La nécessaire modernisation du système de recrutement des Forces armées canadiennes

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Programme IDEeSDéfense et nouvelles approches en matière de recrutement. (MDN)

Le recrutement des milléniaux ne passera peut-être plus nécessairement par des centres de briques et de mortier et, conscients de la nécessité d’un système de recrutement moderne, agile, et efficient qui saura tirer profit des nouvelles approches pour communiquer avec les postulants de partout au Canada, le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes, dans le cadre du programme IDEeSDéfense, se tournent vers la communauté d’innovation canadienne pour trouver des solutions novatrices.

Afin de développer et de maintenir les capacités pour relever les défis actuels dans un monde en constante évolution, la Défense nationale a lancé en avril dernier le programme d’innovation pour la défense, l’excellence et la sécurité (IDEeS).

Le programme a pour mission de créer des réseaux d’innovateurs (milieu universitaire, industrie, particulier et autres partenaires) pour mener des travaux de pointe en recherche et développement dans des domaines essentiels aux futurs besoins en défense et en sécurité.

On imaginerait ce programme centré sur des thèmes typiquement militaires reliés étroitement à la science et à la technologie, comme la mise au point d’un masque à gaz pour les militaires portant une barbe, mais le programme est beaucoup plus large et s’intéresse aussi à l’importante dimension humaine des défis que nous réserve l’avenir, comme le traitement du syndrome de stress post-traumatique ou la reconnaissance rapide et la réponse aux campagnes de désinformation et d’intoxication.

L’un des défis proposés par le programme est d’accroître l’efficacité du système de recrutement des Forces armées canadiennes: une priorité essentielle de la défense.

Le modèle de recrutement des Forces armées canadiennes continue pour l’instant de dépendre des méthodes traditionnelles; où les postulants doivent se présenter à un centre de recrutement pour accomplir les nombreuses étapes du processus de demande d’enrôlement, souligne le programme IDEeS sur son site.

Les Forces armées canadiennes aimeraient maintenant explorer des stratégies qui permettraient de réduire le recours aux emplacements de recrutement physiques, tout en en augmentant l’accès au bassin de postulants et en s’assurant que ces derniers reçoivent les renseignements nécessaires pour prendre des décisions éclairées concernant une carrière dans les Forces armées.

Même lors d’activités spéciales et, en principe, plutôt attractives, comme la Journée portes-ouvertes d’octobre 2018 où les unités ouvraient leurs portes afin de montrer le travail que les réservistes accomplissent par l’entremise de démonstrations interactives, de discussions et d’activités diverses, les responsables hors des grands centres urbains n’ont pas caché les difficultés qu’il y a dans certaines régions à attirer les jeunes dans les lieux où se faisaient ces démonstrations.

Alors, se rendre à un centre de recrutement physique peut poser un défi pour ceux qui habitent en région et paraître dépassé aux milléniaux qui ont l’habitude de tout régler en quelques clics.

Bien que les postulants puissent maintenant soumettre leur demande en ligne, la majorité du processus de recrutement et de sélection comprend une implication directe des membres des Forces armées canadiennes (par ex., administration, examens, évaluation des équivalences d’apprentissage, suivi et traitement des dossiers).

Les Forces armées canadiennes entendent donc solliciter des propositions visant à développer et démontrer «de nouvelles approches pour recruter qui pourraient inclure, mais sans s’y limiter, l’emploi de technologies/processus de recrutement virtuels, l’utilisation de l’intelligence artificielle pour déterminer et attirer les personnes qui ont des compétences et des caractéristiques particulières et même l’externalisation complète des premières étapes du recrutement par un tiers fournisseur)», explique le site du programme IDEeS, précisant que «Les propositions devraient être adaptées au contexte unique des Forces armées canadiennes.»

Le travail d’évaluation d’approches alternatives pour le recrutement en est encore à ses début, mais, chose certaine, l’image du sergent-recruteur des armées de jadis appartiendra bientôt au passé.

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