Corée du Nord: le prochain exercice militaire USA/Corée du Sud sera «réduit», déclare Mattis

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Des Marines sud-coréens participent à l’opération de débarquement Foal Eagle avec les troupes américaines le 2 avril 2017 à Pohang, en Corée du Sud. (Chung Sung-Jun/Getty Images)

Le prochain exercice militaire conjoint avec la Corée du Sud, prévu au printemps 2019, sera « réduit » pour faciliter les négociations nucléaires avec la Corée du Nord, a indiqué mercredi le ministre américain de la Défense Jim Mattis.

« Foal Eagle sera réorganisé un peu pour le maintenir à un niveau qui ne sera pas nuisible pour la diplomatie », a déclaré M. Mattis à des journalistes au Pentagone, précisant que l’exercice, qui se déroule chaque printemps en Corée du Sud, aura donc « une portée réduite ».

La décision n’avait pas été annoncée auparavant.

Ces manœuvres militaires qui mobilisaient auparavant des dizaines de milliers de soldats étaient qualifiées de purement défensives, mais Pyongyang les considérait comme la répétition de l’invasion de son territoire.

Concession surprise et controversée du président américain Donald Trump lors de son sommet historique du 12 juin avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, quatre exercices de grande ampleur ont été annulés: «Vigilant Ace», un exercice aérien qui a lieu tous les ans début décembre en Corée du Sud, «Ulchi Freedom Guardian», début septembre, et deux exercices navals américano-sud-coréens au cours de l’été.

En 2018, l’exercice aérien Foal Eagle, prévu initialement en mars, avait été repoussé en raison de la tenue des Jeux olympiques d’hiver à Séoul, qui avait marqué un réchauffement notable des relations entre les deux Corées. Il avait néanmoins eu lieu, en avril.

Mais, devant l’absence de progrès dans la dénucléarisation de la péninsule, la suspension des manœuvres militaires alliées sur la péninsule coréenne n’était bientôt plus à l’ordre du jour, le secrétaire à la Défense, James Mattis, déclarant «Nous n’avons aucun projet de suspendre d’autres manœuvres», rappelant qu’il s’agissait à l’origine d’un «geste de bonne volonté à l’issue du sommet de Singapour».

Après leur suspension, la Corée du Sud et les États-Unis ont repris au début du mois des exercices militaires à petite échelle qui avaient été suspendus indéfiniment à la suite du sommet Trump-Kim.

Le Programme coréen naval d’échange de marines (KMEP) s’est déroulé pendant deux semaines à Pohang, dans le sud du pays, avec la participation d’environ 500 marines américains et sud-coréens.

Pendant ce temps, les négociations sur le programme nucléaire nord-coréen marquent le pas. Pyongyang a annoncé la semaine dernière avoir testé une «nouvelle arme tactique ultramoderne», une mesure perçue par les analystes comme un message politique plus qu’une grave provocation.

Questionné mercredi sur l’état des négociations, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s’est voulu rassurant.

«Aujourd’hui, la Corée du Nord ne teste plus de missiles. Ils n’ont pas testé d’arme nucléaire depuis longtemps», a-t-il souligné lors d’une interview à la radio KCMO. « Nous continuons à négocier avec eux, […] pour que le président Kim respecte l’engagement qu’il a pris de dénucléariser la Corée du Nord complètement et de façon vérifiable ».

M. Pompeo a ajouté espérer que MM. Trump et Kim puissent se rencontrer lors d’un nouveau sommet «début 2019», comme l’a déjà évoqué le président américain.

Washington déploie 28 500 soldats en Corée du Sud pour la protéger de son voisin du Nord armé de la bombe atomique.

Pendant longtemps, les deux pays ont mené des exercices conjoints destinés à améliorer la coordination entre les deux armées alliées et renforcer la préparation des troupes à une éventuelle invasion nord-coréenne.

Réduire aujourd’hui l’ampleur de ces exercices semble un compromis entre les suspendre, compromettant ainsi l’état de préparation des troupes, ou les reprendre avec la même intensité qu’avant le sommet, provoquant l’ire du régime de Pyongyang.

*Avec AFP

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