enceinte du moteur, fort heureusement sans gravité et sans conséquence pour la suite de l’entraînement.

Aviation

Finalement, l’Aviation royale canadienne a fourni une force de plus de 270 membres du personnel et huit chasseurs CF-18 Hornet, deux avions de patrouille maritime CP-140 Aurora et un ravitailleur en vol CC-150 Polaris. De concert avec les pays alliés et partenaires, la contribution canadienne en matière de puissance aérienne a permis de confirmer la disponibilité opérationnelle expéditionnaire et ainsi respecter l’engagement de l’Aviation royale canadienne envers l’OTAN.

Pour le colonel William Radiff, commandant de la 3e escadre Bagotville et commandant de la force opérationnelle aérienne canadienne en Norvège, c’est clairement le premier jour qui fut marquant de son expérience. «La première journée tous les avions ont décollé. Il y avait presque 50 avions en 40 minutes… c’était vraiment cool. C’est pas souvent que l’on peut travailler avec tous ces types d’avions différents, alors pour moi qui suis pilote de chasse c’était vraiment quelque chose de tous les voir».

Il explique que les ordres de mission aérienne étaient déterminés au jour le jour et que les avions canadiens ont parfois jouer la force amie, mais aussi parfois la force ennemie. «C’était vraiment de voir les deux côtés de la guerre en air-air».

Même si les liaisons avec le Canada furent certainement la partie la plus difficile en raison du décalage horaire, le colonel Radiff estime que la leçon numéro 1 qui aura été apprise est la capacité des troupes a s’intégrer les unes avec les autres, malgré des langues ou des tactiques, techniques et procédures différentes: «On est prêts pour une vraie mission à travailler ensemble. Avec nos partenaires, les autres pays de l’OTAN, nous sommes plus forts ensemble que seuls».

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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