Le Forum d’Halifax sur la sécurité s’ouvre avec le spectre de Donald Trump

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Comme chaque année depuis dix ans, les grands penseurs et décideurs en matière de sécurité et d’affaires internationales sont réunis au Forum d’Halifax sur la sécurité internationale qui s’est ouvert aujourd’hui – le spectre de l’unilatéraliste et imprévisible Donald Trump planant au dessus de ce forum annuel dont l’essence même et la raison d’être est de réunir des alliés pour discuter des menaces et des défis qu’ils doivent affronter ensemble.

Le ministre canadien de la Défense Harjit Sajjan a donc accueilli ce matin à Halifax des spécialistes de la défense et de la sécurité, des universitaires ainsi que des dirigeants provenant de plus de 70 pays lors de cette 10e édition du Forum annuel d’Halifax sur la sécurité internationale (FHSI) qui se tiendra du 16 au 18 novembre.

En lançant officiellement le Forum aujourd’hui, Peter van Praagh, le président du Forum a tenu une conférence de presse avec le ministre Sajjan.

«Le forum est devenu non seulement un événement canadien, mais également un véritable rendez-vous mondial. Et il s’agit du seul événement de sécurité au monde qui parle de démocratie et de protection de la démocratie», a souligné son président, ajoutant qu’«Il ne suffit pas de condamner les populistes comme s’ils sortaient de nulle part. Le défi consiste à identifier correctement les problèmes qui permettent aux populistes de prospérer et de nous permettre de nous attaquer de front à ces problèmes».

«C’est la seule chose qui puisse repousser les populistes là où ils doivent être, dans l’ombre», a martelé Peter Von Praagh.

Au menu des discussions, on retrouvera cette année l’expansion de la Chine en mer de Chine méridionale, l’agression des «gremlins» russes contre les processus démocratiques par la manipulation des médias sociaux et l’échec des géants des médias sociaux à protéger la démocratie de la désinformation, la manipulation et l’intoxication.

Illustration de ces menaces qui pèsent sur nos démocraties, l’une des séances plénières de samedi s’intitulera: «La faim de Pékin, les Gremlins du Kremlin: les ennemis de la liberté».

Le forum traitera aussi de la stratégie nucléaire nord-coréenne, des guerres commerciales, de la montée du nationalisme et des vagues de personnes désespérées fuyant des États qui ne parviennent pas à fournir non seulement des opportunités économiques, mais également une protection minimale de leur vie et de celle de leurs enfants.

Cette année, les participants seront, notamment, le général Joseph F. Dunford, Jr., chef d’état-major de la Défense des États-Unis, qui donnera une longue interview publique, Mme Cindy McCain, veuve du sénateur John McCain, qui présentera le tout premier prix John McCain pour le leadership dans la fonction publique aux habitants de l’île de Lesbos, en Grèce, pour leur héroïsme lors de l’accueil de réfugiés.

La veuve du sénateur, qui était un habitué du Forum, espère que ce prix incitera d’autres personnes à «défendre ce qui est juste», un choix judicieux à ses yeux au moment où les réfugiés sont vilipendés, déshumanisés et constituent des boucs émissaires politiques de la part de politiciens anti-immigration Europe et Amérique.

Mais le spectre d’un avenir incertain risque de planer cette année sur le Forum alors que le concept même d’d’alliance des démocraties est battu en brèche par Donald Trump qui, de l’avis de la plupart des experts en matière de défense et de sécurité, a dégradé la valeur des États-Unis en tant que partenaire par son imprévisibilité et son traitement erratique et hostile des ses propres alliés.

Les séances plénières permettront de voir et entendre aussi le secrétaire de la marine des États-Unis, Richard V. Spencer; La secrétaire générale adjointe de l’OTAN, Rose Gottemoeller; le Président du comité militaire de l’OTAN, le maréchal en chef de l’air, Sir Stuart Peach; L’amiral Philip S. Davidson, commandant du commandement indo-pacifique des États-Unis; Le commandant de la garde côtière des États-Unis, l’amiral Karl Schultz; Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkin; Le président de la commission des affaires étrangères du Bundestag allemand, M. Norbert Röttgen; le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense du Canada; l’ambassadeur Marc-André Blanchard, représentant permanent du Canada auprès des Nations Unies; et le cofondateur et directeur de la défense civile syrienne, communément appelé les Casques blancs, Raed al-Saleh;

Il y aura également dans le cadre du Forum un débat public exclusif avec le ministre turc de la Défense nationale, Hulusi Akar.

Seront présentes aussi au Forum des délégations du Sénat et de la Chambre des représentants des États-Unis.

Et, pour la première fois, le Forum accueillera des membres de «Peace With Women», un groupe restreint d’officiers supérieurs de sexe féminin appartenant au monde militaire.

De nombreuses rencontres bilatérales officielles et non officielles sont également prévues qui permettront de discuter à bâtons rompus.

Et, même si l’actuel occupant de la Maison-Blanche a tout fait depuis qu’il a accédé au pouvoir pour vider les mots «alliance» et «concertation» de leur sens, le président du Forum, Peter Van Praagh, est confiant que les institutions américaines et internationales se renforceront et survivront à la présidence de Donald Trump.

Mais il n’est pas du tout certain aux yeux de plusieurs observateurs qu’après de départ de Trump, le mauvais génie du nationalisme, de la méfiance et de la peur, libéré par l’actuel président américain, voudra rentrer dans la bouteille.

Historique du Forum d’Halifax sur la sécurité internationale

Le Forum d’Halifax sur la sécurité internationale est une organisation indépendante, non partisane et à but non lucratif basée à Washington.

Crée en 2009 avec le soutien du gouvernement canadien, le Forum sur la sécurité internationale d’Halifax a débuté en en tant que programme au sein du German Marshall Fund des États-Unis.

En 2011, le Forum sur la sécurité internationale d’Halifax est devenu un organisme indépendant à but non lucratif et a accueilli le ministère des Affaires étrangères en tant que partenaire officiel des médias.

La création du Halifax Canada Club en 2012 a marqué quant à elle le début d’un partenariat public-privé visant à fournir un soutien à long terme aux travaux du Forum sur la sécurité internationale d’Halifax.

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