Incendies et pannes d’électricité à bord de plusieurs navires de la Marine royale canadienne

0
Ici, on met en pratique des techniques sécuritaires durant un scénario de feu de salle des machines. (Archives/PM1 Gerry Doutre/NCSM Halifax)

Au cours des deux dernières semaines, une série de problèmes techniques ont touché les navires déployés de la Marine royale canadienne, plus précisément deux incendies dans des enceintes de turbines à gaz, des pannes d’électricité et une perte de propulsion, rapporte le ministère la Défense dans un communiqué publié ce matin.

Le 26 octobre, un incendie s’est déclaré dans l’enceinte de la turbine à gaz tribord de la salle des machines du NCSM Halifax alors que le navire était déployé au large de la Norvège dans le cadre de l’EXERCICE TRIDENT JUNCTURE.

Le 29 octobre, le NCSM Toronto a subi une perte totale d’alimentation lors de ses opérations et de ses activités d’entraînement à la défense contre missiles antinavires dans la mer des Hébrides, au large des côtes britanniques. Le navire a pu rétablir le courant et naviguer vers Belfast.

À son arrivée à Belfast le 30 octobre, un incendie s’est déclaré dans l’enceinte de la turbine à gaz tribord de la salle des machines avant, au même endroit où l’incendie était survenu à bord du NCSM Halifax.

Le 5 novembre, le NCSM Edmonton menait des opérations de routine en mer dans le cadre de l’opération CARIBBE, dans l’océan Pacifique Est, lorsqu’il a subi une brève panne de courant.

De la même manière que l’autre incendie, l’équipage a immédiatement déclenché le système d’extinction d’incendie, et l’incendie a été rapidement maîtrisé. Personne n’a été blessé.

Lors d’une interview avec 45eNord.ca à propos de TRIDENT JUNCTURE, le commodore Craig Skjerpen, commandant de la Force opérationnelle interarmées Norvège et commandant du Groupe opérationnel maritime, a précisé que «tous les marins sont bien entraînés, y compris moi, à combattre un incendie à bord des navires. On est tous pompiers».

«Dans le cas du Halifax sur lequel j’étais, dès la découverte de l’incendie, les gens ont pris action tout de suite, l’équipage a rapidement déclenché les gicleurs du navire et l’incendie a été maîtrisé. On a fait l’évaluation des dommages et en dedans de 24 heures l’inspection était terminée, on a pu poursuivre les opérations et donc cela n’a pas affecté notre entraînement du tout».

Dans son communiqué, Ottawa affirme que le fait qu’il y ait eu autant de problèmes en si peu de temps «préoccupe au plus haut point la Marine royale canadienne. La sécurité de notre personnel en mer est d’une importance primordiale. En termes clairs, nos marins doivent avoir confiance dans l’état de préparation technique de leurs navires».

Des enquêtes préliminaires sur chacun des incidents n’ont révélé aucune preuve concluante qui permettrait d’établir un lien entre ces incidents. La communauté technique continue d’enquêter pour déterminer s’il existe des problèmes systémiques pouvant expliquer ces problèmes techniques.

«Actuellement, 11 navires effectuent des opérations en mer dans le monde entier. […] Bien qu’ils aient posé un défi, les problèmes techniques n’ont eu qu’une incidence minimale sur les opérations; les missiles ont été lancés, les opérations d’interception ont été menées à bien, et les navires ont continué à exécuter leurs programmes. Une telle performance témoigne de l’excellente instruction et des compétences de nos marins, qui peuvent ainsi remédier à ces défectuosités en mer et à quai», a expliqué le Contre‑amiral Craig Baines, commandant de la Composante maritime.

Turbine à gaz GE LM2500. (Archives/General Electric)

Selon les premières indications, l’incendie à bord du NCSM Halifax survenu le 26 octobre serait dû à un drain bouché dans l’enceinte du moteur. Toutefois, les détails sur l’incident seront confirmés une fois l’enquête terminée.

Quant au Toronto, l’équipage a résolu le problème d’alimentation, et le navire est retourné en mer afin de poursuivre la mission, effectuant avec succès son tir de missile le 1er novembre.

À ce stade, les premières indications indiquent que l’incendie sur le NCSM Toronto a été causé par un débordement de réservoir. Le navire rentre à Halifax comme prévu, et même s’il fonctionne, le moteur est gardé en réserve pendant le déroulement de l’enquête.

Et, dans le cas du Edmonton, lorsque le courant a finalement pu être rétabli, on a découvert que le système de contrôle électronique du système de propulsion ne fonctionnait toujours pas. En fin de compte, il a été déterminé que deux fusibles grillés avaient causé la panne de propulsion.

Le problème du NCSM Edmonton, n’est pas lié aux autres incidents, affirme la Défense nationale, car il s’agit d’un navire d’une classe différente, qui est par conséquent doté de types d’équipement à bord différents de ceux des autres classes de navires.

«La sécurité de nos marins est primordiale dans tout ce que nous faisons, et nous enquêtons sur chacun de ces incidents afin que nos marins continuent d’avoir une confiance totale en nos navires et nos procédures. Dans chacune de ces situations, les équipages de navire respectifs ont immédiatement résolu tous les problèmes, et ce, en toute sécurité et sans blessure. Un tel exploit témoigne de l’instruction exceptionnelle que reçoivent nos marins et de leur capacité à résoudre les problèmes et à composer avec les situations difficiles», a pour sa part déclaré le vice‑amiral Ron Lloyd, commandant de la Marine royale canadienne en marge des incidents qui ont affecté les trois navires.

Les commentaires sont fermés.