Un recours collectif pour les vétérans de l’Hôpital Sainte-Anne

0
Le vétéran Wolf Solkin porte-voix de ses 165 autres frères et sœurs d’armes de l’Hôpital Sainte-Anne.

Un vétéran de 95 ans lance un recours collectif contre le Gouvernement du Canada, le Gouvernement du Québec et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal à propos du transfert désastreux de l’Hôpital entre les différents paliers gouvernementaux.

Wolf Solkin, que 45eNord.ca a rencontré fin septembre, a déposé mardi 30 octobre, par le biais de ses avocats Me Laurent Kanemy et Me Michel Savonitto, une demande de recours collectif auprès de la Cour supérieure du Québec affirmant que le niveau de soins et de services pour les anciens combattants de l’Hôpital Sainte-Anne n’a pas été maintenu depuis que la province a pris le contrôle en avril 2016.

La demande de recours collectif allègue que les soins et les services fournis aux anciens combattants «étaient d’un niveau et d’une qualité exceptionnellement élevés et constants» jusqu’à ce que l’Hôpital Sainte-Anne change de mains et qu’il y a eu une «grave diminution ou disparition des soins et services» depuis avril 2016.

Le contrat de cession du fédéral au provincial que 45eNord.ca a pu consulter est extrêmement clair sur le maintien des normes de soins et sur le respect des droits des anciens combattants hospitalisés à l’Hôpital Sainte-Anne en vertu de plusieurs règlements et ententes.

Selon nos informations ce sont pas moins de 27 millions $ que le fédéral a payé au provincial entre mai 2016 et mars 2018 pour que les anciens combattants de Sainte-Anne ne perdent pas au change.

Hélas, il y a eu, au contraire, une diminution de la présence de médecins omnipraticiens, mais aussi une diminution des services au niveau des médecins spécialistes, les médecins qui quittent étant difficiles à remplacer.

Ottawa s’était pourtant engagé à payer à Québec un généreux per diem (dans les 150 $/jour) en soins et service en fonction du nombre de lits occupés à l’Hôpital par des anciens combattants hébergés ainsi qu’un per diem de présence médicale 7 jours sur 7, 24h sur 24, de médecins omnipraticiens.

Wolf Solkin dit d’ailleurs avoir failli mourir en raison d’une infection qu’il a développé parce que son cathéter était changé une fois aux trois mois plutôt que une fois par mois.

De plus, la norme de trois infirmières et cinq préposés par unité de soins (plancher) n’est pas toujours respectée. Même chose pour la norme relative aux infirmières-chef.

En outre, les communications à l’ancien combattant hébergé ou admissible doivent être offertes par l’établissement en français ou en anglais selon la langue d’expression de l’ancien combattant.

Mais, les vétérans anglophones que 45eNord.ca a approché témoignent percevoir une baisse de soins en raison de l’unilinguisme du personnel francophone ou le manque de compétence en langue anglaise du personnel soignant.

Wolf Solkin demande réparation au nom des 166 anciens combattants toujours en vie, mais aussi pour celles et ceux qui sont décédés depuis la transition en 2016.

L’affaire est désormais devant les tribunaux et une décision sur l’acceptation ou non par la Cour supérieure du Québec du recours collectif sera prise au cours des prochains mois.

Dans un courriel envoyé à 45eNord.ca Anciens combattants Canada dit que puisque l’affaire « est actuellement devant les tribunaux, il serait inapproprié de commenter davantage », mais affirme « travailler étroitement avec le gouvernement du Québec pour surveiller la qualité des soins et des services destinés aux vétérans à l’Hôpital Sainte-Anne ».

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

Les commentaires sont fermés.