Remplacement des CF-18 canadiens: le Rafale de Dassault se retire de la course

0
Un chasseur Rafale de l’Armée de l’Air française décolle de la piste intérieure et fait une une montée en flèche pour prendre la position de tête au cours de l’exercice MAPLE FLAG à Jimmy Range Lake,en Saskatchewan, le 14 Juin, ici 2016. (Archives/Cpl Ian Thompson, Service d’imagerie de la 4e Escadre)

L’avionneur français Dassault se retire de la course pour le remplacement des CF-18 canadiens, rapporte aujourd’hui La Presse Canadienne, ajoutant que des sources lui ont confirmé que le gouvernement français écrira bientôt, si ce n’est pas déjà fait, une lettre au ministère des Services publics et de l’Approvisionnement pour l’en informer.

Dassault est le constructeur de l’avion de chasse «Rafale», l’un des cinq concurrents pour le contrat de 26 milliards $ CAD destiné à remplacer les chasseurs CF-18 vieillissants de l’Aviation royale canadienne.

La décision de l’avionneur français survient un peu plus d’une semaine après la publication par Ottawa des exigences des Forces armées canadiennes pour le nouvel avion de chasse, et du mécanisme qui doit mener au choix du modèle et de son fabricant, au début des années 2020.

Selon certaines sources, rapporte également La Presse Canadienne, la décision de l’avionneur français s’expliquerait notamment du fait que la France n’est pas membre des «Five Eyes», un réseau de partage de renseignements qui comprend le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

La France n’étant pas membre du «Groupe des cinq», l’avionneur s’estimerait désavantagé pour répondre à la nécessité d’intégrer ses équipements aux forces militaires canadiennes et américaines.

Cet aspect est d’autant plus important que la mission principale de avions qui remplaceront les CF-18 sera de patrouiller le ciel de l’Amérique du Nord en tandem avec les forces américaines dans le cadre du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD).

Les nouveaux chasseurs canadiens devront donc pouvoir communiquer en toute sécurité avec les forces canadiennes et américaines, ce qui nécessite des technologies de cryptage et de partage de données de pointe.

La société française, estimant que les exigences du Canada en matière d’interopérabilité avec les forces armées nord-américaines lui posaient trop de problèmes, elle dont le pays n’appartient pas au sélect club des 5, a donc préféré jeter l’éponge.

Restera maintenant à savoir ce qu’il adviendra des soumissionnaires n’appartenant pas au monde «anglo-saxon» de la défense.

Le retrait de l’avionneur français laisse pour l’instant dans la course le F-35 de Lockheed Martin, le Super Hornet de Boeing, l’Eurofighter Typhoon de la société britannique BAE et le Gripen de la suédoise Saab.

Les commentaires sont fermés.