Syrie : l’ONU rappelle l’importance des échéances politiques

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L’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, maintenant démissionnaire, Staffan de Mistura. (Archives/ONU/Jean-Marc Ferré)

L’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan De Mistura, a rappelé samedi à Rome l’urgence de lancer le changement politique en Syrie avant la fin de l’année, comme convenu fin octobre à Istanbul.

« Le prix à payer à ne pas essayer vite, et je souligne vite, de démarrer un processus politique pourrait bien être une longue période de malheurs », a déclaré M. De Mistura, qui doit quitter ses fonctions fin novembre.

Il a appelé les pays engagés à une solution en Syrie à faire pression sur le « gouvernement » syrien, et son régime, a-t-il insisté, pour qu’il comprenne que le statu quo n’est pas dans son intérêt.

Le gouvernement syrien a annoncé fin octobre son rejet d’un Comité constitutionnel, considéré comme la première pierre à un règlement politique du conflit.

Mais s’il est relativement facile de gagner des territoires, « gagner la paix peut s’avérer un très gros problème » en raison notamment de l’ampleur des destructions et des attentes de millions de réfugiés, a souligné M. De Mistura devant la conférence MED2018, qui réunit à Rome des responsables européens et du Moyen Orient.

Voila pourquoi, a-t-il insisté, l’échéance peut ne pas être le 20 décembre pour un accord sur ce Comité constitutionnel, mais « j’espère le 31 décembre afin de montrer qu’il y a une lumière au bout du tunnel ».

Ce comité constitutionnel est « un point d’entrée qui peut vraiment changer la donne, a-t-il insisté, car tout le monde, y compris le président syrien Bachar Al-Assa, y a intérêt ».

Réunis en sommet fin octobre à Istanbul, les dirigeants de Turquie, Russie, France et Allemagne ont appelé à une « solution politique » au conflit qui ravage la Syrie depuis 2011, passant par un accord avant la fin de l’année sur un Comité constitutionnel censé élaborer une nouvelle loi fondamentale avant la tenue d’élections.

Jeudi, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a toutefois jeté un froid à Rome, devant cette même conférence, en rejetant toute « échéance artificielle » dans les discussions sur la Syrie.

« Ceux qui insistent auprès de Staffan pour qu’il impose un délai, ne veulent qu’une seule chose, ruiner le processus d’Astana et revenir à une logique de changement de régime », a assuré M. Lavrov.

Parrainé par la Russie et l’Iran, alliés du régime syrien, ainsi que la Turquie, soutien des rebelles, le processus d’Astana réunit depuis janvier 2017, sans implication de Washington, des représentants de Damas et une délégation de l’opposition.

Il a éclipsé les négociations parrainées par l’ONU, incapable de trouver une solution à la guerre qui a fait plus de 350.000 morts depuis mars 2011.

M. De Mistura a toutefois souligné que seule l’ONU pouvait garantir la durée et la légitimité d’un accord global en Syrie.

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