Frégates de classe Halifax: Davie aura sa part des 7 milliards $ de contrats de maintenance

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Le chantier maritime Davie à Lévis, sur la Rive-sud de Québec, a déjà été le plus important chantier naval du pays (Archives/Pierre-Olivier Fortin/WikiCommons)

Finalement, malgré toutes les tentatives d’Irving Shipyards et la campagne «The ships stay here» des travailleurs d’Halifax de garder tout le travail pour eux, Chantier Davie de Lévis, sur la Rive-Sud de Québec, aura sa part des 7 milliards $ de contrats de maintenance qu’Ottawa vient d’annoncer.

Services publics et Approvisionnement Canada a émis aujourd’hui, au nom du ministère de la Défense nationale, des préavis d’adjudication de contrats indiquant son intention de confier la prestation de services de soutien à la maintenance des 12 frégates de la classe Halifax du Canada à Irving Shipyards Inc., d’Halifax (Nouvelle Écosse), à Chantier Davie Canada Inc., de Lévis (Québec), et à Seaspan Victoria Shipyards, de Victoria (Colombie Britannique), les 3 contrats totalisant une valeur d’environ 7 milliards de dollars (taxes comprises).

Ces contrats seront attribués dans le cadre du volet des projets de réparation, de radoub et de maintenance de navires de la Stratégie nationale de construction navale (SNCN), dans le cadre de laquelle le Canada fournit aux membres de la Marine royale canadienne les navires dont ils ont besoin pour protéger la population et les intérêts du Canada.

Les 12 frégates de la classe Halifax pourront ainsi continuer de faire l’objet de travaux de maintenance et d’ingénierie jusqu’à la livraison des navires de combats canadiens.

La Marine royale canadienne possède 12 frégates de la classe Halifax. Sept d’entre elles sont stationnées à Halifax en Nouvelle Écosse et les cinq autres à Esquimalt en Colombie-Britannique.

La Marine exige qu’au moins 8 des 12 frégates puissent être déployées en tout temps pour qu’elle puisse remplir sa mission.

Des périodes de cale sèche aux fins de maintenance sont essentielles, parce qu’elles permettent d’assurer la disponibilité et la fiabilité des frégates de la classe Halifax lors de leur cycle opérationnel et de leur déploiement.

Le NCSM Fredericton, la première frégate de classe Halifax modernisée au début de 2015. (Archives/MDN)
«Tel que souligné dans notre politique de défense, Protection, Sécurité, Engagement, nous nous assurons que nos femmes et hommes de la Marine royale canadienne sont équipés avec les navires dont ils ont besoin pour servir les Canadiens. Notre gouvernement prend les mesures nécessaires pour que nos frégates modernisées de la classe Halifax puissent continuer à protéger les eaux canadiennes et à contribuer de façon significative aux opérations internationales. Ces contrats permettront à nos frégates de rester disponibles pour les opérations tout en augmentant le nombre d’emplois et revitalisant les capacités de maintenance de navires au Canada, tel que mentionné dans notre Stratégie nationale de construction navale.», a pour sa part déclaré le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan.

Les navires doivent faire l’objet d’un vaste éventail de modifications techniques, d’installations d’équipement, de mises en cale sèche et d’activités d’entretien correctif qui permettront d’en assurer le bon fonctionnement et l’utilité jusqu’à la fin de leur durée de vie.

Combien seront confiés au chantier de la Rive-Sud de Québec, qui se bat depuis plusieurs années avec l’appui des travailleurs, des entreprises et des élus québécois pour que soit révisée la Stratégie de construction navale et pour avoir sa part des contrats fédéraux pour le renouvellement de la flotte canadienne, qui concentre le travail sur deux chantiers, Irving, sur la côte est, et Seaspan, sur la côte ouest, tous deux débordés et qui ont du repousser de plusieurs années la livraison des navires dont la Marine royale canadienne a besoin pour remplir ses obligations

Le porte-parole de la Davie, Frédérick Boisvert, a dit pour sa part s’attendre à une annonce de maintenance d’un nombre significatif de frégates, mais sans pouvoir dire combien, Ottawa n’ayant pas encore précisé le nombre de frégates que chacun des trois chantiers maritimes sera appelé à prendre en charge.

Le porte-parole du chantier québécois a toutefois ajouté qu’en cette journée de bonnes nouvelles pour l’industrie maritime québécoise, la direction du chantier maritime Davie avait une pensée pour 1100 de ses travailleurs qui ont perdu leur emploi il y a quelques mois, faute de nouvelles commandes.

Ces préavis d’adjudication de contrats font suite à une consultation de l’industrie lancée en décembre 2016. «Il a été établi à la lumière de cette consultation que ces 3 chantiers navals canadiens possèdent les effectifs et l’infrastructure nécessaires pour exécuter les travaux nécessaires dont les frégates de la classe Halifax ont besoin.», indique Services publics et Approvisionnement Canada dans le communiqué annonçant l’émission des préavis.

Avec ces préavis le Canada déclare son intention de passer des contrats avec ces 3 chantiers navals canadiens identifiés, précise Ottawa. Les autres fournisseurs intéressés à soumissionner l’un de ces contrats disposent maintenant de 15 jours civils pour signaler leur intérêt en soumettant un «énoncé de capacités» qui satisfait aux exigences décrites dans les préavis.

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